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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 10:02

Le contrôle de gestion de la commune de Mounana a permis de constater que le maire de cette localité, de 2002 à 2007, César Opiangah, a ouvert deux comptes parallèles, l’un intitulé « régie municipale » ouvert le 11 juillet 2003 dans les livres de la BICIG, dans lequel les recettes versées ont été évaluées à 93 370 943 FCFA et l’autre, ouvert le 25 aout 2003 à BGFI dans lequel il a été versé des recettes de l’ordre de 37 833 943 FCFA.

« Toutes ces recettes ont totalement échappé au contrôle du comptable public », a indiqué Daniel Loye, président de la Chambre des comptes de Franceville. C’est ce que le lecteur de L’Union du 27 octobre 2009 en page 17. 

En tant qu’ancien Conseiller municipal, je peux préciser deux ou trois choses à ce sujet, car le droit de réponse de l’ancien maire César Opiangah publié dans L’Union du 29 octobre 2009 en page 17 est truffé de contre-vérités.

·         Primo, la régie municipale a été créée le 23 mai 2003 au cours du premier conseil municipal de la nouvelle équipe menée par César Opiangah. Donc quand il affirme que son fonctionnement « n’a été rendu possible que grâce à une aide strictement privée provenant du Président de la république, Chef de l’Etat, feu Omar Bongo Ondimba », c’est assez étrange puisque cette aide n’a été reçue et présentée publiquement aux populations qu’en mars 2004. Et en conseil municipal ce 23 mai 2003, les conseillers municipaux ont fait de la résidence du maire un motel dont les recettes devaient être gérées par cette régie municipale, entre autres services à créer (location de chaises et tentes, location d’une sono, débit de boissons et de ciment, dépôt pharmaceutique, blanchisserie, etc). 

·         Deuxio, cette régie municipale était co-gérée par Anicet Yolla (ADERE) et Christian Mouandjoudi (PDG). A partir de 2004, chaque fois que l’un des Conseillers municipaux (moi la première fois, Franklin Mouyogho en avril 2006) demandait des comptes, cela provoquait la colère du Maire qui répondit, à deux reprises : « cette argent m’a été remis par le Président de la République, c’est à lui et à lui seul que j’ai des comptes à rendre » ! Alors, quand César Opiangah affirme que « je n’avais de compte à rendre qu’au seul président de la république et aux habitants de Mounana représentés par le Conseil municipal », cela me fait sourire.          Et quand, à l’issue du dernier Conseil municipal, devant les caméras de télévision le Conseiller municipal Christian Mouandjoudi affirme que le Conseil municipal a remis un quitus de bonne gestion au Maire sortant, c’était à mourir de rire.

La procédure normale et légale aurait voulu que le don soit accepté par une délibération prise au cours du conseil municipal suivant la remise du don aux populations, mais il n’en fut rien. L’ouverture des comptes à BICIG et BGFI et le montant des recettes auraient dû être connus des Conseillers municipaux, ce n’est le cas qu’aujourd’hui, grâce au quotidien national L’Union.

Pour connaitre l’étendue des turpitudes du maire sortant, la Chambre des comptes de Franceville gagnerait à suivre le processus de décaissement des 17 millions annuels consacrés à la voirie urbaine. Et qu’en est-il des recettes publicitaires des opérateurs de téléphonie mobile Libertis, Celtel et Moov ?

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Published by Edgard - dans Politique
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