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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 15:04

Et j’ai hurlé toutes les larmes de mon corps,

Et Dieu, le Pardon, s’est terré dans son silence ;

Alors ses anges qui, tels des esclaves, l’encensent,

M’ont sermonné : « Chut, incrédule ! Le Saint dort.

 

Que viens-tu perturber la quiétude du Cœur ?

Penses-tu la somme de toutes tes douleurs

Si importantes pour susciter sa faveur ?

Tu en es l’unique auteur. Soigne tes erreurs. »

 

Alors, j’aperçus Dieu plongé dans ses lectures,

Insensible à la peine de sa créature…

Comme si le supplier était un parjure,

Quémander sa clémence, une insulte, une injure.

 

Et ainsi, lorsque Sa Sainteté trahit l’homme,

Sait-il que le démon s’injecte dans son âme ?

Et que lui reste-t-il désormais comme espoir,

Sinon fuir le soleil ; se vautrer dans le noir ?

 

Et Dieu désire qu’en Lui, tout être humain croit !

Lui demeure fidèle, conserve sa foi !

Pendant combien de temps va-t-il payer la croix

Sur laquelle son fils a étendu les bras ?

 

Puisqu’il en est ainsi, Dieu, Laisse-nous en paix ;

Tu le peux, laisse l’être humain panser ses plaies.

Seigneur, Reste amnésique à mon mal si épais…

Ici, Tu ne vis plus, comprends-le, s’il Te plait.

 

Hallnaut ENGOUANG, Les temps déchirés, Ed.Ntsame, p.7

 

Vous  ferez  de  ce  texte  un  commentaire  composé.  Sans dissocier le fond de la forme, vous pourrez,  par  exemple, étudier les sentiments exprimés par le poète face à l’insensibilité de Dieu.

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 14:04

Ils se pourlèchent quand vous mangez, ils vous espionnent quand vous dormez : les pauvres vous guettent. En chacun d’eux se cachent un délinquant, voire un terroriste. Les biens de quelques-uns sont menacés par la malfaisance des plus nombreux. C’est connu : le monde est divisé entre ceux qui ne peuvent pas manger et ceux qui ne peuvent pas dormir. Sujettes au harcèlement depuis des milliers d’années, les iles de la décence sont acculées par les mers déferlantes de la misère. La houle gronde et oblige à vivre en alerte permanente. Dans nos villes actuelles, immenses prisons où se barricadent les prisonniers de la peur, les forteresses ont pour noms maisons, et les armures, costumes. Etat de siège. Ne pas se distraire, ne pas baisser la garde, ne pas se confier : statistiquement, vous ne pouvez y échapper ; tôt ou tard, vous devrez subir une agression, un enlèvement, un viol ou un crime. Dans les quartiers mal famés, tapis dans l’ombre, crevant d’envie, avalant leurs rancœurs : les auteurs de votre prochain malheur. Ce ne sont que des vagabonds, des va-nu-pieds, des ivrognes, des drogués, de la graine de délinquants ou des vauriens, de pauvres hères (1), sans dents, ni projets ni lendemain. Nul ne les admire, mais ces voleurs de poules font ce qu’ils peuvent, en imitant, modestement, les maitres qui enseignent au monde les recettes de leurs succès. Nul ne les comprend, mais ils aspirent à devenir des citoyens exemplaires, à l’image de ces héros des temps modernes qui violent la terre, empoisonnent l’air et l’eau, étranglent les salaires, assassinent les emplois et séquestrent des pays.

(1) Hères : personnes misérables.

Eduardo GAEANO « Boucs émissaires : les diables du diable » ; Le Monde Diplomatique n°617, aout 2005, p.10.

Vous ferez de ce texte un commentaire composé.

Après avoir étudié le portrait du pauvre, vous montrerez, par exemple, en quoi cet extrait constitue une dénonciation de la société actuelle.

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 14:02

Le dormeur du val, Arthur Rimbaud, Poésies, octobre 1870

 

C’est un trou de verdure où chante une rivière,

Accrochant follement aux herbes des haillons

D’argent, où le soleil, de la montagne fière,

Luit : c’est un petit val quoi mousse de rayons.

