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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 13:44
Dans ce pays où les événements culturels sont rares, où la pensée et la culture semblent avoir démissionné, où règnent en maitres, voire en tyrans l’argent-roi, le paraitre, le sexe et l’alcool, la rencontre avec Tierno Monenembo, ce grand écrivain africain, samedi 28 mars 2009, de 17h à 20h, fut une oasis rafraichissante. Rencontré à travers son deuxième roman Les écailles du ciel en 1987 à l’Université d’Abidjan, ce fut un plaisir de le voir enfin et de l’entendre parler de sa vie et de la voie qu’il a choisie, la littérature… Ce qui m’a frappé, c’est sa modestie et son humilité. J’en connais ici, nombreux, qui après le moindre roman publié à compte d’auteur se prennent pour le centre de la terre littéraire. Après neuf romans publiés dans une grande maison d’édition française, Seuil pour ne pas la nommer, après le prix Renaudot qui couronne son dernier roman Le roi de Kahel, Tierno Monenembo demeure un écrivain conscient d’écrire…en vain, mais désireux de témoigner, de dénoncer et d’aller toujours plus loin dans les réponses à deux questions essentielles : qui suis-je ? Qu’est-ce qu’un peul ici (en France) et aujourd’hui ? Question posée : Dans Les écailles du ciel, vous utilisez la technique du narrateur- personnage principal, comme dans votre dernier roman primé, mais pourriez-vous dire, comme André Gide : « j’ai fait mon œuvre, j’au vécu » ? Après neuf romans qui évoquent tantôt le peul, tantôt le citoyen du monde que vous êtes, votre écriture n’est-elle pas une quête de soi ? Réponse de l’auteur : en effet, mon écriture est une quête de soi qui a commencé à Lyon, en 1979, alors que j’arrivais en France dans le froid, la solitude et vivais les affres de l’exil. J’ai dû me reconstruire à partir de deux questions essentielles : qui suis-je ? Qu’est-ce qu’un peul ? J’ai commencé à écrire pour témoigner et dénoncer la dictature qui sévissait dans mon pays, la Guinée, puis mes centres d’intérêt se sont déplacés dans l’espace. Dans chaque roman j’essaie d’écrire différemment et d’etre toujours plus vrai. Ainsi, dans l’un de mes romans, je donnai de Sanderval (le héros de mon dernier roman) une image négative issue des documents coloniaux français. Avant que, grâce à la lecture de ses propres écrits, lecture autorisée par l’un de ses descendants, je ne rectifie les choses et lui donne toute sa démesure de personnage de roman. Un français devenu peul, consacré roi peul dans le Fouta-Djalon et ainsi célébré encore aujourd’hui, voilà un fait historique qui brise les carcans identitaires que l’on tente d’imposer. Mais je n’ai pas achevé mon œuvre, j’ai encore des romans à écrire et d’ailleurs je vais vous confier l’idée principale d’un de mes derniers romans, il s’agit de [censuré, c’était une confidence et nous avons tous juré de ne pas lui piquer son idée…Ni de la divulguer].

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Published by Edgard - dans Culture
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commentaires

sidonie dago 07/04/2009 13:04

Félicitation pour l'article.    Confirme-moi que tu es bien le frère de mon amie Bibiane Bokoko qui a fait le lycée jean  mermoz à abidjan et qui a continué ses études de comptabilité en france?Je la cherche desespérément!merci de me répondre, et félicitation pour ce site dynamique! Sidonie Dago.

Edgard 14/04/2009 19:05


Bonjour,

C'est bien moi. Ecris-moi sur educanet2004@yahoo.fr et je t'enverrai son mél, car je ne le connais pas par coeur.
Cordialement