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4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 17:37

Edgard B. Bokoko : Bonjour, Monsieur Lindzondzo, présentez-vous pour les internautes et les lecteurs de notre blog educanet

Je suis Sylvain LINDZONDZO, Directeur de la DEPAACS (Direction de l’Education Physique et Artistique des Activités Communautaires et Socioculturelles)

 

Existe-t-il un département des activités périscolaires à l’IPN ?

Non.

 

Existe-t-il un département des activités périscolaires au Ministère de l’Education nationale ?

Oui, d’après le décret n°1054 du 27 décembre 1982 portant attributions et organisation du Ministère de l’Education nationale. Ce décret a été modifié en 1989, la direction des activités périscolaires devenant Direction des Œuvres et des Assurances Scolaires. Ses attributions antérieures dans le domaine pédagogique étant transférées à l’Institut Pédagogique National. En 2003, une autre mutation en fait la Direction de l’Education Physique et Artistique des Activités Communautaires et Socioculturelles (DEPAACS), avec les mêmes attributions.

Quel est l’intérêt, selon vous, des activités périscolaires ?                                                   Les activités périscolaires complètent les cours dispensés en classe. Ils forment l’être dans la société, pour la société, au service de la société. Ils permettent à l’élève d’apprendre la vie en communauté, à faire don de soi. Ils constituent un instrument de socialisation et de formation du citoyen dont le Gabon a besoin pour son développement.

Quel est le nombre d’enseignants de votre département exerçant au Gabon ?   Notre département compte trois type de personnel :                                                          Les enseignants d’EPS (Education Physique et Sportive), d’Education Artistique et le personnel d’encadrement (personnel de santé et paramédical –assistantes sociales-), soit environ 500 personnes. Ainsi, on constate au Gabon la méconnaissance des Conseillers de Jeunesse, dont on n’apprécie pas très bien l’utilité. Mais les Chefs d’établissements devraient, les premiers, comprendre leur utilité dans la prévention de la délinquance juvénile.

 

Quels enseignants font des activités périscolaires ?

Les rares enseignants spécialisés (Conseillers de Jeunesse) sont affectés dans les établissements de plus de 1000 élèves. Ils disposent de supports scientifiques.

On en compte une trentaine qui sortis de l’Institut National de la Jeunesse et des Sports (INJS).

Leur profil est le suivant :

Avec le niveau du BEPC, ils faisaient trois ans à l’INJS pour sortir professeurs d’EPS ou instructeurs de jeunesse. Mais cette dernière filière a fermé à la fin des années 80.

Avec le niveau le niveau BAC+3, on entre à l’INJS d’Abidjan ( en Cote d’Ivoire).

Avec le niveau BAC+4, on entre à l’INJS du cameroun pour sortir Professeur des activités socio-éducatives.

Mais tous les enseignants sont concernés par les activités périscolaires, et nombreux sont ceux qui en pratiquent avec leurs élèves sans avoir eu une formation spéciale pour le faire, mais simplement par passion pour une activité littéraire ou artistique (qu’ils ont eux-mêmes souvent faite étant élève). 

 

Quelles activités périscolaires sont pratiquées au Gabon ?

Exposition de travaux d’art visuel (dessin, couture, objets d’art), concours littéraires (poésie),

danses, jeux de société, arts dramatiques.

Quelles réalisations sont à mettre à votre actif ?                                                                   Le camp de vacances, édition 1999, 2000 et 2001, qui, à travers des activités sportives, éducatives et artistiques, a démontré l’intérêt d’une bonne gestion des temps libres.

Avec quels moyens financiers ?                                                                                                 Il n’existe pas de ligne budgétaire spéciale. Un plan marketing a permis de réaliser le minimum, avec le concours des mutuelles scolaires (100FCFA/élève) et coopératives scolaires (200 FCFA/élève), en l’an 2000. Mais en commission technique, la Direction Générale des Activités Financières n’a pas pu défendre l’intérêt d’une ligne budgétaire spécifique pour les activités périscolaires, alors que moi, en tant de concepteur du projet, aurait certainement pu le faire.

Nous bénéficions ponctuellement :

des subventions des départements ministériels de l’Education Nationale et de la Culture, des Arts et de l’Education Populaire,

des contributions des personnes physiques et morales.

 

Seriez-vous d’accord avec ceux qui estiment qu’au Gabon les activités périscolaires sont dévalorisées ?

