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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 16:44

Je viens d'achever, pendant les "vacances" de noel, La parfaite lumière de Eiji Yoshikawa, un roman de cape et d'épée japonais qui me rapelle Les trois mousquetaires que j'ai du lire, enfant, combien de fois encore ???

En quatrième de couverture, vous lirez ce texte :

"Soudain, il vit la vérité : les techniques de l'homme d'épée n'étaient pas son but ; il cherchait une Voie du sabre qui embrassât toute chose. (...) Pour la première fois, il se demanda s'il était possible à un être humain insignifiant de ne faire qu'un avec l'univers."

Le jeune Takezô est devenu Miyamoto Musashi, redoutable samouraï.
Il sait maintenant que l'art du sabre ne s'acquiert qu'à force de sacrifices et de choix, qu'il est aussi art de la Vie.
Sur les terres entourant le mont Fuji, la belle Otsu, le disciple Jotaro et l'enfant lori suivent les traces de Musashi : ceux qui le vénèrent doivent accepter, eux aussi, la rude discipline du samouraï.
Affrontements, rencontres, épreuves et leçons : telle est la voie de la sagesse, l'unique voie menant à la parfaite lumière. Mais pour l'atteindre, Musashi doit engager l'ultime combat.


Pour moi qui n'ai pas lu le premier tome de cette saga (intitulé: La pierre et le sabre), il me fallait quelque fois revenir sur certains passages et dans l'ensemble etre très attentif car les noms des principaux personnages sont nombreux et pretent souvent à confusion (Takezo = Miyamoto Musashi).
Mais dans l'ensemble, j'ai beaucoup apprécié cette oeuvre qui, au-delà d'une narration classique (compétition et rivalité entre deux personnages extraordinaires, Musashi et Kojiro, narration agrémentée d'une histoire d'amour impossible entre Musashi et Otsu) nous avons là l'histoire d'une quete personnelle du héros qui se débarasse peu à peu de tout ce qui est superficiel dans la vie (ambition, liens conjugaux) et va sans cesse vers l'essentiel (la solitude, l'humilité, la simplicité, la maitrise de son art et la création dans son art).

Je l'ai lu lentement, savourant chaque page, mais je sais que je le relirai bientot et y découvrirai d'autres trésors inaperçus. Je crois y avoir capté un peu de cette ame japonaise. Tout comme, à la télé, au début des années 90, je l'entendais à travers cette phrase d'un vieil homme japonais réagissant, à une menace américaine : "c'est pas parcequ'ils ont gagné en 1945 qu'ils vont nous obliger à manger leur riz ! "  

Sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Musashi_Miyamoto  vous pourrez retenir ceci:

La Voie à suivre seul
  • Ne pas contrevenir à la Voie immuable à travers les temps.
  • Éviter de rechercher les plaisirs du corps.
  • Être impartial en tout.
  • N'être jamais cupide durant toute la vie.
  • N'avoir aucun regret dans les affaires.
  • Ne jamais jalouser autrui en bien ou en mal.
  • Ne jamais être attristé par toutes séparations.
  • N'éprouver aucune rancune ou animosité vis-à-vis de soi ou des autres.
  • N'avoir aucun désir d'amour.
  • N'avoir aucune préférence en toutes choses.
  • Ne jamais rechercher son confort.
  • Ne jamais rechercher les mets les plus fins afin de contenter son corps.
  • Ne jamais s'entourer, à aucun moment de la vie, d'objets précieux.
  • Ne pas reculer pour de fausses croyances.
  • Ne jamais être tenté par aucun objet autre que les armes.
  • Se consacrer entièrement à la Voie sans même craindre la mort.
  • Même vieux n'avoir aucun désir de posséder ou d'utiliser des biens.
  • Vénérer les bouddhas et divinités mais ne pas compter sur eux.
  • Ne jamais abandonner la Voie de la tactique.