 

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,

Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,

Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,

Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

 

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme

Sourirait un enfant malade, il fait un somme :

Nature, berce-le chaudement : il a froid.

 

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;

Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,

Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

 

Activités :

  • Lecture expressive d’un élève (ton utilisé ? Ton approprié ?)

 

  • Relevé - analyse du paratexte :

Titre du texte : Le dormeur du val   → le (article défini ; annonce un nom générique –l’homme ≠ un homme) ; dormeur (celui qui dort, sens premier. Mais si nous sommes en poésie, il est fort probable que ce sens premier ne soit pas le seul sens utilisé et que ce mot soit une figure de style en réalité) qui dort ? Dort-il ? pourquoi dort-il ?) ; du (article défini contracté masculin singulier) ; val (déclinaison de terrain, de la même famille que vallon, vallée). 

Auteur : Arthur Rimbaud → poète français du XIXème siècle

Titre de l’œuvre : Poésies → recueil de poèmes

Date : octobre 1870 → fin du XIXème siècle

→ Hypothèses de lecture (à vérifier en lisant le texte) :

Genre de texte : poème (fonction poétique dominante, présence de figures de style)

Texte descriptif (portrait du dormeur, description du val)

 

  • Questionnement systématique

Qui parle ? Auteur : Arthur Rimbaud → poète français du XIXème siècle

A qui ? au lecteur francophone en général (au lecteur français du XIXème sicle en particulier)

De quoi ? d’un dormeur dans un val (champs lexicaux du dormeur et du val) soldat mort

Où ? en France

Quand ? en octobre 1870

Comment ? à travers un poème de type descriptif à tonalité pathétique

Pourquoi ? parce que l’auteur a été témoin de la scène et ému par celle-ci

 Pour quoi ? pour dénoncer les horreurs de la guerre en général

→ proposition de plan :

I.                   Description d’un dormeur dans un val

A)    Description du val

B)    Portrait du dormeur

II.                Dénonciation des horreurs de la guerre en général

A)    Les jeunes victimes de la guerre

B)    La mort causée par l’homme, la vie de mère Nature

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 13:57

                 On s’ingénie à brouiller les pistes en nous répétant jusqu’à la nausée que les élèves ont changé, et qu’il importe d’inscrire enfin cette évidence dans la norme, dans le droit de l’école, dans le contenu et dans la forme de ses enseignements. Mais c’est une lamentable imposture. Car ce que veut un élève en tant qu’élève, c’est précisément écouter un professeur, entendre et recevoir un enseignement digne de ce nom. Que chacun d’entre nous replonge dans ses propres souvenirs de l’enseignement, qu’il les interroge, qu’il cherche, si c’est nécessaire, et il verra que les moments les plus lumineux de ces années sont où, ayant devant soi un professeur, il a su ce que c’était que d’être élève, d’être libéré de son bavardage, de ne pas vouloir autre chose qu’écouter, entendre et recevoir un enseignement. Il est donc certain que quelque chose a changé. Ce qui a changé, c’est qu’il n’y a tout simplement plus d’élèves. Voici donc une amère vérité qu’il nous faut affronter : ceux que nous avons devant nous ne sont plus des élèves. De sorte que j’ai envie de dire : comment ce changement s’est-il fait ? Il n’est pas tout à fait impossible de le comprendre. Qu’est-ce qui peut aujourd’hui le faire passer pour légitime ? Je crois pouvoir répondre à cette question.

