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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 12:44

        Le Singe et la Tortue étaient amis. Un jour le Singe dit à la Tortue : «  viens donc manger chez moi demain. »
 

_  Oui » répondit la Tortue.

Le lendemain, elle se rendit  chez son ami. A son arrivée, le Singe et elle s’embrassèrent.

 

        Or, le Singe avait préparé des mets forts appétissants.
Mais le drôle les avait fait porter au haut d’un arbre.
Il dit donc à la Tortue : « Amie, monte le dîner est prêt. »

         La Tortue essaya de grimper. Mais peine inutile. Elle y perdait ses ongles l’un après l’autre.

         N’en pouvant plus, elle dit au Singe : « Ami, il m’est impossible de monter si haut. »

_ Essaie encore lui dit le Singe, tu y arriveras. »

         La Tortue essaya de nouveau, mais toujours en vain.
De guerre lasse, elle dit au Singe : «  Au revoir, ami ! je m’en retourne chez moi. Toi aussi, viens me voir demain. »

 

         Le lendemain, à l’heure du dîner, le Singe se mit en route pour rendre visite à la Tortue.

         A son arrivée, celle-ci l’embrassa, lui fit apporter un siège, puis ils se dirent bonjour et se donnèrent réciproquement des nouvelles de leur santé. Ensuite, elle ajouta : « Ami, voici de l’eau, lave-toi vite les mains le dîner est servi. »

 

         Le Singe qui sentait le bonne odeur des mets préparés par la Tortue, prit de l’eau pour se laver les mains. Mais elles étaient noires. Alors la Tortue lui dit : " Prends aussi un peu de sable et frotte-toi fort, tu verras que tes mains seront bientôt blanches ! "

 

         Le Singe se frotta les mains de toutes ses forces, mais sans succès. Voyant qu’il perdait son temps et que la sang coulait, il dit à la Tortue : « Amie, je te remercie de ton invitation, mais il ne m’est pas possible de me blanchir les mains pour me mettre à table. Au revoir. »
 

_ Au revoir répondit la Tortue, et surtout pas de rancune ! Je t’ai rendu aujourd’hui ce que tu m’as fait hier… »
 

         Ceci n’est qu’un conte : « mais que d’un bout à l’autre du village, les gens le retienne ! J’ai dit… Dusavu dwami du ènda kodu du ènda banda ! Gikokodo ! Kodo !
 

        Conclusion. – A trompeur, trompeur et demi.

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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 12:41

_ Je pourrais te tuer, si je le voulais, déclara brusquement le frêle Moustique à l’énorme Eléphant. »

 

_ Toi ? Moustique me tuer, moi Eléphant ! Mais tu ne t’es donc pas regardé dans une glace ? » répliqua l’Eléphant, en éclatant de rire.

 

_ Je te répète que, si je le voulais, il ne me serait pas difficile d’ôter la vie, malgré la disproportion de nos forces » riposta le Moustique.

 

_ Eh bien ! soit ! chétif insecte », dit l’Eléphant vexé de cette insistance.

 

_ Non, non, non, pas en plein jour repris le Moustique. Moi je ne me bats que la nuit. En attendant, je te préviens, aiguise bien ton grand coutelas, car la lutte sera longue et terrible. »

 

        La nuit venue, l’Eléphant se prépare au combat, cambre sa taille et attend de pied ferme, certain de vaincre.

         Comme il fait noir, il cherche son ennemie dans l’obscurité.

 

 _  Moustique, où es-tu ? Que je t’assomme. »

 _ Sur la tête de ta femme. »

 

Vlan ! un grand coup de couteau sur la tête de sa femme et celle-ci tombe morte, le crâne fendu.

 

_ Où donc es-tu, vil insecte ? »   

- Sur le cou de ta seconde femme. »
 

Vlan ! un autre coup de couteau tranche la tête de la seconde femme.
 

_  Encore une fois, où es-tu vilaine bestiole ? »
 

_ Sous le ventre de ton fils. »
 

       L’Eléphant qui commence à s’énerver, envoie un grand coup de couteau à son fils et lui ouvre le ventre. Encore un mort.

_ Mais enfin où es-tu, diable de Moustique ? »

_ Sous ton propre ventre espèce de sot. »

 

       De plus en plus furieux, et voulant en finir avec ce misérable avorton qui le défie et l’agace, lui le Roi du règne animal, l’Eléphant se loge son grand coutelas dans le ventre. Toutes ses entrailles sont à découvert et se répandent sur tout le sol, et bientôt lui-même s’écroule comme une masse et …expire, tandis que le Moustique victorieux va partout annoncer sa victoire…

 

        Moralité. – De tout cela, on peut retirer les conclusions suivantes : il ne faut jamais faire fi de personne !

