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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 14:51

— Dehors ! Sortez !
Ces cris ponctués de jets de pierres déclenchent la panique. Les deux portes latérales, celles de l’avant et les 
fenêtres sont prises d’assaut par les jeunes, affolés.
Les étudiants de sciences économiques, moins nombreux, sont les premiers à vider leurs salles d’examen.
Les Chinois (surnom des étudiants en droit) mettent plus de temps à quitter leurs amphithéâtres.
Comme un feu de brousse en saison sèche, la peur vide les amphis d’anglais, d’histoire géographie, de lettres modernes, de psychologie, de sociologie, de philosophie…
Dans une lente précipitation, tous fuient droit devant eux, c’est-à-dire vers le campus Sankara. Qui pour s’y terrer, qui pour le traverser, atteindre le quartier Wari-bana et y prendre un taxi ou un bus qui l’emmènerait loin de cet enfer.
Des étudiants fuyant d’autres étudiants ! Il faut le voir pour y croire.
On ne sait pas pourquoi on fuit, mais on sait seulement qu’il faut fuir.
Les filles, qui ont ôté leurs chaussures à talons pour mieux courir, les abandonnent derrière elles.
D’autres laissent plus que des chaussures : des cartes d’étudiant, des cartes d’identité, des porte-documents…
Peu à peu, le flux ralentit aux abords du campus Sankara.
La rue qui traverse cette cité universitaire est pleine de monde.
L’union fait la force : on attend là de pied ferme ces perturbateurs venus les déloger des salles d’examen.
La détermination et l’agressivité font place à la détente et à l’humour. Pourquoi on a fui même ?
On rit, on plaisante, on se moque de la peur de l’autre.
Ceux qui voulaient traverser la brousse environnant la cité universitaire pour aller à Wari-bana se ravisent.
Les plus courageux rebroussent chemin à la recherche d’objets perdus.

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