               Partons de la situation présente : il n’y a plus d’élèves. Pour commencer, c’est seulement si l’on ose comprendre et reconnaitre cela ; que l’on comprend en même temps pourquoi la question de leur niveau n’est pas la vraie question. Ah ! La question du niveau des élèves, de ce niveau qui baisse, qui ne cesse de baisser, la controverse du niveau, l’éternelle querelle du niveau, nous allons pouvoir lui régler con compte. Et d’abord, bien entendu, il est vrai, il est évident, que le niveau baisse. Il faut ne pas avoir mis les pieds depuis trente ans dans un collège ou dans un lycée, et même dans un « bon » collège ou dans un « bon » lycée, il faut être resté confiné aux seules statistiques de son laboratoire de recherche, il faut avoir troqué cette amorce de raison qu’est le simple bon sens contre une intelligence artificielle, pour affirmer et prétendre démontrer le contraire. Bien sur que le niveau baisse. Et pourtant, ce n’est pas le problème. Car on peut toujours apprendre quelque chose à un élève en tant que tel, quel que soit son niveau, pourvu qu’on ait pris la peine et le soin de faire de lui un élève. Or, si le niveau de ceux à qui nous n’arrivons plus à enseigner est devenu ce qu’il est, c’est-à-dire une absence de niveau, c’est parce qu’ils ont été empêché de devenir des élèves et qu’on leur a, par là même, ôté toute possibilité d’élever leur niveau ; parce qu’on leur a interdit, tout simplement, de s’élever. Voilà pourquoi ils n’écoutent plus. Ecouter un enseignement, voilà ce que ne veulent plus, non pas les élèves, mais ceux qui ont été empêché de l’être. Leur inattention, qu’on voudrait nous faire prendre pour l’effet résultant d’une libération volontaire, n’est donc que le résultat désolant de la mutilation dont ils ont été les victimes.

               Ecrasants, les programmes ? Trop chargés, les emplois du temps ? Ces questions se posent bien sur, mais à condition que l’on ait d’abord pris conscience d’une chose : la déscolarisation de l’institution en est arrivée à un point tel que l’école est aujourd’hui un lieu où il est légitime de tout faire, du sport, des échecs, de l’information, du théâtre, du chant, de la danse, tout ce qu’on veut, sauf s’asseoir derrière une table, et d’écouter un cours. Une enquête précise le montrerait aisément : la prolifération démesurée des enseignements dits « optionnels » a joué un rôle préparatoire dans la déscolarisation.

Adrien Barrot, L’enseignement mis à mort, essai, Flammarion, Paris, 2000.

 I-Questions de compréhension et d’analyse (10 points)

1- Reformulez chacune des deux thèses qui s’affrontent dans ce texte. (3 pts : 1.5+1.5)

2-Par quels procédés le locuteur implique-t-il le destinataire ? Relevez en trois de nature différente et justifiez leurs valeurs d’emploi. (3 pts : 0,5 x 6)

3-Indiquez la tonalité du texte et justifiez votre réponse. (2 pts : 1+1)

4-Etudiez le mode de raisonnement contenu dans le passage « Ecrasants…écouter un cours » (lignes 38-42) (2 pts)

II-Travail d’écriture (10 points)

Estimez-vous comme Adrien Barrot que l’inattention des élèves à l’école découle des programmes écrasants et des emplois du temps trop chargés ?

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 12:59

Yes we can (oui nous pouvons)

« Lorsque nous avons surmonté des épreuves apparemment insurmontables ; lorsqu’on nous a dit que nous n’étions pas prêts, ou qu’il ne fallait pas essayer, ou que nous ne pouvions pas, des générations d’Américains ont répondu par un simple credo qui résume l’esprit d’un peuple.

« Oui, nous pouvons.

« Ce credo était inscrit dans les documents fondateurs qui déclaraient la destinée d’un pays.

« Oui, nous pouvons.

« Il a été murmuré par les esclaves et les abolitionnistes ouvrant une voie de lumière vers la liberté dans la plus ténébreuse des nuits.

« Oui, nous pouvons.

« Il a été chanté par les immigrants qui quittaient de lointains rivages et par les pionniers qui progressaient vers l’ouest en dépit d’une nature impitoyable.

« Oui, nous pouvons.

« Ce fut l’appel des ouvriers qui se syndiquaient ; des femmes qui luttaient pour le droit de vote ; d’un président qui fit de la Lune notre nouvelle frontière ; et d’un King qui nous a conduits au sommet de la montagne et nous a montré le chemin de la Terre promise.