        Nos ennemies les plus faibles sont parfois les plus redoutables.

       Quand on a peu de force, il faut de l’esprit.

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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 12:37

        Le Léopard et la Tortue étaient autre fois deux amis intimes.
Ils habitèrent longtemps le même village avec leurs femmes et leurs petits, des années et des années…

        Puis, un beau jour, on ne sait pourquoi, ils se séparèrent et chacun d’eux alla s’installer dans un nouveau village.

        Au bout d’un certain temps,  la Tortue eut besoin d’une certaine somme d’argent qu’elle alla emprunter au Léopard, son ancien copain.

        Mais quand arriva le terme fixé pour le remboursement de cette dette, la Tortue refusa de payer l’argent du Léopard.

        Alors le Léopard se décida d’aller le lui réclamer.

         Mais il ne trouva que la femme de la Tortue à la maison. Son mari venait de s’absenter.

         Le Léopard, renforçant la voix pour intimider la bonne femme, lui demanda : « Où est parti ton mari ?  Je veux le voir tout de suite. »

         Tandis qu’ils discutaient tous deux, ils aperçurent au loin Maître Tortue qui s’avançait avec une calebasse sous le bras, une énorme calebasse remplie de vin palme.

          Vite, l’astucieuse Tortue fait signe au Léopard de s’approcher et elle lui rempli un grand verre de vin. Le Léopard accepte le verre de vin et le vide d’un seul trait.  Puis, oubliant l’argent qu’il était venu réclamer, il demande à la Tortue :

_  Mon cher ami, comment as-tu fais pour avoir cette délicieuse boisson ? »  

_  Oh ! ce n’est pas bien difficile. Lorsque tu rentreras chez toi, tu commanderas à tous les petits d’abattre tous les bananiers de ton  village. Ensuite, ils perceront de trous tous les troncs et placeront des récipients à côté pour recueillir le liquide.
 

          De retour chez lui, le Léopard suit à la lettre les indications de la Tortue. Mais il ne lui faut longtemps pour se rendre compte que la Tortue l’a trompé.

          Furieux, il se rend une seconde fois chez la Tortue.
De nouveau il l’a trouve absente. Sa femme seule se tenait dans la cour.

         En voyant venir le Léopard, elle entre précipitamment dans la cuisine et se met à préparer une sauce dont l’odeur fait venir l’eau à la bouche.

          Quelques instants après, la tortue paraît et la table est servie.
La Tortue et le Léopard se mettent tous deux à manger.
Le repas terminé, le Léopard s’enquiert de la façon de préparer la fameuse sauce qu’il vient de manger.

 

          « Voici comment on la prépare, lui répond la Tortue.
Tu appelles ta mère et lui arrache les deux yeux que tu donnes à cuire à ta femme. Avec cela, elle te préparera une sauce pareille à celle que tu as trouvée si appétissante. »

 

           Sur ce le Léopard retourne chez lui et arrache aussitôt les deux yeux de sa pauvre mère, sans se douter que la Tortue l’a encore trompé.

Mais il trouva la sauce si insipide qu’il poussa des rugissements de colère que l’on entendit à plusieurs lieues à la ronde et, sans plus tarder, il se rendit en toute hâte au village de la Tortue, résolu à lui régler son affaire.
 

        Pour la première fois, il ne trouva que la mère Tortue seule au logis.

        Maître Tortue se fit attendre assez longtemps, pensant que la colère du Léopard aurait ainsi le temps de se calmer.
Enfin, voulant en finir à tout prix, la Tortue invente un nouveau stratagème.
Elle va s’enfermer dans une case et commande à sa femme d’y mettre le feu. En quelques minutes, la case est réduite en cendres.
On croit la Tortue morte. Mais bientôt on la voit sortir de dessous les cendres avec une carapace plus luisante que jamais, et chantant à pleins poumons…

 

        Le Léopard, voyant cela, croit pouvoir agir de même.
Mais lorsque la case s’écroule sous l’incendie, il ne reste de lui que quelques ossements calcinés.

 

        Et voilà où en arrivent les imbéciles et les gens trop crédules.

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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 12:33

Il arriva une fois que le Devin (Dikoundou) vint trouver la Mouche et lui dit :

 

_ Je parie que toi qui découvres tout, tu ne me trouverais pas si je me cachais. »

 

_ C’est peut-être le contraire que tu veux me dire ! » répliqua la Mouche.