Il y a une incompréhension de certains responsables, mais au fur et à mesure des réalisations de notre département, et ce depuis l’impulsion donnée par l’ancien Ministre de l’Education Nationale André Mba Obame, les mentalités commencent à changer.

 

Quel est votre bilan d’activité cette année ?

Le calendrier politique (élections présidentielles de novembre 2005) nous a dissuadé de réaliser des activités périscolaires, pour éviter toute forme de récupération. Nous nous sommes contentés de faire une tournée des circonscriptions scolaires pour expliquer l’importance de ces activités périscolaires aux responsables d’établissements. Que le jeu fait partie de la réalité de l’enfant et qu’une éducation qui ne l’intègre pas est une éducation tronquée.

 

Quelles recommandations  pourriez-vous faire ?

On doit faire de l’école un cadre qui attire l’élève. L’élève, après son cours, doit avoir envie de rester dans son établissement pour y exercer toutes sortes d’activités périscolaires. L’école, le collège, le lycée ne sont pas des machines à fabriquer des têtes bien pleines, mais des centres d’éducation où l’on forme la Personne dans son intégralité.

Des expériences au niveau du Primaire ont démontré qu’avec ces activités on forme des élèves qui réfléchissent et qui créent. Aux responsables d’établissement de le comprendre pour que tout s’enchaîne de façon logique. Ces responsables, au lieu de se cantonner dans leur mission pédagogique, devraient se considérer comme des coordonnateurs de TOUTES les activités au sein de leur établissement, pédagogiques Et périscolaires.

Enfin, il serait souhaitable que les parents d’élève accompagnent et soutiennent leurs enfants dans la réalisation de ces activités.

EBB : Monsieur Lindzondzo, je vous remercie.

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4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 17:35

Le football est le sport-roi au Gabon, tant au niveau national qu’au niveau scolaire.

Il le demeure, malgré le fait que la qualité du football gabonais a diminué, comme en témoigne son absence, ces dernières années, lors des grands rendez-vous sportifs internationaux.

Au niveau national, il est subventionné par l’Etat, ce qui n’existe que très rarement ailleurs :

  • Championnat national : chaque équipe (14 au total) reçoit 50 millions de francs CFA
  • Les compétitions à l’étranger sont prises en charge
  • Un soutien financier est accordé à la Fégafoot

Le football vient en première position, suivi du handball, de l’athlétisme du volley-ball, du tennis, et du tennis de table. Les sports de combat comme la boxe, le judo et le tae-kwon-do sont aussi pratiqués assidûment, quoique avec moins de bonheur au niveau international (le Gabon a eu de bons boxeurs et de bons judokas, mais aujourd’hui la relève n’est pas assurée).

Au niveau scolaire, les coopératives scolaires permettent le financement du football, entre autres activités périscolaires. Mais on observe que chaque école, chaque collège, chaque lycée a son équipe de foot. Le football vient en première position, suivi de l’athlétisme et des autres disciplines.

 

L’impact de la coupe du monde au Gabon peut être observé sur trois plans : politique, économique et social.
 

Au plan politique, le Gouvernement paye (35 millions de francs CFA par match) pour la retransmission pré financée de chaque match de la coupe du monde.
De plus, le classement par la FIFA de l’équipe national semble être un enjeu politique si l’on en juge par le profil des deux derniers entraîneurs de l’équipe nationale du Gabon Les Panthères : le brésilien Jairzinho, champion du monde 1970 (octobre 2003-2006) et le français Alain Giresse, champion d’Europe 1984 (2006).

Par ailleurs, le football parait être un instrument de propagande car pendant les vacances, les élus et autres responsables politiques, organisent des tournois pour entretenir la convivialité et la solidarité.
 

Au plan économique, on remarque des promotions sur les télévisions.    
La FIFA subventionne selon le niveau de l’équipe national au plan international (séminaires d’encadrement, formation des jeunes, etc).
Au Gabon, cette subvention est de 200 millions de francs CFA.
Une question demeure : cet argent est-il utilisé à bon escient ?