« Oui, nous pouvons la justice et l’égalité. Oui, nous pouvons les chances et la prospérité. Oui, nous pouvons guérir cette nation. Oui, nous pouvons réparer ce monde.

« Oui, nous pouvons. »

Barack Obama, Discours de campagne dans le New Hampshire, 10 janvier 2008.

 

 Questions (10 points)

1-     Identifiez le type de texte et justifiez votre réponse. (2,5 points)

2-     Quel est le type de raisonnement utilisé par l’auteur ? Démontrez-le. (2,5 points)

3-     Comment l’auteur s’implique-t-il dans ce texte ? Relevez et interprétez des indices textuels précis. (2,5 points)

4-     Quel est le but de l’auteur ? Justifiez votre réponse. (2,5 points)

 

Travail d’écriture (10 points)

Etayez la pensée de l’auteur : « Oui, nous pouvons la justice et l’égalité. Oui, nous pouvons les chances et la prospérité. Oui, nous pouvons guérir cette nation. Oui, nous pouvons réparer ce monde ».

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 12:58

Nous pensons que les écologistes ont le devoir d’être d’abord des résistants

Résister pour incarner une véritable alternative politique. Face à la montée de l’extrême droite, aux divisions de la droite et à la chute du communisme, de nombreuses personnes espèrent autre chose que la politique du « moins pire » proposée par le PS.

Résister pour ne pas cautionner le clientélisme ou les « nécessités » du financement occulte des partis. Une gestion partisane est toujours une mauvaise gestion. Au contraire, il faut gérer les affaires publiques dans la plus totale transparence.

Résister parce que le choix à Aix ou au niveau national sont anti-écologiques. Relance du nucléaire, tout TGV à la SNCF, technopoles, automobiles, parkings et voies rapides, …il n’est question que de projets lourds et destructeurs. Au lieu de valoriser les infrastructures et les potentialités locales pour un développement mieux réparti et plus doux, ces projets pharaoniques consomment toutes les ressources financières qui ne sont plus, dès lors, disponibles pour une réelle prise en compte de l’environnement. 

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 12:53

Il nous incombe de redéfinir les conditions d’appropriation des langues dites « internationales », de veiller à la promotion de nos langues, en les dotant de l’arsenal technique susceptible d’en faire des langues capables de transcrire la réalité du quotidien des Africains en discours scientifiques fiables. Donner un caractère scientifique à nos langues, leur donner les moyens de s’approprier le réel au moyen de techniques linguistiques scientifiques permettrait, en effet, de résoudre considérablement les importants problèmes d’analphabétisme (ou de sous alphabétisation) et le fort taux d’échec scolaire (dû à l’inadéquation entre langues vernaculaires et langues importées) observés aujourd’hui encore dans un nombre non négligeable de nos pays. Le constat est suffisamment éloquent pour ne laisser personne insensible : entre 20 et 30% d’Africains seulement (c’est-à-dire en fait, une minorité) peuvent se targuer d’avoir une maitrise parfaite (écrite et orale) des langues héritées de la colonisation. La question est donc la suivante : pourrait-on, en toute lucidité, envisager d’atteindre les objectifs affichés de développement effectif, en laissant sur la touche la très large majorité des populations rurales et urbaines insuffisamment alphabétisées qui constituent près de 70% à 80% des habitants du continent africain ? Peut-on, sans risque d’échec évident, aller à la pêche amputé de ses bras et en disposant à peine que du quart de sa force ? Peut-on impunément se priver d’un capital potentiellement important de ressources humaines et d’expertises de tous genres ? L’utilisation par nos élites des langues étrangères ne doit pas occulter le devoir où nous nous trouvons de promouvoir nos langues « maternelles ». S’il est important pour les Africains de s’approprier les nombreuses langues internationales qui sont aujourd’hui en vigueur dans le monde, pour ne pas être à la traine des progrès réalisés ces derniers temps, il n’en reste pas moins primordial qu’ils se doivent aussi, pour qu’ils puissent élaborer des stratégies de développement autocentré plus en rapport avec les qualités du terrain, pour rendre plus efficace la participation des populations au processus d’approcpriation des mécanismes de développement effectif (populations jusque-là écartées, parce que pour partie analphabètes ou insuffisamment alphabétisées), il importe pour les Africains, disons-nous, de faire de la valorisation de leurs langues respectives un objectif aussi digne d’intérêt que la question des transferts de technologie dans les pays sous-développés. Il importe au premier chef que les Africains (intellectuels et non intellectuels confondus) apprennent à développer leurs capacités à créer, à inventer et à innover, sans devoir se résigner en retour à opérer quasi systématiquement une rupture, parfois déstabilisante pour leur Moi, avec leurs milieux socioculturels initiaux. Il est à regretter que les Africains continuent encore à se définir, parfois avec un étonnant acharnement, comme essentiellement francophones, anglophones, lusophones, hispanophones, arabophones. Et, eu égard à ces critères « objectifs » de différenciation, d’aucuns ont été jusqu’à postuler sinon l’impossibilité du moins de sérieuses difficultés pour ces Africains de langues différentes à s’entendre, à coopérer efficacement dans une atmosphère non antagonique. La conséquence a été pendant longtemps un attachement plus profond entre les ex-colonies avec leurs anciennes métropoles, le tout au détriment des attaches culturelles et autres obligations historiques et géostratégiques qui lient pourtant entre eux certains peuples africains. Bref, la coopération s’en est trouvée ralentie, al méfiance réciproque suscitée, entre autres, par les anciens colonisateurs étant une des variables que l’on ne saurait négliger dans l’analyse des relations entre les Etats africains. Penser, par exemple, au fameux complexe dit de Fachoda, cette réponse constante anti-anglo-saxonne manifestée par la France, en réaction à l’influence progressive des intérêts de la Grande-Bretagne, et surtout, aujourd’hui, de la percée des Etats-Unis au cœur du continent africain.

