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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 12:42

Ce texte de Ronsard peut être lu comme un texte argumentatif.

On y reconnaît en effet l’hypothèse dans la première strophe.

La vérification de l’hypothèse dans la seconde strophe.

La thèse dans la conclusion dans la troisième strophe.

 

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.

Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautez laissé cheoir !
Ô vrayment marastre Nature,
Puis qu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.

 

Dans la première strophe, le poète apostrophe la destinataire (Mignonne) et établit un rapport analogique entre la rose et la destinataire à travers une métaphore filée (Sa robe de pourpre au Soleil, Les plis de sa robe pourprée) et une comparaison (son teint au vostre pareil).

Ainsi, la rose joue le rôle d’exemple dans la démonstration quasi scientifique de Ronsard et la destinataire (ainsi que le lecteur) peut comprendre déjà que tout ce qui sera valable pour la rose le sera pour la destinataire du poème…

Pour mieux comprendre le poème, il faut imaginer que le matin, une promenade guidée de l’amant- poète dans un jardin lui avait déjà permis de faire observer à la destinataire la beauté de la rose, tout en continuant à faire la cour à cette destinataire rebelle à son amour…
 

Dans la seconde strophe, le constat est visible pour tous, la destinataire comme le locuteur Ronsard (voyez).Ce constat est malheureux pour la belle rose : en une journée (du matin jusques au soir), sa beauté a disparu et elle a fané (ses beautez laissé cheoir).Ses nombreuse exclamations (Las !), l’apostrophe de la nature (Ô vrayment marastre Nature) ont pour but de provoquer l’émotion chez la destinataire, sa sympathie à l’égard de la rose avec qui elle a un lien établi par le poète.
           

Ainsi, la thèse dans la conclusion (Cueillez, cueillez vostre jeunesse) est plus facile à imposer à la destinataire grâce à un connecteur logique de conséquence (Donc), grâce à un argument (la vieillesse / Fera ternir vostre beauté) s’appuyant sur l’exemple repris à travers la comparaison  « Comme à ceste fleur… ». Un maître de la rhétorique parvient ainsi à persuader Mignonne de profiter de l’instant présent…

 

 

Plan possible de commentaire, plan linéaire ou descriptif :
I- La beauté de la rose et de la femme (strophe 1)
II- La mort de la rose selon la loi de la nature. (strophe 2)
III- Invitation à profiter de la vie adressée à la femme aimée. (strophe 3)

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