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4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 17:37

Edgard B. Bokoko : Bonjour, Monsieur Lindzondzo, présentez-vous pour les internautes et les lecteurs de notre blog educanet

Je suis Sylvain LINDZONDZO, Directeur de la DEPAACS (Direction de l’Education Physique et Artistique des Activités Communautaires et Socioculturelles)

 

Existe-t-il un département des activités périscolaires à l’IPN ?

Non.

 

Existe-t-il un département des activités périscolaires au Ministère de l’Education nationale ?

Oui, d’après le décret n°1054 du 27 décembre 1982 portant attributions et organisation du Ministère de l’Education nationale. Ce décret a été modifié en 1989, la direction des activités périscolaires devenant Direction des Œuvres et des Assurances Scolaires. Ses attributions antérieures dans le domaine pédagogique étant transférées à l’Institut Pédagogique National. En 2003, une autre mutation en fait la Direction de l’Education Physique et Artistique des Activités Communautaires et Socioculturelles (DEPAACS), avec les mêmes attributions.

Quel est l’intérêt, selon vous, des activités périscolaires ?                                                   Les activités périscolaires complètent les cours dispensés en classe. Ils forment l’être dans la société, pour la société, au service de la société. Ils permettent à l’élève d’apprendre la vie en communauté, à faire don de soi. Ils constituent un instrument de socialisation et de formation du citoyen dont le Gabon a besoin pour son développement.

Quel est le nombre d’enseignants de votre département exerçant au Gabon ?   Notre département compte trois type de personnel :                                                          Les enseignants d’EPS (Education Physique et Sportive), d’Education Artistique et le personnel d’encadrement (personnel de santé et paramédical –assistantes sociales-), soit environ 500 personnes. Ainsi, on constate au Gabon la méconnaissance des Conseillers de Jeunesse, dont on n’apprécie pas très bien l’utilité. Mais les Chefs d’établissements devraient, les premiers, comprendre leur utilité dans la prévention de la délinquance juvénile.

 

Quels enseignants font des activités périscolaires ?

Les rares enseignants spécialisés (Conseillers de Jeunesse) sont affectés dans les établissements de plus de 1000 élèves. Ils disposent de supports scientifiques.

On en compte une trentaine qui sortis de l’Institut National de la Jeunesse et des Sports (INJS).

Leur profil est le suivant :

Avec le niveau du BEPC, ils faisaient trois ans à l’INJS pour sortir professeurs d’EPS ou instructeurs de jeunesse. Mais cette dernière filière a fermé à la fin des années 80.

Avec le niveau le niveau BAC+3, on entre à l’INJS d’Abidjan ( en Cote d’Ivoire).

Avec le niveau BAC+4, on entre à l’INJS du cameroun pour sortir Professeur des activités socio-éducatives.

Mais tous les enseignants sont concernés par les activités périscolaires, et nombreux sont ceux qui en pratiquent avec leurs élèves sans avoir eu une formation spéciale pour le faire, mais simplement par passion pour une activité littéraire ou artistique (qu’ils ont eux-mêmes souvent faite étant élève). 

 

Quelles activités périscolaires sont pratiquées au Gabon ?

Exposition de travaux d’art visuel (dessin, couture, objets d’art), concours littéraires (poésie),

danses, jeux de société, arts dramatiques.

Quelles réalisations sont à mettre à votre actif ?                                                                   Le camp de vacances, édition 1999, 2000 et 2001, qui, à travers des activités sportives, éducatives et artistiques, a démontré l’intérêt d’une bonne gestion des temps libres.

Avec quels moyens financiers ?                                                                                                 Il n’existe pas de ligne budgétaire spéciale. Un plan marketing a permis de réaliser le minimum, avec le concours des mutuelles scolaires (100FCFA/élève) et coopératives scolaires (200 FCFA/élève), en l’an 2000. Mais en commission technique, la Direction Générale des Activités Financières n’a pas pu défendre l’intérêt d’une ligne budgétaire spécifique pour les activités périscolaires, alors que moi, en tant de concepteur du projet, aurait certainement pu le faire.

Nous bénéficions ponctuellement :

des subventions des départements ministériels de l’Education Nationale et de la Culture, des Arts et de l’Education Populaire,

des contributions des personnes physiques et morales.

 

Seriez-vous d’accord avec ceux qui estiment qu’au Gabon les activités périscolaires sont dévalorisées ?

Il y a une incompréhension de certains responsables, mais au fur et à mesure des réalisations de notre département, et ce depuis l’impulsion donnée par l’ancien Ministre de l’Education Nationale André Mba Obame, les mentalités commencent à changer.

 

Quel est votre bilan d’activité cette année ?

Le calendrier politique (élections présidentielles de novembre 2005) nous a dissuadé de réaliser des activités périscolaires, pour éviter toute forme de récupération. Nous nous sommes contentés de faire une tournée des circonscriptions scolaires pour expliquer l’importance de ces activités périscolaires aux responsables d’établissements. Que le jeu fait partie de la réalité de l’enfant et qu’une éducation qui ne l’intègre pas est une éducation tronquée.

 

Quelles recommandations  pourriez-vous faire ?

On doit faire de l’école un cadre qui attire l’élève. L’élève, après son cours, doit avoir envie de rester dans son établissement pour y exercer toutes sortes d’activités périscolaires. L’école, le collège, le lycée ne sont pas des machines à fabriquer des têtes bien pleines, mais des centres d’éducation où l’on forme la Personne dans son intégralité.

Des expériences au niveau du Primaire ont démontré qu’avec ces activités on forme des élèves qui réfléchissent et qui créent. Aux responsables d’établissement de le comprendre pour que tout s’enchaîne de façon logique. Ces responsables, au lieu de se cantonner dans leur mission pédagogique, devraient se considérer comme des coordonnateurs de TOUTES les activités au sein de leur établissement, pédagogiques Et périscolaires.

Enfin, il serait souhaitable que les parents d’élève accompagnent et soutiennent leurs enfants dans la réalisation de ces activités.

EBB : Monsieur Lindzondzo, je vous remercie.

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Published by Edgard - dans Education
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