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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 12:53

Il nous incombe de redéfinir les conditions d’appropriation des langues dites « internationales », de veiller à la promotion de nos langues, en les dotant de l’arsenal technique susceptible d’en faire des langues capables de transcrire la réalité du quotidien des Africains en discours scientifiques fiables. Donner un caractère scientifique à nos langues, leur donner les moyens de s’approprier le réel au moyen de techniques linguistiques scientifiques permettrait, en effet, de résoudre considérablement les importants problèmes d’analphabétisme (ou de sous alphabétisation) et le fort taux d’échec scolaire (dû à l’inadéquation entre langues vernaculaires et langues importées) observés aujourd’hui encore dans un nombre non négligeable de nos pays. Le constat est suffisamment éloquent pour ne laisser personne insensible : entre 20 et 30% d’Africains seulement (c’est-à-dire en fait, une minorité) peuvent se targuer d’avoir une maitrise parfaite (écrite et orale) des langues héritées de la colonisation. La question est donc la suivante : pourrait-on, en toute lucidité, envisager d’atteindre les objectifs affichés de développement effectif, en laissant sur la touche la très large majorité des populations rurales et urbaines insuffisamment alphabétisées qui constituent près de 70% à 80% des habitants du continent africain ? Peut-on, sans risque d’échec évident, aller à la pêche amputé de ses bras et en disposant à peine que du quart de sa force ? Peut-on impunément se priver d’un capital potentiellement important de ressources humaines et d’expertises de tous genres ? L’utilisation par nos élites des langues étrangères ne doit pas occulter le devoir où nous nous trouvons de promouvoir nos langues « maternelles ». S’il est important pour les Africains de s’approprier les nombreuses langues internationales qui sont aujourd’hui en vigueur dans le monde, pour ne pas être à la traine des progrès réalisés ces derniers temps, il n’en reste pas moins primordial qu’ils se doivent aussi, pour qu’ils puissent élaborer des stratégies de développement autocentré plus en rapport avec les qualités du terrain, pour rendre plus efficace la participation des populations au processus d’approcpriation des mécanismes de développement effectif (populations jusque-là écartées, parce que pour partie analphabètes ou insuffisamment alphabétisées), il importe pour les Africains, disons-nous, de faire de la valorisation de leurs langues respectives un objectif aussi digne d’intérêt que la question des transferts de technologie dans les pays sous-développés. Il importe au premier chef que les Africains (intellectuels et non intellectuels confondus) apprennent à développer leurs capacités à créer, à inventer et à innover, sans devoir se résigner en retour à opérer quasi systématiquement une rupture, parfois déstabilisante pour leur Moi, avec leurs milieux socioculturels initiaux. Il est à regretter que les Africains continuent encore à se définir, parfois avec un étonnant acharnement, comme essentiellement francophones, anglophones, lusophones, hispanophones, arabophones. Et, eu égard à ces critères « objectifs » de différenciation, d’aucuns ont été jusqu’à postuler sinon l’impossibilité du moins de sérieuses difficultés pour ces Africains de langues différentes à s’entendre, à coopérer efficacement dans une atmosphère non antagonique. La conséquence a été pendant longtemps un attachement plus profond entre les ex-colonies avec leurs anciennes métropoles, le tout au détriment des attaches culturelles et autres obligations historiques et géostratégiques qui lient pourtant entre eux certains peuples africains. Bref, la coopération s’en est trouvée ralentie, al méfiance réciproque suscitée, entre autres, par les anciens colonisateurs étant une des variables que l’on ne saurait négliger dans l’analyse des relations entre les Etats africains. Penser, par exemple, au fameux complexe dit de Fachoda, cette réponse constante anti-anglo-saxonne manifestée par la France, en réaction à l’influence progressive des intérêts de la Grande-Bretagne, et surtout, aujourd’hui, de la percée des Etats-Unis au cœur du continent africain.

Landry P.R.Ndounou, « Ethiopiques », n°81, 2e semestre 2008

I-Questions de compréhension et d’analyse (10 points)

1- Relevez et justifiez dans le texte trois indices différents de l’implication du locuteur. (3pts : 1+1)

2- Quel rôle joue dans l’argumentation le passage du quatrième paragraphe allant de : « s’il est important à…pays développés ». Justifiez votre réponse à partir des indices textuels. (3 pts : 1,5 + 1,5)

3- Sans reprendre le texte, relevez quatre avantages à tirer de la promotion des langues nationales selon Landry P.R Ndounou. (2pts : 0,5 x 4)

4- Reformulez la thèse du locuteur. (2 pts)

II-Travail d’écriture (10 points)

Pour Landry P.R Ndounou, il est important pour les Africains de revaloriser les langues nationales.

Etayez cette affirmation.

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Published by Edgard - dans Pédagogie
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Vanessa 20/09/2012 21:56


Les devoirs à la maison sont un des piliers de l’assimilation des cours. Beaucoup d’élèves n’y voient pourtant pas une sinécure.
Notre approche de soutien scolaire en ligne va changer leur vision.
De la sixième à la terminale, les élèves peuvent accéder à un accompagnement scolaire qui leur apporte le goût des exercices.
Préparées par des enseignants sérieux et chevronnés, les corrections de
devoirs vont les aider à acquérir plus d’assurance dans la méthodologie.
Le soutien scolaire en ligne n’est pas juste l’outil des jours moins. Il affûte
les sens de ceux qui ont déjà tout compris.