Landry P.R.Ndounou, « Ethiopiques », n°81, 2e semestre 2008

I-Questions de compréhension et d’analyse (10 points)

1- Relevez et justifiez dans le texte trois indices différents de l’implication du locuteur. (3pts : 1+1)

2- Quel rôle joue dans l’argumentation le passage du quatrième paragraphe allant de : « s’il est important à…pays développés ». Justifiez votre réponse à partir des indices textuels. (3 pts : 1,5 + 1,5)

3- Sans reprendre le texte, relevez quatre avantages à tirer de la promotion des langues nationales selon Landry P.R Ndounou. (2pts : 0,5 x 4)

4- Reformulez la thèse du locuteur. (2 pts)

II-Travail d’écriture (10 points)

Pour Landry P.R Ndounou, il est important pour les Africains de revaloriser les langues nationales.

Etayez cette affirmation.

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 12:52

 

Si nous, les moins jeunes, savions que nous empruntions cette terre à ceux qui viendront après nous, ainsi que nous l’enseigne un vieil adage africain, nous ne la prendrions pas en otage comme nous le faisons aujourd’hui. Nous ne l’exploiterions pas à outrance ni ne laisserions les jeunes générations grandir dans l’ignorance de ses exigences et des lois qui régissent son équilibre. Nous mettrions un soin particulier à la protéger et à la promouvoir, à en préserver les écosystèmes et la biodiversité. Nous remplacerions chaque arbre que nous coupons, recyclerions chaque déchet que nous produisons, et surveillerions de près notre  empreinte écologique pour la réguler afin que notre mode de vie ne soit pas désastreux pour l’environnement.

 

Si nous savions que la jeunesse est plurielle, qu’elle est urbaine et rurale, scolarisée et déscolarisée, lettrée et illettrée, en chômage déguisé et en chômage complet, qu’elle a des frustrations autant qu’elle a des attentes, qu’elle nourrit des ambitions autant qu’elle a, à son actif, des réalisations dignes d’intérêt, qu’elle sait être indomptable comme des lions mais aussi, qu’elle peut être moutonnière, nous ne tomberions pas dans le péché de l’homogénéisation lorsque nous parlons d’elle. Nous serions plus circonspects et moins carrés, plus nuancés et moins arbitraires dans les politiques que nous concoctons pour elle et parfois sans elle.

