Lundi 9 novembre 2009
Pour toi mon frère qui t’intéresse aux affaires de la cité (pour ne pas dire à la politique) mais qui n’a pas le temps de lire, je vais publier des extraits de cet essai politique, Le Prince de Machiavel, livre de chevet de tout politique en herbe.
Je te recommande aussi vivement Le savant et le politique de Max Weber et L’art de la guerre de Sun Tzu. Car maintenant est le temps de la réflexion. Et bientôt viendra le temps des travaux pratiques…


Le Prince CHAPITRE I Combien il y a de sortes de principautés, et par quels moyens on peut les acquérir.

Tous les États, toutes les dominations qui ont tenu et tiennent encore les hommes sous leur empire, ont été et sont ou des républiques ou des principautés.

Les principautés sont ou héréditaires ou nouvelles.

Les héréditaires sont celles qui ont été longtemps possédées par la famille de leur prince.

Les nouvelles, ou le sont tout à fait, comme Milan le fut pour Francesco Sforza, ou elles sont comme des membres ajoutés aux États héréditaires du prince qui les a acquises ; et tel a été le royaume de Naples à l'égard du roi d'Espagne.
D'ailleurs, les États acquis de cette manière étaient accoutumés ou à vivre sous un prince ou à être libres : l'acquisition en a été faite avec les armes d'autrui, ou par celles de l'acquéreur lui-même, ou par la faveur de la fortune, ou par l'ascendant de la vertu.

Commentaire : Pour Machiavel, le Gabon serait une principauté héréditaire, comme le Togo, la RDC, le Maroc, etc. Rien d’extraordinaire, le citoyen lambda n’a pas besoin de lire Machiavel pour aboutir à cette conclusion. Anyway, ce n’est pas mauvais de commencer par ce genre de rappel.
Par Edgard - Publié dans : Livre
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Lundi 9 novembre 2009
Article à lire avec, en musique de fond « Happy birthday » de Stevie Wonder

Début novembre 1989. Je suis en deuxième année de Lettres modernes, à Abidjan, à l’Université nationale.
En juin, on (les étudiants) s’est enthousiasmé face aux événements de Tian An Men.
Pourquoi ? Parce que ce sont des étudiants comme nous qui en ont été les principaux organisateurs ?
Parce que la Chine, avec son parti unique, nous ressemblait, nous pays africains francophones ?
Toujours est-il que la chute du mur de Berlin, cette année-là, est un grand signe pour nous : la RDA et nous c’est à peu près le même système. Pas étonnant qu’en décembre ça bouge à Cotonou et en janvier 90 à Libreville…

En Pologne, le syndicat Solidarnosc de Lech Walesa contraint le Général Jaruzelski à négocier…Avec la bénédiction de Jean-Paul II.
En Tchécoslovaquie, une révolution de velours porte un intellectuel dramaturge, Vaclav Havel, à la tête de l’Etat.
En Roumanie, les images de la mort violente de Ceausescu, ce dictateur ubuesque, ont frappé les esprits.
Partout, dans les pays de l’est comme dans les pays africains, sur le plan politique, les nouvelles valeurs de glasnost et perestroïka clamées par Gorbatchev font leur travail de sape…
Et sur le plan religieux et spirituel, le discours rénovateur du Pape polonais Jean-Paul II (depuis 1979) : « n’ayez pas peur ! », « Ici (en Pologne) nous avons toujours été libres ! »

Je me souviens d’une conférence d’Histoire au Collège Jean Mermoz donnée en 1985 par un éminent prof venu de France…A la fin, j’ose intervenir pour dire ceci : « on vient de voir Mitterrand et Kohl célébrer ensemble la commémoration de la fin de la seconde guerre mondiale. Considérant que les deux Allemagnes partagent la même langue, la même histoire, la même culture, peut-on imaginer un jour la chute du mur de Berlin et la réunification des deux Allemagnes ? »
Ce à quoi il répondit doctement par la négative, dans un long développement que je ne suivais plus, pour moi, l’essentiel était la question, la réponse, je la connaissais déjà.

