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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 15:30

Un soir, Atsame fille d’Andeme mit une robe moulante qui s’achevait au ras des cuisses et s’embarqua dans une voiture blanche. Mais cette fois, au grand étonnement de sa mère, elle ne rentra pas le lendemain.

Le matin, aux aurores, un brouillard noirci enveloppait Metanga-si. Des brumes bleuies formaient un épais nuage au-dessus des toits de ce quartier hors du temps.
Les premiers rayons de soleil ne dissipèrent pas ce phénomène inhabituel. L’air était fade. Une odeur acre de chair pourrie prenait à la gorge. De petites silhouettes longeaient le cours d’eau. Des clameurs s’élevaient. Les voix des femmes grisaillaient l’air en lançant des jurons. Les vielles femmes frappaient leur buste en psalmodiant. Les aboiements matinaux des chiens sonnaient comme un hymne à la mort. Un corps, la figure enfouie dans le cours d’eau, les pieds sur la cote, les cheveux ensanglantés, était couché sur le ventre.
Alertée par les cris, Andeme se pencha depuis sa fenètre. Puis à cause de la mauvaise visibilité, descendit de son perchoir. Elle longea, le cœur haletant, le cours d’eau.
Atsame n’était pas rentrée comme à son habitude au petit matin. Andeme l’avait vainement attendue.

Le corps présentait des ecchymoses. On le retourna. C’était une fille. Le sein droit était sectionné. Une grande foule entourait le corps. Andeme arriva et fixa le macchabée.
Elle regardait d’une curiosité coupable le corps étendu. Soudain, ses yeux devinrent livides. Le jour s’assombrit. Les chiens se turent. Tout devint noir autour d’elle. Atsame gisait là…

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