 

_ Demain donc, reprit le Devin, nous nous rencontrerons dans la plaine voisine. Je me cacherai et tu me trouveras où je suis. »

 

_ Entendu répondit la Mouche. Demain nous nous rencontrerons. Mais, au lieu d’aller dans la plaine, nous irons dans le bosquet d’à côté. »

 

      Le lendemain, de très grand matin, le Devin et la Mouche se trouvèrent au rendez-vous, à l’heure fixée. Alors le Devin s’adressant à son adversaire, lui dit : « Regarde bien, je vais disparaître à tes yeux et tu me chercheras. »

 

_  Attend un peu, je vais te tourner le dos et tu te cacheras ensuite. »

 

      Une fois son concurrent disparu, la Mouche se retourne et ne voit plus personne. Aussitôt, elle fend les airs et se dirige à tire-d’aile jusque vers le firmament. Elle plonge ensuite ses regards sur la terre et descend tout droit à l’endroit où se trouve le Devin.

 

       Il en fut ainsi toute la journée. Partout où le Devin se dissimulait, la Mouche le découvrait immédiatement.

 

       Le soir venu, les deux copains rentrèrent au village, en se promettant de revenir le lendemain mais en changeant de rôle.

       Dès le lever du jour, ils se trouvèrent tous les deux au rendez-vous, à l’heure convenue.

        Quand le Devin tourna le dos à son tour,  la Mouche voleta d’abord çà et là, puis revint se poser tout doucement sur sa nuque.

 

        Celui-ci en se retournant, ne la revit plus…  Il eut beau la chercher jusqu’au soir, à droite et gauche, en haut et en bas, par devant et par derrière, impossible de la trouver.

         Enfin, tout confus, il se décida à rentrer chez lui.

Tout à coup, à l’entrée du village, il aperçoit la Mouche qui venait de quitter la nuque sur laquelle elle se tenait bien tranquillement.
Elle tournoie autour de lui. Puis elle se présente à lui, en disant :
« Et bien ! toi qui te croyais bien plus malin que moi !
Hier, je t’ai découvert sans peine partout où tu tes caché.
Et aujourd’hui, tu m’as cherché en vain toute la journée, sans te douter le moins du monde que j’étais perché sur toi !
Avoue donc que tu as trouvé plus malin que toi, tout Devin que tu es ! »

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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 12:31

_ Les  fruits sont mûrs, ils passent vite hâtons-nous d’aller les ramasser », dit le Rat Fouisseur.
 

_  Les fruits sont mûrs, ils dureront, ne nous pressons pas », dit le Porc-Épic.

 

       A la saison des pluies, le Rat Fouisseur ramassa donc beaucoup de fruits et apporta de l’eau dans sa case creusée sous la terre, de l’eau dans les coquilles de limaçon. Puis, il attendit…

       A la saison sèche, plus de fruits, plus d’eau.

 

       Son voisin, le Porc-épic, vient lui porter plainte et mendier près de lui.

 

       Le Rat Fouisseur lui répondit : « j’ai besoin de garder mes provisions, car je suis sot, dit-on et un peu lourd ; mais  toi, tu es malin et tu cours vite. Va chercher. A qui sait courir, la forêt ne refuse jamais ce qu’il faut pour vivre. »

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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 12:28

Un jour, le père Léopard et le père Tortue devisaient tranquillement autour du feu.

         Tout à coup, le Léopard s’écrie en s’adressant à la Tortue :

_  « Ah quelle belle baignoire ta carapace ferait pour laver mon petit ! »

_  « Et ta peau donc- riposta la Tortue- quelle belle courroie elle ferait pour le mien ! »

         Il faut vous dire que leurs épouses, dame Léopard et dame Tortue attendaient chacune un bébé…

        Après les couches,  la Tortue, se rappelant les paroles du Léopard et craignant d’être victime de ses instincts pervers, prend les devants et se prépare à lui jouer un bon tour.

        Elle empoigne donc sa hache et se rend à la forêt pour abattre un arbre.

      Aux coups de hache, la petite Antilope-Souris  accourt à toute vitesse pour voir d’où vient le bruit.

_ « Tiens ! c’est toi, Tortue, qui fais tant de bruit- dit-elle d’un air étonné ! Mais que vas-tu donc faire avec cet arbre ? »

_ « Je voudrais avoir quelques bûches pour ma femme qui vient d’accoucher. »

_ « Ypenses-tu ! Tu ne pourras jamais transporter ce bois lourd sur ton dos. »

_ Tu dis ! Eh bien couche-toi un peu sur cette « moutète » (sorte de hotte) et tu verras si je suis pas capablede transporter une charge de bois.