 

Si nous savions que l’école est la clé de l’avenir, qu’elle doit préparer à résoudre les problèmes de la vie et non s’y résigner, qu’elle doit apprendre la créativité et non être un facteur d’asservissement et d ‘habile conditionnement, nous mettrions un terme au psittacisme (1) et à la promotion des savoirs morts. Nous enseignerions aux jeunes de relier toute connaissance apprise aux situations et questionner les certitudes les plus ancrées. Nous leur enseignerions leurs langues maternelles pour leur permettre d’exprimer et d’assurer leur identité culturelle profonde. Nous ne les laisserions pas prendre de vertigineuses libertés avec les normes gouvernementales. Pour cela, nous ferions de l’éducation relative à l’environnement une priorité en mettant tout en œuvre pour qu’elle soit le vecteur d’acquisition de connaissances, d’aptitudes et d’attitudes orientées vers la sauvegarde de la création, de toute la création et des liens vitaux qui l’animent, la pérennisent.

 

Si nous savions que le prix de la violence, c’est la mort, que la violence n’est pas une solution, même conjoncturelle, mais un problème structurel, nous ne répondrions pas à la violence des jeunes par la violence, mais par la non-violence. Pour le philosophe français Jean-Marie Muller, « Jamais, nulle part, la violence n’est la solution.(…) Toujours, partout, la violence est une défaite, un drame, un malheur, une tragédie ». Comprendre et intégrer cette philosophie revient à « construire les ponts et détruire les murs » entre les jeunes et nous. Les ponts ouvrent des passages là où les murs forment des blocages. Face aux multiples contestations des jeunes, nous avons très souvent dressé et entretenu entre eux et nous des murs de haine sournoise au lieu de bâtir des ponts par-dessus nos malentendus pour promouvoir en toute lucidité le dialogue inter générationnel. Nous avons parfois préféré à la chaleur des débats le fracas des combats, reléguant aux oubliettes les vertus de la négociation et le devoir que nous avons de protéger les droits des plus jeunes.

 

Si nous savions que les zones rurales de nos pays ont des bras jeunes pour se développer, nous ne les laisserions pas se vider. Nous y construirions des structures de loisir et des infrastructures de développement. Nous y aménagerions des conditions de sécurité. Nous y engagerions un travail de salubrité matérielle et morale, de désenclavement physique te psychologique. Nous ferions voler en éclats le mythe des villes dans leurs imaginaires et découragerions par le même canal l’exode rural si dramatique pour nos pays aujourd’hui.

 

Si nous savions que les jeunes ont besoin d’écoute, qu’ils cherchent plus à se confier  à une oreille attentive qu’entrer dans une logique d’affrontement avec les ainés, nous aurions à leur égard un comportement, nous leur enseignerions la tolérance et nous aurions une chance de faire passer notre message dans la mesure où l’on enseigne plus ce que l’on est que ce que l’on sait ou dit. La force de l’exemple aidant, et la leçon s’imposant de génération en génération, le monde n’en deviendrait que plus humain et plus juste. Si vieillesse savait…

                                          Pasteur Jean-Blaise KENMOGNE, Ecovox, Yaoundé, novembre 2010

 

Psittacisme : répétition mécanique de phrase

 

I-Questions de compréhension et d’analyse (10 points)

 

1- Relevez et analysez trois indices de nature différente qui révèlent  l’implication du locuteur. (3pts)

 

2- Repérez et expliquez le mode de raisonnement contenu dans le deuxième paragraphe.

(2 pts)

 

3- Du troisième au cinquième paragraphe, reformulez la préoccupation principale du locuteur dans chacun de ces passages. (3pts)

  

4- Expliquez, selon le texte, les mots et expressions suivants : « moutonnière » (L.14) ; « savoirs morts » (L.21). (2 pts)

 

II-Travail d’écriture (10 points)

 

Pensez-vous, comme le locuteur, que de nos jours, l’éducation relative à l’environnement soit une priorité ?