 

Au plan social, la coupe du monde a moins d’impact sur les jeunes qui trouvent leurs idoles dans le monde du basket. Quelles explications peut-on donner à ce phénomène ? Les nombreuses compétitions de foot en période de vacances scolaires ?
L’esprit de facilité ? C’est tout cela à la fois et plus.
Mais on peut remarquer que pendant cette période de coupe du monde, la famille se recompose autour de la télévision : les épouses sont heureuses de retrouver leurs époux qui arrivent à la maison pour voir le(s) match(s) avec des amis.
Les forces de l’ordre et de sécurité auraient même observé une baisse de la délinquance et de la criminalité pendant cette période !

 

La problématique du français en sport (et en foot en particulier) n’existe quasiment pas au Gabon, où le français est langue seconde, sinon première en milieu urbain.
Mais on doit quand même signaler l’usage d’un langage technique, permettant de savoir lire le jeu ; de deviner les intentions techniques et tactiques d’un entraîneur…

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4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 17:20

Au Gabon, on aime à parler du père du théatre gabonais, Vincent de Paul Nyonda.Mais où est la mère ? Que sont les fils devenus ? Le théatre est le genre mineur de la littérature au Gabon, pourtant son impact social est indéniable et bien plus important que le roman ou la poésie.
Dans les années 80, on peut citer La folle du Gouverneur de Laurent Owondo.
Dans les années 2000, Péronelle de Ludovic Obiang et tout récemment (en décembre 2008) Tant que les femmes auront des couilles, toujours du meme auteur.
En manque de nouveles pièces, les metteurs en scènes sont obligés d'adapter certains romans.
Tel AWU, adaptation du roman de Justine Mintsa mis en scène par Michel Ndaot.

Avec Julienne Obika, Kyara Bongo et Kouélé Tonda.

1ère représentation jeudi 9 novembre 2006 (en présence de l’auteur), 2ème représentation le 13 décembre 2006 au Centre Culturel Français.

Après l’adaptation du roman de Kourouma mis en scène par Catherine Boskowitz « Allah n’est pas obligé » le 3 novembre 2006 au Centre Culturel Français, on constate tout simplement qu’il semble y avoir une crise du théâtre africain en générale et gabonais en particulier. L’absence de textes dramatiques de qualité, en effet, contraint les metteurs en scène à recourir à l’adaptation de romans africains…De qualité ? Voire…

La soirée fut plaisante et les spectateurs n’ont pas boudé leur plaisir : grâce à l’habile mise en scène de Michel Ndaot et au talent des trois acteurs, la trame narrative de Histoire d’Awu gagne une valeur ajoutée et le thème suranné du conflit entre tradition et modernité passe au second plan, faisant place au drame kafkaïen des victimes de la bureaucratie et de l’incompétence. On retrouve ici les thèmes chers à l’auteur, Justine Mintsa : amour, couple exemplaire, féminisme, mort, tradition aliénante. Comme un motif qu’elle tisse patiemment, obstinément…Jusqu’à épuisement du filon ?

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4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 17:18

Brazza, capitale de la force libre est le dernier recueil de nouvelles d’Auguy Mackey publié chez L’Harmattan en 2005.

Par le titre, l’auteur congolais rappelle un événement historique : Brazzaville fut la capitale de la France libre…Hélas, ironie de l’Histoire, appétit du pouvoir et ambitions égoïstes feront de Brazzaville, à partir de 1997, la capitale de la force libre par le déchaînement de la violence des milices privées et de l’armée au service de Sassou Nguesso et de Lissouba…

Tel est le contexte historique des nouvelles d’Auguy Makey qu’un retour au pays natal a inspiré.

Après Francofole en 1993, Hypertension Prix BICIG de littérature en 1996, Tiroir 45 en 2003, Brazza, capitale de la force libre à travers cinq nouvelles : Pélican, Boule de soie, Villa, Lisa, Exil et Venin nous démontre son talent littéraire et son humour.

La réflexion est sans cesse sollicitée par la chute originale de chacune de ces nouvelles.

Genre littéraire au programme de la classe de Seconde, cette œuvre a été lue par  mes élèves de Seconde S2 et S7 en 2007-2008.

Brazza, capitale de la force libre, un recueil de nouvelles à lire…Absolumineusement !

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21 décembre 2008 7 21 /12 /décembre /2008 15:15

D’après l’hebdomadaire Time, les personnalités de l’année 2008 sont, dans l’ordre décroissant :

  1. Barack Obama
  2. Henry Paulson
  3. Nicolas Sarkozy
  4. Sarah Palin
  5. Zhang Yimou

Barack Obama, « pour son assurance à ébaucher un avenir ambitieux en cette période sombre, et pour sa capacité à montrer des qualités qui donnent l’espoir aux Américains qu’il pourra le réaliser ».

