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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 13:43

Il y avait quelqu'un que Mondo aimait bien rencontrer. C'était un homme jeune, assez grand et fort, avec un visage très rouge et des yeux bleus. Il était habillé d'un uniforme bleu foncé et il portait une grosse besace de cuir remplie de lettres. Mondo le rencontrait souvent, le matin, dans le chemin d'escaliers qui montait à travers la colline. La première fois que Mondo lui avait demandé : « Est-ce que vous avez une lettre pour moi ? » Le gros homme avait ri.
Mais Mondo le croisait chaque jour, et chaque jour il allait vers lui et lui posait la même question : « Et aujourd'hui ? Est-ce que vous avez une lettre pour moi ? »
Alors l'homme ouvrait sa besace et cherchait. « Voyons, voyons... C'est comment ton nom, déjà ? »
« Mondo », disait Mondo.
« Mondo... Mondo... Non, pas de lettre aujourd'hui. »
Quelquefois tout de même, il sortait de sa besace un petit journal imprimé, ou bien une réclame et il les tendait à Mondo. « Tiens, aujourd'hui, il y a ça qui est arrivé pour toi. »
Il lui faisait un clin d'œil et il continuait son chemin.
Un jour, Mondo avait très envie d'écrire des lettres, et il avait décidé de chercher quelqu'un pour lui apprendre à lire et à écrire.
Il avait marché dans les rues de la ville, du côté des jardins publics, mais il faisait très chaud et les retraités de la Poste n'étaient pas là.
Il avait cherché ailleurs, et il était arrivé devant la mer.
Le soleil brûlait très fort, et sur les galets de la plage il y avait une poussière de sel qui miroitait.
Mondo regardait les enfants qui jouaient au bord de l'eau.
Ils étaient vêtus de maillots de couleurs bizarres, des rouge tomate et des vert pomme, et c'était peut-être pour ça qu'ils criaient si fort en jouant.
Mais Mondo n'avait pas envie de s'approcher d'eux.
Près de la bâtisse en bois de la plage privée, Mondo avait vu alors ce vieil homme qui travaillait à égaliser la plage à l'aide d'un long râteau.
C'était un homme vraiment très vieux habillé d'un short bleu délavé et taché.
Il avait le corps couleur de pain brûlé, et sa peau était tout usée et ridée comme celle d'un vieil éléphant.
L'homme tirait lentement le long râteau sur les galets, de bas en haut de la plage, sans s'occuper des enfants et des baigneurs.
Le soleil luisait sur son dos et sur ses jambes, et la sueur coulait sur son visage.
De temps en temps, il s'arrêtait, sortait un mouchoir de la poche de son short et il essuyait son visage et ses mains.

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Published by Edgard - dans Culture Livre
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