L'enseignement de Musashi peut se ramener à neuf principes

  1. Éviter toutes pensées perverses
  2. Se forger dans la voie en pratiquant soi-même
  3. Embrasser tous les arts et non se borner à un seul
  4. Connaitre la Voie de chaque métier, et non se borner à celui que l'on exerce soi-même
  5. Savoir distinguer les avantages et les inconvénients de chaque chose
  6. En toute choses, s'habituer au jugement intuitif
  7. Connaitre d'instinct ce que l'on ne voit pas
  8. Prêter attention au moindre détail
  9. Ne rien faire d'inutile
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4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 17:41

L’hommage à Senghor peut sembler un exercice convenu : il s’agirait de bien dire du bien de cet homme de Lettres et homme d’Etat sénégalais. Ce ne sera pas notre projet au cours de cette communication. Nous voulons analyser ses poèmes et sa représentation  de la femme, de la femme noire et de la femme blanche. A partir de là, nous allons révéler toute la complexité de ce grand poète africain, chantre de la négritude. Il ne s’agira pas de le critiquer ni de le dénigrer, il s’agira de tenter de le comprendre. Négresse blonde ou ambiguïté de l’image de la femme chez Senghor. Ce titre permet déjà d’en deviner les articulations. Nous évoquerons tout d’abord les femmes dans sa vie et les femmes de sa vie, puis nous analyserons les représentations de la femme dans sa poésie avant d’en souligner l’ambiguïté de l’image et l’ambiguïté des rapports qu’il entretient avec elle.

Les femmes dans sa vie                                                                                                                      Les femmes ont joué un rôle éminent dans la structuration de la personnalité de Senghor.  
Tout d’abord, il faut évoquer le passé historique expliquant les valeurs morales de ce peuple guerrier et pasteur que sont les Sérères. Deux princesses de sang royal fondent le royaume du Sine dont la mère de Sira-Badral. Ce sont là des archétypes qui vont jouer le rôle de modèles pour Senghor, tant sur le plan littéraire (poétique) que sur le plan politique. Ensuite, il faut rappeler que le peuple sérère pratique le matriarcat, c’est-à-dire que le pouvoir se transmet d’oncle à neveu par le truchement de la mère, ce qui permet de comprendre pourquoi Senghor dédiera un poème à Waly Bakoum, le frère de sa mère « Toko Waly ». Enfin, les sept premières années de Senghor se passent à Djilor, dans sa famille maternelle, auprès de sa mère Guilane, son père étant polygame et comptant une vingtaine d’enfants. Senghor grandit avec une nourrice, Nga la poétesse. Enfant gâté, jugé trop turbulent, il est envoyé à partir de sept ans au catéchisme par son père, au séminaire Nga-sobil. Il envisagera même devenir prêtre…

Les femmes de sa vie                                                                                                                             A la différence de son père, polygame ayant eu plusieurs enfants, Senghor sera monogame et n’aura que trois enfants, dont deux mourront accidentellement. La postérité retiendra que seules deux femmes compteront dans sa vie sentimentale : Ginette Eboué, la guyanaise qu’il épouse à 40 ans en 1946 et dont il aura deux enfants. Ils divorceront en 1955 et c’est Colette Hubert, la française, qu’il épousera pour la vie en 1955 et dont il n’aura qu’un fils, décédé en 1981 dans des circonstances tragiques. Ces deux femmes, qu’il aimera intensément mais de façon différente, marqueront sa vie et sa poésie.

Les femmes dans sa poésie                                                                                                         Influencé tant dans sa vie que par les exemples littéraires des troubadours et de Baudelaire, Senghor chantera tour à tour la négresse (Femme noire, Nuit de Sine) et la blonde (Femmes de France, Pour Emma Payelleville…) avec autant d’ardeur, mais certes pas avec autant de bonheur, car la postérité retiendra le poème sensuel Femme noire  plutôt qu’un autre. Mais au-delà de cette première distinction raciale, bien superficielle, nous analyserons les différents visages de la femme que sa poésie révèle.

La négresse prend les masques de la mère, de la nourrice, de la poétesse, de l’épouse, de la muse, des pleureuses et de la vierge. On distingue ainsi la femme mature de la fille immature. Au passage, signalons l’image d’une femme déviante : la fille libérée. Senghor apparaît ainsi comme un conservateur, décrivant la femme noire dans des rôles bien définis socialement et culturellement.