Henry Paulson, pour son plan de 700 milliards de dollars destiné à sauver le système financier américain.

Nicolas Sarkozy, pour sa présidence européenne (crise géorgienne, crise financière mondiale, l’Union pour la Méditerrannée…)

Sarah Palin, pour sa capacité à relancer et à animer la campagne électorale de John McCain et à démontrer ainsi qu’une mère de cinq enfants peut mener de front une carrière politique nationale.

Zhang Yimou, le cinéaste chinois, pour l’organisation des Jeux Olympiques de Pékin.

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21 décembre 2008 7 21 /12 /décembre /2008 14:59

L’Afrique centrale est un marché d’avenir pour les TIC : le taux de pénétration est de 14%.

La téléphonie mobile et l’usage de l’internet se sont développés en 2007 : 14 millions d’abonnés au téléphone pou une population estimée à 102 millions d’habitants.

 

Cependant en Afrique centrale les perspectives d’avenir ne sont pas les mêmes selon le pays.

 Ces perspectives sont très bonnes pour le Tchad,  la république centrafricaine et la République Démocratique du Congo. Intéressantes pour le Congo, le Cameroun, Sao-Tomé et la Guinée équatoriale.

 

Elles le sont beaucoup moins pour le Gabon, leader sur ce segment d’activité : 1.2 million d’abonnés pour le mobile, 40 mille lignes d’abonnés pour le téléphone fixe. Quand on sait que la population gabonaise compte à peu près 1.2 millions d’habitants, quoiqu’on dise officiellement, cela fait un mobile par habitant…

 

Pourquoi ?

La téléphonie mobile, au Gabon comme ailleurs en Afrique centrale, a réussi à capter une cible négligée ou ignorée par la téléphonie fixe qui souffre d’une très mauvaise qualité de service, d’infrastructures obsolètes. En un jour, on peut avoir un téléphone avec une ligne qui fonctionne, grâce au mobile. Avec le fixe, les délais de fonctionnement d’une ligne sont de neuf mois environ, entre le dépôt du dossier, du plan de votre habitation, du règlement, de l’installation de la ligne qui peut nécessiter l’implantation d’un ou de deux poteaux…

Par ailleurs, l’usage indirect d’internet se développe avec l’implantation de cybercafés, dont la clientèle privilégiée est constituée à plus de 50% d’inactifs (étudiants et élèves), suivis par les professions intellectuelles (enseignants, médecins, etc). Malgré tout, ils ne constituent que 2% des internautes dans la sous-région.

L’usage direct et privé d’internet se développera quand le coût des équipements informatiques (portables ou ordinateurs fixes) et le coût de connexion seront moins élevés.

Après les opérateurs économiques  Libertis, Zain (ancien Celtel), Moov, on annonce l’arrivée au Gabon d’Orange. On peut se demander à bon droit s’il y a encore des parts intéressantes de marché pour un quatrième opérateur. Mais comme un tel investissement n’a pas se faire sans étude de marché, comme disent les anglophones : « wait and see » !

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15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 16:14

Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant pour un Etat, un groupement ou un individu un droit quelconque de se livrer à une activité ou d'accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés.

A tout seigneur, tout honneur. Qui d'autre que MLK était digne de refermer ce passage en revue des articles de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme ?

Je fais un rêve, 1963, Martin Luther King

[…]

Je vous le dis ici et maintenant, mes amis : même si nous devons affronter des difficultés aujourd'hui et demain, je fais pourtant un rêve. C'est un rêve profondément ancré dans le rêve américain.
Je rêve que, un jour, notre pays se lèvera et vivra pleinement la véritable réalité de son credo : "Nous tenons ces vérités pour évidentes par elles-mêmes que tous les hommes sont créés égaux.

Je rêve que, un jour, sur les rouges collines de Géorgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d'esclaves pourront s'asseoir ensemble à la table de la fraternité. 

Je rêve que, un jour, l'État du Mississippi lui-même, tout brûlant des feux de l'injustice, tout brûlant des feux de l'oppression, se transformera en oasis de liberté et de justice. 
Je rêve que mes quatre petits enfants vivront un jour dans un pays où on ne les jugera pas à la couleur de leur peau mais à la nature de leur caractère. Je fais aujourd'hui un rêve ! 

