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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 14:19

A l’ombre de l’Afrique

l’on conduit des autos de luxe

l’on fume du tabac de Havane

quoique l’on n’ait pas de gîte

digne de ce nom

L’argent et son existence

exaltent la pensée

incitent à choisir le coup d’état

comme unité de lieu d’une méditation

 

A l’ombre de l’Afrique

l’on passe sa vie entière

à offrir son petit sou

aux griots de la cour

chantant sa gloire

Cherchant à établir les conditions

d’une riche vie

l’on explore les étapes essentielles

qui lient l’individu à Lucifer.

 

A l’ombre de l’Afrique

l’on se dispute le privilège

de gober les provisions

appartenant à la nation.

Et l’on se montre l’un à l’autre

les miettes du pillage avec orgueil

tirant vanité de la resquille commise. 

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 14:04

Ils se pourlèchent quand vous mangez, ils vous espionnent quand vous dormez : les pauvres vous guettent. En chacun d’eux se cachent un délinquant, voire un terroriste. Les biens de quelques-uns sont menacés par la malfaisance des plus nombreux. C’est connu : le monde est divisé entre ceux qui ne peuvent pas manger et ceux qui ne peuvent pas dormir. Sujettes au harcèlement depuis des milliers d’années, les iles de la décence sont acculées par les mers déferlantes de la misère. La houle gronde et oblige à vivre en alerte permanente. Dans nos villes actuelles, immenses prisons où se barricadent les prisonniers de la peur, les forteresses ont pour noms maisons, et les armures, costumes. Etat de siège. Ne pas se distraire, ne pas baisser la garde, ne pas se confier : statistiquement, vous ne pouvez y échapper ; tôt ou tard, vous devrez subir une agression, un enlèvement, un viol ou un crime. Dans les quartiers mal famés, tapis dans l’ombre, crevant d’envie, avalant leurs rancœurs : les auteurs de votre prochain malheur. Ce ne sont que des vagabonds, des va-nu-pieds, des ivrognes, des drogués, de la graine de délinquants ou des vauriens, de pauvres hères (1), sans dents, ni projets ni lendemain. Nul ne les admire, mais ces voleurs de poules font ce qu’ils peuvent, en imitant, modestement, les maitres qui enseignent au monde les recettes de leurs succès. Nul ne les comprend, mais ils aspirent à devenir des citoyens exemplaires, à l’image de ces héros des temps modernes qui violent la terre, empoisonnent l’air et l’eau, étranglent les salaires, assassinent les emplois et séquestrent des pays.

(1) Hères : personnes misérables.

Eduardo GAEANO « Boucs émissaires : les diables du diable » ; Le Monde Diplomatique n°617, aout 2005, p.10.

Vous ferez de ce texte un commentaire composé.

Après avoir étudié le portrait du pauvre, vous montrerez, par exemple, en quoi cet extrait constitue une dénonciation de la société actuelle.

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 14:02

Le dormeur du val, Arthur Rimbaud, Poésies, octobre 1870

 

C’est un trou de verdure où chante une rivière,

Accrochant follement aux herbes des haillons

D’argent, où le soleil, de la montagne fière,

Luit : c’est un petit val quoi mousse de rayons.

 

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,

Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,

Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,

Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

 

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme

Sourirait un enfant malade, il fait un somme :

Nature, berce-le chaudement : il a froid.

 

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;

Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,

Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

 

Activités :

  • Lecture expressive d’un élève (ton utilisé ? Ton approprié ?)

 

  • Relevé - analyse du paratexte :

Titre du texte : Le dormeur du val   → le (article défini ; annonce un nom générique –l’homme ≠ un homme) ; dormeur (celui qui dort, sens premier. Mais si nous sommes en poésie, il est fort probable que ce sens premier ne soit pas le seul sens utilisé et que ce mot soit une figure de style en réalité) qui dort ? Dort-il ? pourquoi dort-il ?) ; du (article défini contracté masculin singulier) ; val (déclinaison de terrain, de la même famille que vallon, vallée). 

Auteur : Arthur Rimbaud → poète français du XIXème siècle

Titre de l’œuvre : Poésies → recueil de poèmes

Date : octobre 1870 → fin du XIXème siècle

→ Hypothèses de lecture (à vérifier en lisant le texte) :

Genre de texte : poème (fonction poétique dominante, présence de figures de style)

Texte descriptif (portrait du dormeur, description du val)

 

  • Questionnement systématique

Qui parle ? Auteur : Arthur Rimbaud → poète français du XIXème siècle

A qui ? au lecteur francophone en général (au lecteur français du XIXème sicle en particulier)

De quoi ? d’un dormeur dans un val (champs lexicaux du dormeur et du val) soldat mort

Où ? en France

Quand ? en octobre 1870

Comment ? à travers un poème de type descriptif à tonalité pathétique

Pourquoi ? parce que l’auteur a été témoin de la scène et ému par celle-ci

 Pour quoi ? pour dénoncer les horreurs de la guerre en général

→ proposition de plan :

