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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 19:14

Acte I, scène 6 : « la fête de l’indépendance »

 

 Lumumba

 

Moi, sire, je pense aux oubliés.

Nous sommes ceux que l’on déposséda, que l’on frappa, que l’on mutila ; ceux que l’on tutoyait, ceux à qui l’on crachait au visage. Boys-cuisine, boys-chambre,boys, comme vous dites, lavandières, nous fumes un peuple de boys, un peuple de oui-bwana, et qui doutait que l’homme put ne pas être l’homme, n’avait qu’à nous regarder.

Sire, toute souffrance qui se pouvait souffrir, nous l’avons soufferte. Toute humiliation qui pouvait se boire, nous l’avons bue !

Mais, camarades, le gout de vivre, ils n’ont pau nous l’affadir dans la bouche, et nous avons lutté, avec nos pauvres moyens lutté pendant cinquante ans

Et voici : nous avons vaincu.

Notre pays est désormais entre les mains de ses enfants.

Nôtre, ce ciel, ce fleuve, ces terres.

Nôtre, le lac et la foret.

Nôtre, Karissimbi, Nyiragongo, Niamuragira, Mikéno, Ehu, montagnes montées de la parole même du feu.

Congolais, aujourd’hui est un jour, grand.

C’est le jour où le monde accueille parmi les nations

Congo, notre mère

Et surtout Congo, notre enfant,

l’enfant de nos veilles, de nos souffrances, de nos combats.

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Published by Edgard - dans Culture Livre
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