Devant les images télévisées de la chute du mur de Berlin, 4 ans plus tard, c’est à ce vieux prof englué dans ses certitudes que je pensais.
J’ai pensé aussi à Alexandra Loebe-Flottau, que j’ai connue de 1981 à 1984, qui pleurait devant des documentaires évoquant Hitler et j’imaginais sa joie.
J’ai aussi pensé à Marika Langbrugger.
J’ai pensé à Alain-François Loukou, « Petit commandant » et à Serge Roger Amari, « Stick », avec qui nous commentions ces événements en Abidjan. En attendant notre tour…

La vie est imprévisible et nous devons être humbles face à la vie.
Le 4 novembre 2008, un autre mur est tombé aux USA, le mur de la haine raciale.
Ici et maintenant il y a d’autres murs à faire tomber.
A chacun son mur.
Armez-vous d’une pioche et d’un peu de patience.
Plus vous serez nombreux, plus vite le mur tombera.
Happy Birthday !
Par Edgard - Publié dans : Actualité
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Jeudi 5 novembre 2009

Le Premier Ministre et le ministre de l’Education, sous la haute inspiration de qui-vous-savez, appliquent une vieille technique : diviser pour mieux régner : aux non-grévistes « passez à la caisse ! » et aux grévistes « serrez la ceinture ! »


Mierde alors !


Comme par hasard, en ce moment, sur France 24, un sociologue parle de la violence comme option constructive pour régler certains conflits sociaux, à certaines conditions, bien sûr…

Comme on ne peut pas suivre 2 lièvres à la fois, j’abandonne cet « entretien » vraiment intéressant pour revenir à vous.


Donc, Ya Ali, las du laxisme de son illustre défunt père, a décidé de frapper un grand coup et de faire des exemples (et des victimes) : les profs !


S’ils avaient du rigide entre les jambes, aucun d’eux n’irait récupérer son bon de caisse, mais là,  Iznogoud a donné un coup bas, en dessous de la ceinture : au portefeuille de fonctionnaires qui ne fonctionnent plus après le 5 du mois,  sans épargne et sans investissements.


On voit ici l’efficacité machiavélique d’un système rejeté par 59% des citoyens le 30 aout 2009 : maintenir les citoyens d’un pays riche en situation de précarité, de manque, d’assistanat perpétuel, sous oxygène permanent, sous perfusion financière…


Un mois sans salaire et c’est l’asphyxie, la mort subite !


Une minorité passera donc à la caisse,d'ici dimanche, une majorité sera sanctionnée et contrainte de reprendre les cours…
Pour toucher le bon de caisse fin novembre…


A titre de rappel, la
Convention Nationale des Syndicats du Secteur de l’Education (CONASYSED) et le ministre de l’Education ont signé le protocole d’accord le 13 janvier 2009 portant sur les points suivants :

Parcelles de terrains aux 15 000 enseignants recensés : 160 000 logements sont prévus dans le budget 2009-2010.

Situations administratives : le ministère de la Fonction publique et du Budget, un centre de gestion des textes administratifs règleront la question.  

Rappels : le 5 octobre 2009, une rallonge de paiement de 2 milliards était prévue, et à partir du 5 janvier 2010, une rallonge de 3 milliards a été programmée.

Prime d’Incitation à la Fonction Enseignante : les oubliés n’ont toujours rien perçu.  

Vacations : les mauvaises langues vous diront que le Professeur Ondo Ossa avait raison et qu’il y a crise de liquidités au Trésor, ou que le contexte actuel de sanction ne se prête pas à la remise des vacations : il faut affamer les profs.  Les politiquement corrects affirmeront qu’il faut distinguer les réels ayants-droits.

La création d’une mutuelle.

L’évaluation de l’Approche par compétence de base.

