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15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 16:07

1. Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.
2. La maternité et l'enfance ont droit à une aide et à une assistance spéciales. Tous les enfants, qu'ils soient nés dans le mariage ou hors mariage, jouissent de la même protection sociale.


La pauvreté au Gabon, un sujet évoqué dans le premier roman gabonais, Elonga, de Rawiri.Bien avant La mouche et la glu, avant Les matitis...Lisez plutot et appréciez...

Onze bouches à nourrir, Elonga, 1980, Ntyugwetondo RAWIRI

 

            Toute la famille se trouvait réunie autour de la table. Ils digéraient le lourd repas de manioc et de poisson salé qu’ils venaient de terminer. Ce soir-là, les mines sont maussades. Igowo était revenu plusieurs fois les voir, seul ou avec Ziza et Pierre Henry. L’accueil variait au gré de l’humeur de Mboumba, tantôt chaleureux, tantôt glacial. Aujourd’hui, leur apparition inattendue surprend tout le monde. Non pas qu’Igowo ait l’habitude de prévenir de son arrivée. Mais ce soir, ils auraient sans doute souhaité rester seuls à pleurer sur leur misère. Depuis quelques temps, ils ne mangeaient plus à leur faim. La nourriture était devenue trop chère pour les maigres salaires du père et du fils. Le poisson, rare, atteignait des prix exorbitants. C’était une denrée de luxe. (…)

            Les enfants dépérissaient à vue d’œil. Ils ne jouaient plus avec les camarades de leur âge dans la cour du quartier. Les plus petits pleurnichaient à la moindre taquinerie des aînés. Ce qui leur attirait les coups et les imprécations de la mère les nerfs à fleur de peau. Dans ses moments de révoltes, elle accusait avec véhémence son fils Mpira d’être incapable, et son époux de faire preuve d’une criminelle insouciance. Comment pouvait-elle nourrir onze bouches avec seulement du manioc ? Ce manioc qui provoquait chez tous une constipation opiniâtre. Où voulait-on qu’elle trouve des laxatifs pour détendre au moins les ventres des plus jeunes dont le sommeil devenait pénible ? Las d’entendre ces jérémiades, le mari la traitait de tous les noms. Les autres épouses ne se contentent pas d’attendre leur conjoint les bras ballants ; elles vendent des beignets au marché ou devant leur maison… Si la sienne secouait un peu sa torpeur, ils mangeaient une nourriture plus variée et plus riche. Il ne pouvait pas, à lui tout à la fois, le loyer, les vêtements et la nourriture. Puis il s’en prenait à son fils. Ce fainéant ne pouvait pas se débrouiller pour changer d’emploi au lieu de se contenter d’une simple place de planton. Il devrait mourir de honte. Que n’aurait-il pas fait pour être le père d’Igowo ! Au moins il serait comblé.


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Published by Edgard - dans Actualité
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