La femme blanche est évoquée à travers les figures des épouses de résistants, de l’infirmière, de la prostituée, de l’Absente, de la Princesse, de la muse, de la mère, de la sœur. Chez cette femme, ce ne sont pas les qualités physiques qui sont valorisées, mais beaucoup plus les qualités morales, même si cela n’empêche pas de faire aussi le portrait fidèle d’une déviante : la prostituée.

Pourquoi une telle différence dans le portrait de la femme noire et de la femme blanche ? Serait-ce le déclin de sa libido ? Faut-il envisager chez le poète de la négritude une perception différente dans la nature de ces deux femmes ? Seul l’auteur de la citation ambiguë « l’émotion est nègre, la raison est hellène » pourrait répondre.

Ambiguïté de l’image de la femme chez Senghor

La comparaison des représentations de la femme noire et de la femme blanche dans la poésie de Senghor révèle non seulement des images récurrentes, mais aussi des différences lourdes de sens.                       Ainsi, la femme sera toujours sensuelle, qu’elle soit blanche ou noire.                                               Certains mots sont récurrents : « mains, lèvres, sexe, yeux, bouche ».                                                     Mais d’une part la femme noire a un caractère male dans la voix qui en fait une femme-homme et d’autre part la femme blanche a un aspect intellectuel dont la femme noire est dépourvue, aussi peut-on dire que la femme blanche, pour Senghor, est une femme savante.

A la différence de la femme noire, la femme blanche ou savante peut entretenir des rapports intellectuels, spirituels. Et les rapports de Senghor avec ces femmes révèlent une autre différence. Si c’est une tradition poétique, des troubadours aux poètes surréalistes, de se montrer soumis à la dame de son cœur, avec la femme noire seulement voit-on Senghor dominant.

Comme tout être vivant, Senghor est complexe. La reconnaissance de ce fait et son acceptation par lui-même en font aussi un poète. Ne dit-il pas dans un poème extrait de Chants d’ombre (Que m’accompagnent koras et balafons) :           Nuit qui fonds toutes mes contradictions, toutes contradictions dans l’unité première de ta négritude.                                                                                                                                   L’image de la femme chez Senghor nous semble ambiguë, tout comme l’est la mort pour lui, mort dont il dira, dès 1976 : « le chrétien en moi pense que je serai associé à Dieu. Par ma part négro-africaine, je sens que je serai associé à la vie de mon père, à la vie de mes ancêtres. » (Notre Librairie n° 147 de janvier-mars 2002). Né Français et mort Franco-sénégalais, Senghor a vécu jusqu’au bout  le destin de ceux qui ont connu la colonisation puis les soleils des indépendances en essayant de rester eux-mêmes, sans renier la part négro-africaine, ni la part occidentale, francophone en eux.                                                                                    A bien des égards, il apparaît comme le prototype du métis culturel et l’incarnation de l’honnête homme.

Annexes :extraits

La mère, la nourrice, la poétesse

Servante, suspend ton geste de statue et vous, enfants, vos jeux et vos rires d’ivoire, L’ouragan                                                                                                                                 Femme, pose sur mon front tes mains balsamiques, tes mains douces plus que fourrure.     
Pas même la chanson de nourrice. l’enfant sur le dos de sa mère
, Nuit de Sine                
Femme nue, femme noire

J’ai grandi à ton ombre, la douceur de tes mains bandait mes yeux. Femme noire

Mère sois bénie !

Je repose la tête sur les genoux de ma nourrice Nga, de Nga la poétesse, A l’appel de la race de Saba

Mère, Ndessé

Les berceuses, Camp 1940

Les poétesses du sanctuaire m’ont nourri, Que m’accompagnent koras et balafongs

 

L’épouse, la muse

Femme, allume la lampe au beurre clair,

Ma tête sur ton sein chaud comme un dang au sortir du feu et fumant, Nuit de Sine

Et voilà qu’au cœur de l’été et de midi, je te découvre terre promise du haut d’un haut col calciné

Femme nue, femme obscure !

Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fait lyrique ma bouche

Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses ferventes du Vent d’est

Tam-tam sculpté, tam-tam tendu qui grondes sous les doigts du Vainqueur

Ta voix grave de contre -alto est le chant  spirituel de l’Aimée.

Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta peau, Femme noire

Tu es femme par ma tête par ma langue, car tu es femme par mon ventre

Ma Sao mon amante aux cuisses furieuses, aux longs bras, Congo

Buisson odorant de l’aisselle

Ma négresse blonde d’huile de palme à la taille de plume

Cuisses de loutre

Seins de rizières mures

Nolivé aux bras de boas, aux lèvres de serpent-minute

Nolivé aux yeux de constellation

L’ivresse du lait de sa bouche, Chaka

 

Les pleureuses, la vierge

Les pleureuses, Aux tirailleurs sénégalais morts pour la France

La danse des filles nubiles, Joal

Vos filles, m’a-t-on dit, se peignent le visage comme des courtisanes

Elles se casquent pour l’union libre et éclaircir la race ! Le message

Jeunes filles aux seins debouts, L’Absente

Les vierges du Gandyol, Taga de Mbaye Dyob

Quarante vierges à chanter ses gestes, Congo

Grâces à la jeune fille nubile au ventre de douceur n’deissane ! à la croupe de colline à la poitrine de fruits de rôniers, Messages

Les épouses de résistants, l’infirmière, la mère, la sœur                                                        EMMA PAYELLEVILLE                                                                                                                 Toi la si faible et frêle jeune fille                                                                                          
Tes yeux                                                                                                                              
Tes mains découvrir, tes mains extirper les nœuds de leurs misères                                 
Toi couleur de lait  et d’enfant                                                                                           
Ton visage lumineux,
Pour Emma Payelleville l’infirmière                                                    
Femmes de France et vous filles de France                                                                         
Laissez-moi vous chanter                                                                                                         
Vos lettres ont bercé leurs nuits de prisonnier                                                                 
Pour eux vous fûtes mères, pour eux vous fûtes sœurs,
Femmes de France

L’épouse, l’Absente, la Princesse, la muse                                                                                   Mon empire est celui d’Amour, et j’ai faiblesse pour toi femme                           
L’Etrangère aux yeux de clairière, aux lèvres de pomme cannelle au sexe de buisson ardent, Le Kaya-Magan                                                                                                              
Tes yeux d’or vert qui changent comme la mer sous le soleil                                         
Tes oreilles d’orfèvrerie, tes poignets de cristal                                                                 
Ton nez d’aigle marin, tes reins de femme forte,
Epitres à la Princesse                                  
Au
soleil s’allument les maisons de Gorée                                                                              Pareilles à tes yeux les soirs de réception, Retour de Popenguine                                              
J’ai vu le soleil se coucher dans les yeux bleus d’une négresse blonde, Nocturnes             
Où es-tu donc, yeux de mes yeux, ma blonde, ma Normande, ma conquérante ? Elégie des Alizés                                                                                                                                        
Ses mains d’alizés qui guérissent des fièvres                                                                       
Ses paupières de fourrure et de pétales de laurier-rose                                                     
Ses cils ses sourcils secrets et purs comme des hiéroglyphes                                              
Ses cheveux bruissants comme un feu roulant de brousse la nuit                                                  Tes yeux ta bouche, L’Absente

La prostituée                                                                                                                           
ces grandes filles d’or aux jambes longues.                                                                            
Pas un sein maternel, des jambes de nylon. Des jambes et des seins sans sueur ni odeur.   
Pas un mot tendre en l’absence de lèvres, rien que des cœurs artificiels payés en monnaie forte.
        A New York

La femme-homme ou l’hermaphrodite                                                                                   
Ta voix grave de contre-alto (la plus grave des voix de femme), Femme noire                    
les contes des veillées noires les bercent, et les voix graves qui épousent les sentiers du silence,
Camp 73                                                                                                                           
Et devisent à son ombre lunaire les épouses de l’Homme de leurs voix graves et profondes,
A l’appel de la race de Saba                                                                                                     
mêlant sa voix grave au cœur de l’aube la femme visage noir et tête de fauve,
A la mort        
La différence est nette avec la voix de la vierge : des chœurs la voix plus faible des vierges se fait tendre, Prière des tirailleurs sénégalais