Je rêve que, un jour, même en Alabama où le racisme est vicieux, où le gouverneur a la bouche pleine des mots "interposition" et "nullification", un jour, justement en Alabama, les petits garçons et petites filles noirs, les petits garçons et petites filles blancs, pourront tous se prendre par la main comme frères et sœurs.
Je fais aujourd'hui un rêve ! 

Je rêve que, un jour, tout vallon sera relevé, toute montagne et toute colline seront rabaissés, tout éperon deviendra une pleine, tout mamelon une trouée, et la gloire du Seigneur sera révélée à tous les êtres faits de chair tout à la fois. 

Telle est mon espérance. Telle est la foi que je remporterai dans le Sud. 

Avec une telle foi nous serons capables de distinguer, dans les montagnes de désespoir, un caillou d'espérance.
Avec une telle foi nous serons capables de transformer la cacophonie de notre nation discordante en une merveilleuse symphonie de fraternité. 
Avec une telle foi, nous serons capables de travailler ensemble, de prier ensemble, de lutter ensemble, d'aller en prison ensemble, de nous dresser ensemble pour la liberté, en sachant que nous serons libres un jour. Ce sera le jour où les enfants du Bon Dieu pourront chanter ensemble cet hymne auquel ils donneront une signification nouvelle -"Mon pays c'est toi, douce terre de liberté, c'est toi que je chante, pays où reposent nos pères, orgueil du pèlerin, au flanc de chaque montagne que sonne la cloche de la liberté"- et si l'Amérique doit être une grande nation, il faut qu'il en soit ainsi. 
Aussi faites sonner la cloche de la liberté sur les prodigieux sommets du New Hampshire. 

Faites la sonner sur les puissantes montagnes de l'État de New York. 
Faites la sonner sur les hauteurs des Alleghanys en Pennsylvanie. 
Faites la sonner sur les neiges des Rocheuses, au Colorado. 
Faites la sonner sur les collines ondulantes de la Californie. 
Mais cela ne suffit pas. 

Faites la sonner sur la Stone Mountain de Géorgie. 
Faites la sonner sur la Lookout Mountain du Tennessee. 
Faites la sonner sur chaque colline et chaque butte du Mississippi, faites la sonner au flanc de chaque montagne. 

Quand nous ferons en sorte que la cloche de la liberté puisse sonner, quand nous la laisserons carillonner dans chaque village et chaque hameau, dans chaque État et dans chaque cité, nous pourrons hâter la venue du jour où tous les enfants du Bon Dieu, les Noirs et les Blancs, les juifs et les gentils, les catholiques et les protestants, pourront se tenir par la main et chanter les paroles du vieux "spiritual" noir : "Libres enfin. Libres enfin. Merci Dieu tout-puissant, nous voilà libres enfin.


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15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 16:10

1. L'individu a des devoirs envers la communauté dans laquelle seule le libre et plein développement de sa personnalité est possible.
2. Dans l'exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n'est soumis qu'aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d'assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d'autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l'ordre public et du bien-être général dans une société démocratique.
3. Ces droits et libertés ne pourront, en aucun cas, s'exercer contrairement aux buts et aux principes des Nations Unies.



Last but not least, nous ne pouvions pas achever cet exercice d'illustration des articles de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme sans ce discours mémorable d'un homme dont le parcours est la pleine illustration  de l'article 29:

« Lorsque nous avons surmonté des épreuves apparemment insurmontables ; lorsqu’on nous a dit que nous n’étions pas prêts, ou qu’il ne fallait pas essayer, ou que nous ne pouvions pas, des générations d’Américains ont répondu par un simple credo qui résume l’esprit d’un peuple.

« Oui, nous pouvons.

« Ce credo était inscrit dans les documents fondateurs qui déclaraient la destinée d’un pays.

« Oui, nous pouvons.

« Il a été murmuré par les esclaves et les abolitionnistes ouvrant une voie de lumière vers la liberté dans la plus ténébreuse des nuits.

« Oui, nous pouvons.

« Il a été chanté par les immigrants qui quittaient de lointains rivages et par les pionniers qui progressaient vers l’ouest en dépit d’une nature impitoyable.

« Oui, nous pouvons.