I.                   Description d’un dormeur dans un val

A)    Description du val

B)    Portrait du dormeur

II.                Dénonciation des horreurs de la guerre en général

A)    Les jeunes victimes de la guerre

B)    La mort causée par l’homme, la vie de mère Nature

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 13:57

                 On s’ingénie à brouiller les pistes en nous répétant jusqu’à la nausée que les élèves ont changé, et qu’il importe d’inscrire enfin cette évidence dans la norme, dans le droit de l’école, dans le contenu et dans la forme de ses enseignements. Mais c’est une lamentable imposture. Car ce que veut un élève en tant qu’élève, c’est précisément écouter un professeur, entendre et recevoir un enseignement digne de ce nom. Que chacun d’entre nous replonge dans ses propres souvenirs de l’enseignement, qu’il les interroge, qu’il cherche, si c’est nécessaire, et il verra que les moments les plus lumineux de ces années sont où, ayant devant soi un professeur, il a su ce que c’était que d’être élève, d’être libéré de son bavardage, de ne pas vouloir autre chose qu’écouter, entendre et recevoir un enseignement. Il est donc certain que quelque chose a changé. Ce qui a changé, c’est qu’il n’y a tout simplement plus d’élèves. Voici donc une amère vérité qu’il nous faut affronter : ceux que nous avons devant nous ne sont plus des élèves. De sorte que j’ai envie de dire : comment ce changement s’est-il fait ? Il n’est pas tout à fait impossible de le comprendre. Qu’est-ce qui peut aujourd’hui le faire passer pour légitime ? Je crois pouvoir répondre à cette question.

               Partons de la situation présente : il n’y a plus d’élèves. Pour commencer, c’est seulement si l’on ose comprendre et reconnaitre cela ; que l’on comprend en même temps pourquoi la question de leur niveau n’est pas la vraie question. Ah ! La question du niveau des élèves, de ce niveau qui baisse, qui ne cesse de baisser, la controverse du niveau, l’éternelle querelle du niveau, nous allons pouvoir lui régler con compte. Et d’abord, bien entendu, il est vrai, il est évident, que le niveau baisse. Il faut ne pas avoir mis les pieds depuis trente ans dans un collège ou dans un lycée, et même dans un « bon » collège ou dans un « bon » lycée, il faut être resté confiné aux seules statistiques de son laboratoire de recherche, il faut avoir troqué cette amorce de raison qu’est le simple bon sens contre une intelligence artificielle, pour affirmer et prétendre démontrer le contraire. Bien sur que le niveau baisse. Et pourtant, ce n’est pas le problème. Car on peut toujours apprendre quelque chose à un élève en tant que tel, quel que soit son niveau, pourvu qu’on ait pris la peine et le soin de faire de lui un élève. Or, si le niveau de ceux à qui nous n’arrivons plus à enseigner est devenu ce qu’il est, c’est-à-dire une absence de niveau, c’est parce qu’ils ont été empêché de devenir des élèves et qu’on leur a, par là même, ôté toute possibilité d’élever leur niveau ; parce qu’on leur a interdit, tout simplement, de s’élever. Voilà pourquoi ils n’écoutent plus. Ecouter un enseignement, voilà ce que ne veulent plus, non pas les élèves, mais ceux qui ont été empêché de l’être. Leur inattention, qu’on voudrait nous faire prendre pour l’effet résultant d’une libération volontaire, n’est donc que le résultat désolant de la mutilation dont ils ont été les victimes.

               Ecrasants, les programmes ? Trop chargés, les emplois du temps ? Ces questions se posent bien sur, mais à condition que l’on ait d’abord pris conscience d’une chose : la déscolarisation de l’institution en est arrivée à un point tel que l’école est aujourd’hui un lieu où il est légitime de tout faire, du sport, des échecs, de l’information, du théâtre, du chant, de la danse, tout ce qu’on veut, sauf s’asseoir derrière une table, et d’écouter un cours. Une enquête précise le montrerait aisément : la prolifération démesurée des enseignements dits « optionnels » a joué un rôle préparatoire dans la déscolarisation.

Adrien Barrot, L’enseignement mis à mort, essai, Flammarion, Paris, 2000.

 I-Questions de compréhension et d’analyse (10 points)

1- Reformulez chacune des deux thèses qui s’affrontent dans ce texte. (3 pts : 1.5+1.5)

2-Par quels procédés le locuteur implique-t-il le destinataire ? Relevez en trois de nature différente et justifiez leurs valeurs d’emploi. (3 pts : 0,5 x 6)

3-Indiquez la tonalité du texte et justifiez votre réponse. (2 pts : 1+1)

4-Etudiez le mode de raisonnement contenu dans le passage « Ecrasants…écouter un cours » (lignes 38-42) (2 pts)

II-Travail d’écriture (10 points)

Estimez-vous comme Adrien Barrot que l’inattention des élèves à l’école découle des programmes écrasants et des emplois du temps trop chargés ?