La femme savante                                                                                                                  
J’ai pris goût aux choses de l’esprit                                                                                              
J’ai dessein de méditer tes énigmes, Et tu décoches tes énigmes qui fulgurent comme couteaux de jet ; Comme rosée du soir, ton épître a fait mes yeux frais mon cœur / Mon désir est de mieux apprendre ton pays de t’apprendre. Grâces pour ton épître son dire sa substance,
Epitres à la Princesse                                                                                                                 
J’aime ta lettre, Lettres d’hivernage       

Soumis à l’une comme à l’autre  on le voit à travers ces passages :                                        
ma force s’érige dans l’abandon, mon honneur dans la soumission, Congo ;                        
j’ai faiblesse pour toi femme, ma Normande, ma conquérante, Elégie des Alizés

Dominant envers la femme noire ainsi apparaît-il à travers                                               
Tam-tam sculpté, tam-tam tendu qui grondes sous les doigts du Vainqueur
, Femme noire

Tu es femme par ma tête par ma langue, car tu es femme par mon ventre, Congo

 

 

 

 

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4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 17:20

Au Gabon, on aime à parler du père du théatre gabonais, Vincent de Paul Nyonda.Mais où est la mère ? Que sont les fils devenus ? Le théatre est le genre mineur de la littérature au Gabon, pourtant son impact social est indéniable et bien plus important que le roman ou la poésie.
Dans les années 80, on peut citer La folle du Gouverneur de Laurent Owondo.
Dans les années 2000, Péronelle de Ludovic Obiang et tout récemment (en décembre 2008) Tant que les femmes auront des couilles, toujours du meme auteur.
En manque de nouveles pièces, les metteurs en scènes sont obligés d'adapter certains romans.
Tel AWU, adaptation du roman de Justine Mintsa mis en scène par Michel Ndaot.

Avec Julienne Obika, Kyara Bongo et Kouélé Tonda.

1ère représentation jeudi 9 novembre 2006 (en présence de l’auteur), 2ème représentation le 13 décembre 2006 au Centre Culturel Français.

Après l’adaptation du roman de Kourouma mis en scène par Catherine Boskowitz « Allah n’est pas obligé » le 3 novembre 2006 au Centre Culturel Français, on constate tout simplement qu’il semble y avoir une crise du théâtre africain en générale et gabonais en particulier. L’absence de textes dramatiques de qualité, en effet, contraint les metteurs en scène à recourir à l’adaptation de romans africains…De qualité ? Voire…

La soirée fut plaisante et les spectateurs n’ont pas boudé leur plaisir : grâce à l’habile mise en scène de Michel Ndaot et au talent des trois acteurs, la trame narrative de Histoire d’Awu gagne une valeur ajoutée et le thème suranné du conflit entre tradition et modernité passe au second plan, faisant place au drame kafkaïen des victimes de la bureaucratie et de l’incompétence. On retrouve ici les thèmes chers à l’auteur, Justine Mintsa : amour, couple exemplaire, féminisme, mort, tradition aliénante. Comme un motif qu’elle tisse patiemment, obstinément…Jusqu’à épuisement du filon ?

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9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 12:48

L’Association des Ecrivains de Langue Française (ADELF), cette année, a décerné le Grand Prix Littéraire d’Afrique noire (48ème édition) à Jean Divassa Nyama, pour son roman La vocation de Dignité, publié il y a quelques années et  réédité cette année aux éditions Ndzé.

Après Sandrine Bessora Nang Nguéma, lauréate en 2007, pour son roman Cueillez-moi, jolis messieurs, publié aux éditions Gallimard.

 

 Jean Divassa Nyama est l’auteur des romans Oncle Ma (1991), La vocation de Dignité (2001), Le bruit de l’héritage (2002),  le voyage de l’oncle Ma (2008)…, publiés à compte d’auteur puis aux éditions Nzé.