« Ce fut l’appel des ouvriers qui se syndiquaient ; des femmes qui luttaient pour le droit de vote ; d’un président qui fit de la Lune notre nouvelle frontière ; et d’un King qui nous a conduits au sommet de la montagne et nous a montré le chemin de la Terre promise.

« Oui, nous pouvons la justice et l’égalité. Oui, nous pouvons les chances et la prospérité. Oui, nous pouvons guérir cette nation. Oui, nous pouvons réparer ce monde.

« Oui, nous pouvons. »

Par Barack Obama, Discours de campagne dans le New Hampshire, 10 janvier 2008.


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15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 16:09

Toute personne a droit à ce que règne, sur le plan social et sur le plan international, un ordre tel que les droits et libertés énoncés dans la présente Déclaration puissent y trouver plein effet.


Je crois que cet article de Claude Levi-Strauss dit l'essentiel sur l'état d'esprit à cultiver pour réaliser cet article 28:

Race et Histoire, 1952 publié par l'Unesco,Claude Levi-Strauss
                      

"L'attitude la plus ancienne, et qui repose sans doute sur des fondements psychologiques solides puisqu'elle tend à réapparaître chez chacun de nous quand nous sommes placés dans une situation inattendue, consiste à répudier purement et simplement les formes culturelles : morales, religieuses, sociales, esthétiques, qui sont les plus éloignées de celles auxquelles nous nous identifions.
"Habitudes de sauvages ", " cela n'est pas de chez nous ", " on ne devrait pas permettre cela", etc., autant de réactions grossières qui traduisent ce même frisson, cette même répulsion, en présence de manières de vivre, de croire ou de penser qui nous sont étrangères.
Ainsi l'Antiquité confondait-elle tout ce qui ne participait pas de la culture grecque (puis gréco-romaine) sous le même nom de barbare ; la civilisation occidentale a ensuite utilisé le terme de sauvage dans le même sens.[....]
Ce point de vue naïf, [...] recèle un paradoxe assez significatif. Cette attitude de pensée, au nom de laquelle on rejette les " sauvages " (ou tous ceux qu'on choisit de considérer comme tels) hors de l'humanité, est justement l'attitude la plus marquante et la plus distinctive de ces sauvages mêmes. L'humanité cesse aux frontières de la tribu, du groupe linguistique, parfois même du village ; à tel point qu'un grand nombre de populations dites primitives se désignent d'un nom qui signifie les " hommes " (ou parfois — dirons-nous avec plus de discrétion — les " bons ", les " excellents ", les " complets "), impliquant ainsi que les autres tribus, groupes ou villages ne participent pas des vertus — ou même de la nature — humaines, mais sont tout au plus composés de " mauvais ", de " méchants ", de "singes de terre " ou d'" œufs de pou ".
On va souvent jusqu'à priver l'étranger de ce dernier degré de réalité en en faisant un " fantôme " ou une "apparition". Ainsi se réalisent de curieuses situations où deux interlocuteurs se donnent cruellement la réplique. Dans les Grandes Antilles, quelques années après la découverte de l'Amérique, pendant que les Espagnols envoyaient des commissions d'enquête pour rechercher si les indigènes possédaient ou non une âme, ces derniers s'employaient à immerger des blancs prisonniers afin de vérifier par une surveillance prolongée si leur cadavre était, ou non, sujet à la putréfaction. [...]
En refusant l'humanité à ceux qui apparaissent comme les plus "sauvages" ou " barbares" de ses représentants, on ne fait que leur emprunter une de leurs attitudes typiques. Le barbare, c'est d'abord l'homme qui croit à la barbarie."


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15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 16:08

1. Toute personne a droit à l'éducation. L'éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l'enseignement élémentaire et fondamental. L'enseignement élémentaire est obligatoire. L'enseignement technique et professionnel doit être généralisé ; l'accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite.
2. L'éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l'amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix.
3. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants.


Enseignenr oui, mais quoi ? Des vérités officielles, c'est-à-dire la verson la plus favorable de l'Histoire pour  l'Etat employeur ? A travers l'article qui suit, on a un exemple de la difficulté à distinguer patriotisme et enseignement.

