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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 13:37

L’Union Des Ecrivains Gabonais  à la solde du Parti Démocratique Gabonais ?     

Telle est la question que se pose le gabonais lambda en lisant dans le quotidien national L’Union qu’un concours organisé par l’UDEG et financé par le PDG, à l’occasion de la célébration des 41 ans de ce grand parti de messe…pardon, de masse,  a permis de récompenser plusieurs auteurs gabonais dont le lauréat Maurice Okoumba-Nkoghé pour son dernier roman publié et primé à hauteur de cinq millions de francs CFA par l’UDEG.                                                                                        

Quand on sait que le Ministère de la Culture devrait être le partenaire naturel de l’UDEG, on s’interroge soit sur une démission de l’Etat, soit sur une inféodation de l’UDEG au PDG.                                                                                                               

Le problème posé est le même : quelle est la bonne attitude de l’intellectuel face au pouvoir ?                                                                                                                         

Au Gabon, on a l’impression que plus on est loin du pouvoir, plus on est critique à son égard. Plus on en est proche, plus l’intellectuel ressemble à ce singe- qui- ne-voit-rien-n’entend-rien-ne-dit-rien. Pour mémoire, relisons ce poème d’Okoumba-Nkoghe et publié en 1980 dans son recueil poétique Le soleil élargit la misère.

A l’ombre de l’Afrique

A l’ombre de l’Afrique

l’on conduit des autos de luxe

l’on fume du tabac de Havane

quoique l’on n’ait pas de gite

digne de ce nom.

l’argent et son existence

exaltent la pensée

incitent à choisir le coup d’état

comme unité de lieu d’une méditation.

 

A l’ombre de l’Afrique

l’on passe sa vie entière

à offrir son petit sou

aux griots de la cour

chantant sa gloire.

cherchant à établir les conditions

d’une riche vie

l’on explore les étapes essentielles

qui lient l’individu à Lucifer.

 

A l’ombre de l’Afrique

l’on se dispute le privilège

de gober les provisions

appartenant à la nation.

Et l’on se montre l’un à l’autre

les miettes du pillage avec orgueil

tirant vanité de la resquille commise.

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Published by Edgard - dans Culture
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