 

Une distinction majeure pour la littérature gabonaise et qui va certainement redonner un second souffle à la carrière d’un auteur dont il faut louer la persévérance, la patience et la présence permanente.

 

Et une invitation à lire ou relire ce roman présenté au public il y a quelques années par Pascal Mulangui Binéné, enseignant de philosophie et président de  l’Union Gabonaise des Enseignants pour la Culture et la Francophonie (UGECF) depuis 2006.

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29 septembre 2008 1 29 /09 /septembre /2008 13:38

Etudier/lire Le Prophète de Khalil Gibran ou comment faire vivre les identités francophones, par Edgard B. Bokoko

L’anglais, l’espagnol, l’allemand, l’arabe sont des langues enseignées dans le système scolaire gabonais, tout comme le français qui est également langue d’enseignement.
Mais si l’enseignement de la langue française est accompagnée, voire renforcée par l’enseignement de la littérature (classique) française, pourquoi en est-il autrement pour les autres langues enseignées ?
Est-il normal qu’un élève ait son bac, aie des rudiments en anglais, en espagnol, en allemand, en arabe tout en ignorant les écrivains classiques ou contemporaines de ces aires linguistiques et culturelles ?
Si la liste des œuvres au programme est surannée, c’est notre droit et notre devoir d’enseignants de la renouveler en intégrant des œuvres d’autres pays et cultures.
C’est de cette façon que l’on fera vivre les identités francophones notamment.
Ce sera également l’occasion d’initier des projets interdisciplinaires associant deux enseignants de langues, l’un de français, l’autre d’arabe, par exemple.
Le Prophète, recueil de poèmes philosophiques de Khalil Gibran, est une œuvre qui devrait être lue et étudiée en Terminale en associant le professeur de philosophie et celui d’arabe.
Le professeur de philosophie parce que 14 poèmes portent sur des chapitres au programme : l’amour, le travail, les lois, la liberté, la raison et la passion, la douleur, la connaissance de soi, la parole, le temps, le bien et le mal, le plaisir, la beauté, la religion, la mort.
Le professeur d’arabe pourrait présenter l’auteur, libanais ayant longtemps vécu aux Etats-Unis ; lire et étudier en arabe un texte ou un groupement de textes.
Le professeur der français pourrait définir la notion de poète prophète présente chez Arthur Rimbaud, Victor Hugo, Aimé Césaire, Walt Whitman et Khalil Gibran.
Tel est le projet que nous réaliserons pour le 16 novembre 2008, journée mondiale de la tolérance.

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15 mars 2007 4 15 /03 /mars /2007 14:48

Viens mon amour loin des rues

où des yeux hostiles nous divisent,

et où les vitrines reflètent nos différences.

Repose à l’abri de ma chambre fidèle.

 

Là, hors d’atteinte des propos laissés

derrière moi, je puis ne voir que toi

et dans mes yeux noirs tes yeux gris

vont se dissoudre.

La lumière des bougies projette

deux ombres noires sur le mur

et puis une, quand je me rapproche de toi

 

Lorsqu’enfin, s’éteignent les lumières

et que je sens ta main dans la mienne

deux souffles humains se rejoignent

et le piano tisse

son incomparable harmonie.

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15 mars 2007 4 15 /03 /mars /2007 14:40

 Honte à qui peut chanter pendant que Rome brûle,
S'il n'a l'âme et la lyre et les yeux de Néron,
Pendant que l'incendie en fleuve ardent circule
Des temples aux palais, du Cirque au Panthéon !
Honte à qui peut chanter pendant que chaque femme
Sur le front de ses fils voit la mort ondoyer,
Que chaque citoyen regarde si la flamme
Dévore déjà son foyer !

Honte à qui peut chanter pendant que les sicaires
En secouant leur torche aiguisent leurs poignards,
Jettent les dieux proscrits aux rires populaires,
Ou traînent aux égouts les bustes des Césars !
C'est l'heure de combattre avec l'arme qui reste ;
C'est l'heure de monter au rostre ensanglanté,
Et de défendre au moins de la voix et du geste
Rome, les dieux, la liberté !

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