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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 13:27

Marie, baisez-moi ; non, ne me baisez pas,
Mais tirez-moi le cœur de votre douce haleine ;
Non, ne le tirez pas, mais hors de chaque veine
Sucez-moi toute l'âme éparse entre vos bras ;

Non, ne la sucez pas ; car après le trépas
Que serais-je sinon une semblance vaine,
Sans corps, dessus la rive, où l'amour ne démène
(Pardonne-moi, Pluton) qu'en feintes ses ébats ?

Pendant que nous vivons, entr'aimons-nous, Marie,
Amour ne règne pas sur la troupe blêmie
Des morts, qui sont sillés d'un long somme de fer.

C'est abus que Pluton ait aimé Proserpine ;
Si doux soin n'entre point en si dure poitrine :
Amour règne en la terre et non point en enfer.

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 13:25

Je vous envoye un bouquet que ma main
Vient de trier de ces fleurs épanies,
Qui ne les eust à ce vespre cuillies,
Cheutes à terre elles fussent demain.

Cela vous soit un exemple certain
Que vos beautés, bien qu'elles soient fleuries,
En peu de tems cherront toutes flétries,
Et comme fleurs, periront tout soudain.

Le tems s'en va, le tems s'en va, ma Dame,
Las ! le tems non, mais nous nous en allons,
Et tost serons estendus sous la lame :

Et des amours desquelles nous parlons,
Quand serons morts, n'en sera plus nouvelle :
Pour-ce aimés moy, ce-pendant qu'estes belle.

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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 13:57

On reconnait le bonheur paraît-il
Au bruit qu'il fait quand il s'en va
C'était pas l' dernier des imbéciles
Celui qu'a dit ça
Le mien s'en est allé hier
Après vingt berges de sous mon toit

Ca a fait un boucan d'enfer
Je ne supporte pas
Ca fait croire un peu qu' les proverbes
Disent pas toujours n'importe quoi
Adieu l'amour, bonjour la merde
Qui tombe sur moi

C'était pas un petit bonheur pépère
D'épicerie ou de bar tabac
C'était un bonheur grand comme la terre
Même plus grand que ça
Grand comme tous les volcans d'Auvergne
Comme un palais de Maharaja
Comme le trésor dans la caverne d'Ali-Baba

P't'être qu'il était devenu fragile
P't'être qu'il était trop grand pour moi
Peu importe, toujours est-il
Je l'voyais pas

Mon amour a claqué la porte
Mais j'étais pas du bon côté
Là, pareil à une feuille morte
Sur le pavé

J'ai beau chercher auprès des potes
Le réconfort de l'amitié
Les pauvres, z'en auront plein les bottes
De m'voir pleurer
Parce que dans ces cas là mon pote
Tu te fous de la dignité
Quand tu sais que tes amours sont mortes
A tout jamais

On reconnait le bonheur parait-il
Au bruit qu'il fait quand il s'en va
C'était pas le dernier des imbéciles
Celui qu'a dit ça

Le bonheur s'est cru devoir partir
Après vingt berges de sous mon toit
Je n'ai plus qu'une envie, c'est mourir
Mais ça s'fait pas

Mon cœur ressemble à Tchernobyl
Et ma vie à Hiroshima
J'ai plus qu'une envie, c'est mourir
Ben ça viendra
J'ai plus qu'une envie, c'est mourir
Ben ça viendra

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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 13:56

            Notre vie tu l'as faite elle est ensevelie
            Aurore d'une ville un beau matin de mai
            Sur laquelle la terre a refermé son poing
            Aurore en moi dix-sept années toujours plus claires
            Et la mort entre en moi comme dans un moulin

Notre vie disais-tu si contente de vivre
Et de donner la vie à ce que nous aimions
Mais la mort a rompu l'équilibre du temps
La mort qui vient la mort qui va la mort vécue
La mort visible boit et mange à mes dépens

Morte visible Nusch invisible et plus dure
Que la faim et la soif à mon corps épuisé
Masque de neige sur la terre et sous la terre
Source des larmes dans la nuit masque d'aveugle
Mon passé se dissout je fais place au silence

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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 13:54

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?

Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine :

Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la doulceur angevine.

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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 13:25

Puisqu'on ne vivra jamais tous les deux
Puisqu'on est fou, puisqu'on est seuls
Puisqu'ils sont si nombreux
Même la morale parle pour eux
J'aimerais quand même te dire
Tout ce que j'ai pu écrire
Je l'ai puisé à l'encre de tes yeux.

Je n'avais pas vu que tu portais des chaînes
À trop vouloir te regarder,
J'en oubliais les miennes
On rêvait de Venise et de liberté
J'aimerais quand même te dire
Tout ce que j'ai pu écrire
C'est ton sourire qui me l'a dicté.

Tu viendras longtemps marcher dans mes rêves
Tu viendras toujours du côté
Où le soleil se lève
Et si malgré ça j'arrive à t'oublier
J'aimerais quand même te dire
Tout ce que j'ai pu écrire
Aura longtemps le parfum des regrets.

Mais puisqu'on ne vivra jamais tous les deux
Puisqu'on est fou, puisqu'on est seuls
Puisqu'ils sont si nombreux
Même la morale parle pour eux
J'aimerais quand même te dire
Tout ce que j'ai pu écrire
Je l'ai puisé à l'encre de tes yeux.

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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 13:24

On vient de marier le dernier.
Tous nos enfants sont désormais heureux sans nous.
Ce soir il me vient une idée :
Si l'on pensait un peu à nous,
Un peu à nous.

On s'est toujours beaucoup aimés,
Mais sans un jour pour vraiment s'occuper de nous,
Alors il me vient une idée :
Si l'on partait comme deux vieux fous,
Comme deux vieux fous.

On habiterait à l'hôtel.
On prendrait le café au lit.
On choisirait un p'tit hôtel
Dans un joli coin du midi.
Ce soir il me vient des idées,
Ce soir il me vient des idées.

On a toujours bien travaillé.
On a souvent eu peur de n'pas y arriver.
Maintenant qu'on est tous les deux,
Si l'on pensait à être heureux,
A être heureux.

Tu m'as donné de beaux enfants.
Tu as le droit de te reposer maintenant,
Alors il me vient une idée :
Comm'eux j'aimerais voyager,
Hmmm Voyager.

Mais on irait beaucoup moins loin :
On n'partirait que quelques jours
Et si tu me tiens bien la main,
Je te reparlerai d'amour.
Ce soir il me vient des idées,
Ce soir il me vient des idées.

Nous revivrons nos jours heureux
Et jusqu'au bout moi je ne verrai plus que toi.
Le temps qui nous a rendus vieux
N'a pas changé mon cœur pour ça,
Mon cœur pour ça.

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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 13:22

Moi je n'étais rien
Et voilà qu'aujourd'hui
Je suis le gardien
Du sommeil de ses nuits
Je l'aime à mourir
Vous pouvez détruire
Tout ce qu'il vous plaira
Elle n'a qu'à ouvrir
L'espace de ses bras
Pour tout reconstruire
Pour tout reconstruire
Je l'aime à mourir

Elle a gommé les chiffres
Des horloges du quartier
Elle a fait de ma vie
Des cocottes en papier
Des éclats de rire
Elle a bâti des ponts
Entre nous et le ciel
Et nous les traversons
À chaque fois qu'elle
Ne veut pas dormir
Ne veut pas dormir
Je l'aime à mourir

Elle a dû faire toutes les guerres
Pour être si forte aujourd'hui
Elle a dû faire toutes les guerres
De la vie, et l'amour aussi
Elle vit de son mieux
Son rêve d'opaline
Elle danse au milieu
Des forêts qu'elle dessine
Je l'aime à mourir

Elle porte des rubans
Qu'elle laisse s'envoler
Elle me chante souvent
Que j'ai tort d'essayer
De les retenir
De les retenir
Je l'aime à mourir
Pour monter dans sa grotte
Cachée sous les toits
Je dois clouer des notes
À mes sabots de bois
Je l'aime à mourir