Proposition de loi… EXPOSÉ DES MOTIFS par M. Bernard Derosier

Proposition de loi visant à abroger l’article 4 de la loi n° 2005-158 du 23 février 2005 portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés EXPOSÉ DES MOTIFS par M. Bernard Derosier

 

MESDAMES, MESSIEURS,

Lors du débat à l’Assemblée nationale sur le projet de loi portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés, l’adoption d’un amendement parlementaire portant article additionnel a dénaturé les objectifs initiaux de ce projet qui aurait dû faire consensus au sein de la représentation nationale. Cet amendement, sous-amendé en séance, devenu l’article 4 de la loi n° 2005-158 du 23 février 2005, a été adopté contre l’avis des socialistes et sans qu’un débat préalable et approfondi ne puisse être mené. Son contenu n’est pas acceptable.

De façon anachronique et en contradiction avec les grands principes qui animent la démocratie française, le deuxième alinéa de cet article apparaît comme une reconnaissance de l’effet positif de la colonisation française. Il dispose en effet que les programmes scolaires devront mettre l’accent sur le « rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord ».

Les auteurs de cet amendement ont volontairement ignoré la réalité de la colonisation.

Cette initiative est révélatrice de l’incapacité de certains de nos compatriotes à faire face avec lucidité au passé colonial et à assumer les conséquences d’une décolonisation qui a engendré des relations difficiles avec les populations des anciennes colonies.

Car ce texte est une injonction faite aux historiens d’écrire et à l’école de la République d’enseigner une histoire officielle afin de reconnaître le caractère bénéfique de la politique de colonisation française notamment en Afrique du Nord.
La présence française outre-mer s’est étalée sur plusieurs siècles et a eu des effets divers.
Certes cette présence a engendré des avancées dans le domaine des infrastructures, des équipements publics et autres, réalisées par le travail des travailleurs français et de ceux issus de ces territoires, mais il est difficile, a priori, de ne les voir que sous leurs seuls aspects positifs et cela ne peut justifier en soi la colonisation. En tout état de cause, il n’appartient pas au législateur d’en décider.

En outre, cette affirmation marque un mépris inacceptable à l’égard des populations des pays autrefois colonisés auxquelles il n’était pas reconnu la qualité de citoyen. Cela ne manquera pas de rejaillir sur toutes les personnes issues de l’immigration originaires de ces anciennes colonies, contredisant ainsi les politiques d’intégration.

Or, depuis juin 1999, les autorités françaises ont marqué leur volonté de reconnaître à l’histoire algérienne de la France et à la guerre d’Algérie, sa place dans l’histoire nationale, d’abord par sa reconnaissance officielle par l’Assemblée nationale par un vote à l’unanimité, puis par l’ouverture des archives trente ans après les faits et enfin par l’inscription de la guerre d’Algérie dans les programmes scolaires nationaux. Alors que le fait colonial est reconnu dans toutes ses manifestations même les plus brutales et les plus récentes, l’article 4 de la loi du 23 février 2005 semble un étrange revirement.

L’enseignement dispensé dans les écoles de la République doit être exemplaire et donner aux jeunes français une mémoire afin de bâtir leur avenir. Il serait indigne pour l’ensemble de la Nation de passer sous silence les exactions et les répressions policières dans les territoires colonisés comme sur le territoire métropolitain, de mentir par omission en oubliant la torture et les massacres.
Or, n’avancer que le rôle positif de la présence française outre-mer et particulièrement en Afrique du Nord, sonne comme une justification de la difficulté qu’a eu la République française à reconnaître le principe de libre détermination des peuples.

De la même manière, dans son refus de regarder lucidement le passé, cet article remet en cause les avancées du travail de mémoire que la France a fait sur l’esclavage et le commerce triangulaire.

Cette disposition de la loi a déjà provoqué d’importantes réactions au sein de l’ensemble des pays concernés par la colonisation française alors que nous devons œuvrer à une réconciliation pérenne des peuples. Elle menace l’élaboration et la signature d’un indispensable traité d’amitié franco-algérien qui devrait permettre à nos deux peuples de devenir, demain, le moteur de la coopération euro-méditerranéenne comme l’a été le couple franco-allemand dans la construction européenne, après pourtant trois guerres meurtrières en 80 ans, grâce au traité d’amitié signé le 22 janvier 1963 entre la France et l’Allemagne.

L’article 4 est de ce point de vue une initiative qui met en cause l’image et le rayonnement de la France.

Tels sont les motifs pour lesquels nous vous demandons d’abroger l’article 4 de la loi n° 2005-158 du 23 février 2005 portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés.

 

 


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Published by Edgard - dans Actualité
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