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 13:38

J’ai marché mille ans ! Dans ce pays d’exil

Qui gémit et mûrit sous le poids des démons

J’ai pincé la Cora dans la légende des temps,

Pour retrouver les Voix sous l’amas des années,

Les revoir, les sentir, les entendre comme jadis

Dans les contes, les récits, les propos de nos mères.

On ne voit que la Nuit, les démons à nos trousses ;

On ne sent que le temps, les deuils, les sanglots

D’un pays qui gémit au printemps de la vie !
 

Où sont-ils donc allés, les héros indomptables,

Qui bravaient la tourmente, arrachaient à l’angoisse,

Ranimaient la confiance et menaient aux combats ?

Sous le poids des démons, des laquais, des complices,

Pour revivre les Voix, leurs plaintes, leur révolte,

Mépriser la mort, marcher aux combats, arracher la victoire,

Mille ans ! Nous cherchons le rayon pour tracer le sillon !

Ranime le feu ma sœur ;

La nuit venue est noire ;

Il faut marcher sans bruit.

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 13:29

En suivant droit devant le littoral

Tu parviens aux Iles

Tu arrives dans la lagune

Où j’ai bu ma première gorgée d’eau

Berceau de tant d’amour

Dans le cœur de l’homme la nostalgie ne finit pas

 

Nandipo

O Nandipo

Quand te reverrai-je ?

 

Là-bas d’où je viens l’argent est un inconnu

Mais dans notre lagune le machoiron pullule

A Nandipo la parenté n’est pas que dans l’argent

Et il y a de la joie

Et il y a de la joie

Ton ami c’est le mien

 

Nandipo

O Nandipo

Quand te reverrai-je ?

 

On dit que là-bas les femmes sont des fées

Beauté de légende, amour dans le cœur

Regarde Afia, regarde Kita

On dit que là-bas les femmes sont des fées

Beauté de légende, amour dans le cœur

Qu’il fait bon vivre à Nandipo

 

Nandipo

O Nandipo

Quand te reverrai-je ?

 

On dit que là-bas les opiseaux sont sans nombre

Perdrix, pigeons, perroquets, perroquets…

Quand ils parlent nous comprenons

« vous qui partez ; partez mais revenez »

Nandipo le pire c’est toujours la mort

Le meilleur sera mon retour

 

Nandipo

O Nandipo

Quand te reverrai-je ?

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 13:28

Mon Français (page 27)

 

Je jargonne pas

Je cause français

Français moule fidèle de ma culture

Français certifié conforme

De ma vision du monde

 

Je jargonne pas

Je cause français

Francophonie symphonie

De la diversité expressionnelle

Des voix isocèlement complémentaires

 

Mon français n’est un baragouin

Susciteur du rire polyphasé

Le long des rues mortier-pilon

 

Mon français n’est pas un baragouin

Tiré du petit nègre du couscous maghrébin

Mon français n’est pas ce machin vulgaire

Des gargotes de mengorokome fumivores

 

Mon français est bien francophone

C’est un affluent influent ravitaillant

Le courant des torrents conduisant

Au confluent du respect d’autrui

Mon français tam-tame au rythme de ma voix iodée

Il xylophone à la cadence vespérale des chats-huants

Il cithare au son de mes vocables

Préparés à la sauce de mon environnement spécifique

Baobab-okoumé-potopoto

Ozigo-foufou-bangala

 

Je ne jargonne pas

Je cause français

Du vrai français

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 13:26

Chant de noces (page 41)

 

Mon fils a réfléchi

Il a pensé au mariage

Il est venu chez toi

Tu l’as aimé

Et il t’a enlevée

Le mariage est conclu

C’est définitif

 

Ma fille,

Sois tranquille,

Sois sérieuse

Ne regarde pas d’autres pantalons

La femme n’est pas un bus

Qui ne refuse personne

Tu rencontres NDONG

« Viens monter »

Tu rencontres ELLA

« Viens monter »

Tu rencontres NDOUMOU

« Viens monter »

La femme n’est pas un autocar

Qui embarque tout le monde…

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 13:21

De la calvitie (page 13)

 

Il existe plusieurs genres de calvities

Les calvities des grands sages

Celles des personnes normalement âgées

Celles relevant de la pathologie

Celles des escrocs et des radins

Cette dernière (la plus intéressante)

Provient du grattage assidu des tetes

Par ceux qui veulent mentir, tromper

C’est ainsi que crin par crin

Leurs cheveux tombent et laissent

Leurs ciboulots aussi lisses qu’une citrouille

De mes rêves…

 

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 13:18

Afrique

mère

me voici nostalgique

la nuit est mûre

aux obsèques du soleil

défunt

une moitié de mes souffrances

se fait ténèbres

je n’ai pas oublié l’âge

des nuits capricieuses

les regards de mon regard

au miroir de tendres rêves

effondrés

l’hymne du tam-tam sur les ondes

profanes

devenu message orphelin

et crispé aux coudes de l’espoir

déraillé

hélas

des hommes ont tenté de couper

mon nombril

pour me séparer de toi

mère

et notre dialogue

depuis le premier matin

de ma vie

est toujours troublé par des parasites.

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