 

       L’Antilope-Souris se couchesans méfiance sur la « moutète ». Aussitôt la Tortue saisi une corde solide et ligote le étroitement la pauvre petite bête, puis elle lui assène un coup de hache sur la tête et emporte la viande au village…

 

       Le lendemain et les jours suivants, la même scène se renouvelle avec l’Antilope « éziwoé », l’Antilope « mbindé », l’Antilope « ndjiwo », le phacochère, etc, etc.

 

       Enfin, un beau matin, maître Léopard arrive à son tour :

_ « Ah ! ah ! te voilà, Tortue ? Et moi qui te cherche depuis plusieurs jours. Mais que fais tu donc ici ? »

_ J’ai abattu non sans peine, ce gros arbre que je suis entrain de tronçonner pour avoir quelques bûches à la maison. »

 

_ « Mais mon pauvre ami, tu ne pourras jamais transporter du bois si lourd. »

_ « Jamais dis-tu ? JE vais te prouver que si. Couche-toi donc sur cette « moutète » que j’ai tressée exprès pour transporter mon bois, et tu verras si je suis capable ou non de transporter un fardeau sur mon dos ! »

 

        Le Léopard, qui ne soupçonne pas le piège, s’étend de tout son long sur la « moutète ». Sans perdre de temps, la Tortue le ligote fortement de manière à ce qu’il ne puisse plus bouger. Puis, d’un grand coup de hache,  elle lui fend le crâne et emporte sa charge toute sanglante au village. Là, elle dépouille la bête et taille dans sa peau une large bande dont-elle fait une bandoulière pour porter son petit.

 

Conclusion. – Tel est pris qui croyait prendre.

 

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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 19:47
Je viens de revoir Le cercle des poètes disparus. Je l’ai vu la première fois en 1989. Carpe diem, seize the day… Tiens, je croyais que c’était dans Titanic… La confusion s’explique : dans Titanic aussi, Jack incarne la philosophie épicurienne Carpe diem… Chercher, trouver et ne rien céder… Quel beau film ! C’est une véritable œuvre d’art, c’est un poème. Un film-poème. Robin Williams, dans le rôle du professeur Kitting est peut-être au somment de son art. Pourtant, je me demande si vraiment un enseignant, quel qu’il soit, peut réellement avoir une telle influence sur de jeunes esprits. Oui, pour Socrate, Alain, Sartre, de Beauvoir… En ce qui me concerne, je crois que j’essaie d’enseigner tout en étant le plus naturel possible. Je crois que souvent le cours de français (entre autres) est d’un ennui et d’une monotonie mortels. Mon combat est donc, en faisant cours, de joindre l’utile à l’agréable. A l’image de Kitting, toutes proportions gardées. Au passage, on remarquera que la plupart des teen-agers’movies (films d’ados) sont des succès : La boum, Le Cercle des Poètes disparus, et aujourd’hui LOL…Sans doute parce que la cible s’identifie au produit. La responsabilité des parents est un thème évoqué, car M Perry, hyper autoritaire, est le principal responsable du suicide de son fils à qui il impose de faire des études de médecine alors que celui-ci rêve de théâtre et y excelle. Ah tous ces parents qui vivent par procuration à travers leurs enfants, faisant d’eux les exutoires de leurs frustrations passées ! La notion de bouc émissaire est un autre thème important : quand il y a une catastrophe, il faut toujours un bouc émissaire pour que le groupe retrouve son unité sur le dos du bouc émissaire…M. Kitting est le parfait bouc émissaire qui permet d’innocenter M.Perry et de permettre à celui-ci de continuer à dormir tranquille sur ses certitudes bornées et ses rêves avortés. Le cercle des poètes disparus. A voir et revoir…Absolumineusement !
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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 19:16

         Un jour, en parcourant la forêt, Mbani le piégeur découvrit un Manguier sauvage (mundjiku) chargé de fruits. D’autres fruits, tombés de l’arbre étaient répandus çà et là. Chaque jour, des bandes d’animaux venaient les manger.

          Il entoura donc le Manguier d’une palissade et tendit des pièges tout au tour. Quand il eut fini, il s’en retourna au village.

          A peine était-il parti que les Animaux accoururent en foule, depuis les plus gros jusqu’à l’antilope souris (sèti).

          En apercevant les pièges, celle-ci dit : « vous restez encore ici à manger des mangues ! »

   «  Et après ? »

   « Moi, je m’en défie, je rentre chez moi, car j’ai le pressentiment qu’il nous arrivera un malheur. »

          Le lendemain Mbani le piégeur  se leva, prit  ses sagaies et son grand couteau, et dit : « je vais visiter mes pièges dans la forêt. »

          En arrivant, il trouve un phacochère pris dans son piège ; plus loin, une antilope prise de même.  Il les transperce de part en part avec ses sagaies et retourne cherche ses hommes pour découper le gibier transporter les quartiers de viande au village.