Je dois juste m'asseoir
Je ne dois pas parler
Je ne dois rien vouloir
Je dois juste essayer
De lui appartenir
De lui appartenir
Je l'aime à mourir

Elle a dû faire toutes les guerres
Pour être si forte aujourd'hui
Elle a dû faire toutes les guerres
De la vie, et l'amour aussi
Moi je n'étais rien
Et voilà qu'aujourd'hui
Je suis le gardien
Du sommeil de ses nuits
Je l'aime à mourir

Vous pouvez détruire
Tout ce qu'il vous plaira
Elle n'aura qu'à ouvrir
L'espace de ses bras
Pour tout reconstruire
Pour tout reconstruire
Je l'aime à mourir

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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 13:18

        Oui, Prince, je languis, je brûle pour Thésée.

635 Je l' aime, non point tel que l' ont vu les Enfers,
        Volage adorateur de mille objets divers,
        Qui va du Dieu des Morts déshonorer la couche ;
        Mais fidèle, mais fier, et même un peu farouche,
        Charmant, jeune, traînant tous les coeurs après soi,

640 Tel qu' on dépeint nos Dieux, ou tel que je vous voi.
        Il avoit votre port, vos yeux, votre langage,
        Cette noble pudeur coloroit son visage,
        Lorsque de notre Crète il traversa les flots,
        Digne sujet des voeux des Filles de Minos.

645 Que faisiez-vous alors ? Pourquoi sans Hippolyte
       Des Héros de la Grèce assembla-t-il l' élite ?
       Pourquoi trop jeune encor ne pûtes-vous alors
       Entrer dans le Vaisseau qui le mit sur nos bords ?
       Par vous auroit péri le Monstre de la Crète,

650 Malgré tous les détours de sa vaste retraite.
       Pour en développer l' embarras incertain,
       Ma Soeur du fil fatal eût armé votre main.
       Mais non, dans ce dessein je l' aurois devancée.
       L' Amour m' en eût d' abord inspiré la pensée.

655 C' est moi, Prince, c' est moi dont l' utile secours
       Vous eût du Labyrinthe enseigné les détours.
       Que de soins m' eût coûtés cette Tête charmante !
       Un fil n' eût point assez rassuré votre Amante.
       Compagne du péril qu' il vous falloit chercher,

660 Moi-même devant vous j' aurois voulu marcher,
       Et Phèdre au Labyrinthe avec vous descendue,
       Se seroit avec vous retrouvée, ou perdue.

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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 13:14

            Mon enfant, ma sœur,

             Songe à la douceur

    D'aller là-bas vivre ensemble !

             Aimer à loisir,

             Aimer et mourir

    Au pays qui te ressemble !

             Les soleils mouillés

             De ces ciels brouillés

    Pour mon esprit ont les charmes

             Si mystérieux

             De tes traîtres yeux,

    Brillant à travers leurs larmes.

 

 

         Là, tout n'est qu'ordre et beauté,

                Luxe, calme et volupté.

 

 

             Des meubles luisants,

             Polis par les ans,

      Décoreraient notre chambre;

             Les plus rares fleurs

             Mêlant leurs odeurs

      Aux vagues senteurs de l'ambre,

             Les riches plafonds,

             Les miroirs profonds,

         La splendeur orientale,

             Tout y parlerait

             A l'âme en secret

         Sa douce langue natale.

 

 

      Là, tout n'est qu'ordre et beauté,

         Luxe, calme et volupté.

 

 

             Vois sur ces canaux

             Dormir ces vaisseaux

       Dont l'humeur est vagabonde ;

             C'est pour assouvir

             Ton moindre désir

        Qu'ils viennent du bout du monde.

             - Les soleils couchants

             Revêtent les champs,

        Les canaux, la ville entière,

             D'hyacinthe et d'or ;

             Le monde s'endort

        Dans une chaude lumière.

 

 

     Là, tout n'est qu'ordre et beauté,

           Luxe, calme et volupté.

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