Ces points font en ce moment l’objet d’âpres négociations avec les nouveaux interlocuteurs que sont le nouveau premier ministre et le nouveau ministre de l’éducation nationale. Ce qui était tout à fait prévisible et prouve que j’avais raison : cette grève était injustifiée car les nouveaux interlocuteurs devaient auparavant s’imprégner des dossiers en cours et décider dans les 100 jours du délai de grâce… 

Par Edgard - Publié dans : Education
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Jeudi 5 novembre 2009
Ya Ali, de son « élection » à son investiture, a eu tout le temps de relire « Le Prince » de Machiavel. Dans son collimateur, il a en ligne de mire tous ceux qui se sont opposés durement à lui. Eux et leurs fans. Nous ne sommes pas nombreux. Dans chaque administration, il faudra identifier politiquement chaque agent et le « gérer ». A l’Education nationale, le processus est enclenché… Tous les leaders (politiques, syndicaux, de la société civile) fichés, immobilisés (interdiction de sortir du territoire national) vont être isolés (les bureaux exécutifs doivent être « expurgés » de leurs fonctionnaires). Avant la mise à mort politique ? De quelle manière ? L’armée en particulier et les forces de l’ordre en général jouent un rôle toujours plus grand dans la gestion du nouveau pouvoir et dans sa conservation. Le Gabon devient un toujours plus Etat policier, les signes sont là : - Bouleversement des états-majors politiques, syndicaux, et sportifs, - Suspension des salaires des enseignants depuis dix jours, - Non respect du droit de grève : le salaire minimum n’est même pas versé aux grévistes. Au fait, qui parlait d’avenir en confiance ? Le présent, en tout cas, suinte la méfiance.
Par Edgard - Publié dans : Actualité
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Jeudi 22 octobre 2009

Christian Magnagna,
Ministre délégué auprès du ministre du Budget, des Comptes publics, de la Fonction publique, chargé de la Réforme de l’Etat

Christian Magnagna, né en 1961,  est originaire de Mounana, du village Ndoubi par le père et du village Itoko (Omoi) par la mère.


C’est un brillant jeune cadre de la République : ingénieur en génie-civil, diplômé en „management et ingénierie d'affaires, il a été Directeur Général de Carmo, Directeur commercial à la SNBG, Directeur Général du Fonds d’Entretien Routier
, il a été Directeur Général de Carmo, Directeur commercial à la SNBG, Directeur Général du Fonds d’Entretien Routier.

Son parcours professionnel parle pour lui.


C’est un technocrate essentiellement, qui n’hésite pas, à certains moments chauds de la politique, à réaffirmer son appartenance politique en public, devant les caméras.


Il a été membre du Bureau politique avec Delmond Ngayis et se retrouve membre du Conseil national depuis le dernier congrès du PDG (parti au pouvoir).


C’est le deuxième ministre originaire de Mounana, après Zacharie Myboto (1978-2001).

Quand celui-ci démissionne en janvier 2001, Egide Boundono Simangoye (originaire de Moanda) est nommé.

Puis un autre ministre, originaire de Bakoumba, Célestin Bayogha Nembe, est nommé.

Il était tout naturel que le tour revint cette fois-ci à Mounana, d’autant plus que c’est le fief politique de l’UGDD (parti de l’Opposition). 


La nouvelle vision du Président Ali lui facilitera la tache : il n’aura plus à s’occuper des militants PDG, des citoyens de Mounana, Moanda et Bakoumba, il devra se concentrer sur ses dossiers techniques et rendre compte, tous les 3 mois, de leur avancée.


En 2011, il n’aura certainement pas besoin d’aller au charbon pour conserver son poste de ministre : un autre militant sera désigné pour défendre les couleurs du parti, c’est sans doute cela aussi le Partage.


Son seul point faible est son parrain, Egide Boundono Simangoye.
Celui-ci aidera-t-il son poulain à réussir en politique, là où lui-même a échoué ? Christian Magnagna pourra-t-il s’émanciper de sa tutelle ?


La composition de son cabinet nous permettra de répondre à cette question, car là où on attend un cabinet pluriethnique  de technocrates du Budget, des Comptes publics, de la Fonction publique, on craint fort que le Directeur de cabinet ne soit un homme de Boundono qui serait ses yeux et ses oreilles dans les affaires de Christian Magnagna…


« 
La destinée du disciple est de devenir maitre, un jour.
   La grandeur du maitre est de l’accepter et de le favoriser
 » Abu Bakar Atiq

 

 

Par Edgard - Publié dans : Politique
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