 

Morale. – L’intelligence ne se mesure pas à la taille. Si les Animaux avaient écouté la petite antilope sèti, il ne leur serait pas arrivé malheur.

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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 19:14

Acte I, scène 6 : « la fête de l’indépendance »

 

 Lumumba

 

Moi, sire, je pense aux oubliés.

Nous sommes ceux que l’on déposséda, que l’on frappa, que l’on mutila ; ceux que l’on tutoyait, ceux à qui l’on crachait au visage. Boys-cuisine, boys-chambre,boys, comme vous dites, lavandières, nous fumes un peuple de boys, un peuple de oui-bwana, et qui doutait que l’homme put ne pas être l’homme, n’avait qu’à nous regarder.

Sire, toute souffrance qui se pouvait souffrir, nous l’avons soufferte. Toute humiliation qui pouvait se boire, nous l’avons bue !

Mais, camarades, le gout de vivre, ils n’ont pau nous l’affadir dans la bouche, et nous avons lutté, avec nos pauvres moyens lutté pendant cinquante ans

Et voici : nous avons vaincu.

Notre pays est désormais entre les mains de ses enfants.

Nôtre, ce ciel, ce fleuve, ces terres.

Nôtre, le lac et la foret.

Nôtre, Karissimbi, Nyiragongo, Niamuragira, Mikéno, Ehu, montagnes montées de la parole même du feu.

Congolais, aujourd’hui est un jour, grand.

C’est le jour où le monde accueille parmi les nations

Congo, notre mère

Et surtout Congo, notre enfant,

l’enfant de nos veilles, de nos souffrances, de nos combats.

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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 19:13

CHRYSALDE
C'est un étrange fait, qu'avec tant de lumières,
Vous vous effarouchiez toujours sur ces matières,
Qu'en cela vous mettiez le souverain bonheur,
Et ne conceviez point au monde d'autre honneur.
Être avare, brutal, fourbe, méchant et lâche,
N'est rien, à votre avis, auprès de cette tache;
Et, de quelque façon qu'on puisse avoir vécu,
On est homme d'honneur quand on n'est point cocu.
À le bien prendre au fond, pourquoi voulez-vous croire
Que de ce cas fortuit dépende notre gloire,
Et qu'une âme bien née ait à se reprocher
L'injustice d'un mal qu'on ne peut empêcher?
Pourquoi voulez-vous, dis-je, en prenant une femme,
Qu'on soit digne, à son choix, de louange ou de blâme,
Et qu'on s'aille former un monstre plein d'effroi
De l'affront que nous fait son manquement de foi?
Mettez-vous dans l'esprit qu'on peut du cocuage
Se faire en galant homme une plus douce image,
Que des coups du hasard aucun n'étant garant,
Cet accident de soi doit être indifférent,
Et qu'enfin tout le mal, quoi que le monde glose,
N'est que dans la façon de recevoir la chose;
Et, pour se bien conduire en ces difficultés,
Il y faut, comme en tout, fuir les extrémités,
N'imiter pas ces gens un peu trop débonnaires
Qui tirent vanité de ces sortes d'affaires,
De leurs femmes toujours vont citant les galants,
En font partout l'éloge, et prônent leurs talents,
Témoignent avec eux d'étroites sympathies,
Sont de tous leurs cadeaux, de toutes leurs parties,
Et font qu'avec raison les gens sont étonnés
De voir leur hardiesse à montrer là leur nez.
Ce procédé, sans doute, est tout à fait blâmable;
Mais l'autre extrémité n'est pas moins condamnable.
Si je n'approuve pas ces amis des galants,
Je ne suis pas aussi pour ces gens turbulents
Dont l'imprudent chagrin, qui tempête et qui gronde,
Attire au bruit qu'il fait les yeux de tout le monde,
Et qui, par cet éclat, semblent ne pas vouloir
Qu'aucun puisse ignorer ce qu'ils peuvent avoir.
Entre ces deux partis il en est un honnête,
Où dans l'occasion l'homme prudent s'arrête;
Et quand on le sait prendre, on n'a point à rougir
Du pis dont une femme avec nous puisse agir.
Quoi qu'on en puisse dire enfin, le cocuage
Sous des traits moins affreux aisément s'envisage;
Et, comme je vous dis, toute l'habileté
Ne va qu'à le savoir tourner du bon côté.

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