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 12:51

Qui pourrait contester que le droit à l’eau est un droit humain essentiel ? Comme beaucoup d’acteurs internationaux, nous sommes favorables à une reconnaissance internationale de ce droit. Encore faut-il que celui-ci soit associé au droit à l’assainissement, fondamental pour la santé publique.

Parce que ce droit est fondamental, il doit devenir effectif pour le milliard d’hommes aujourd’hui privés d’eau potable et les 2,5 milliards dépourvus d’assainissement. Or qui dit instauration d’un droit dit instauration d’une créance avec un débiteur en charge de l’honorer. […]

Dès lors, la question n’est pas seulement d’instaurer ce droit à l’eau, mais d’en identifier le débiteur. Ce ne peut être que les autorités publiques, et, plus précisément, les autorités locales, puisque, dans la plupart des pays, ce sont elles qui assurent l’alimentation en eau. C’est une redoutable responsabilité que d’être débiteur du droit à l’eau pour tous. […]

Déjà, pour traduire ce droit sur le terrain sans attendre qu’il soit érigé par la communauté internationale, des autorités publiques ont bâti des systèmes pragmatiques. Au Gabon, par exemple, trois types de solidarité se conjuguent pour faire du droit à l’eau une réalité : une solidarité entre abonnés qui allège le prix des consommations de base ; une solidarité géographique entre centres isolés et grandes villes, celles-ci finançant ceux-là ; une solidarité interactivité, les ressources du service de l’électricité finançant les investissements du service de l’eau.

Moins de dix années nous séparent de l’échéance fixée pour atteindre les Objectifs du millénaire : diminuer de moitié, d’ici à 2015, le nombre de personnes qui n’ont pas accès à l’eau et à l’assainissement. Grâce aux progrès rapides réalisés par le géant chinois, on pourrait espérer qu’au moins pour l’eau potable l’objectif global soit tenu. Mais dans d’autres régions du monde, il semble bien qu’on soit loin du compte, et l’on ne dispose toujours pas d’un véritable outil d’évaluation. A la confiance des Nations unies, répond le doute des gens de terrain. Hormis pour l’Asie en forte croissance, l’augmentation des taux de desserte tarde. Sans un changement de braquet, en particulier dans le domaine de l’assainissement, la communauté internationale ne tiendra pas ses engagements, notamment en Afrique.

Ce diagnostic pessimiste est souvent justifié par l’immobilisme qui prédomine dans bien des pays ou par l’échec d’un certain nombre de projets lancés dans les années 1990. Des erreurs ont pu être commises, reconnaissons-le. On sait moins, parce qu’on en parle moins, que d’autres projets, au moins aussi nombreux, sont en passe de réussir. Par exemple, au Maroc, depuis 2001, 4 millions de personnes ont été raccordées au réseau d’alimentation en eau potable, soit près de 15 % de la population. Ce qui n’est pas rien. Au Gabon, en huit ans depuis le passage en gestion déléguée, la population raccordée à des systèmes modernes d’alimentation en eau est passée de 40 % à près de 70 %. De tels rythmes laissent présager que, dans ces pays, les Objectifs du millénaire pour l’eau seront dépassés. Ces réussites autorisent à regarder l’avenir avec un optimisme raisonné. Elles prouvent qu’il n’y a pas de fatalité devant les pénuries de services essentiels.

On connaît les pistes prometteuses pour mettre en œuvre concrètement le droit à l’eau : définir des politiques nationales, confier aux autorités locales la responsabilité et le financement de ce service de proximité, associer les populations concernées, pratiquer des tarifs socialement acceptables, créer les conditions de la confiance pour financer les investissements, choisir un opérateur efficace, transférer les savoir-faire, combattre la corruption.

Afin de tirer tous les enseignements des différentes expériences et surtout afin de les faire partager à l’ensemble des acteurs, il nous semble que le temps est venu de proposer la création d’un organisme international indépendant chargé de repérer, sur la base d’indicateurs de réussite objectifs, les démarches et les systèmes de gouvernance qui favorisent l’accès du plus grand nombre à l’eau.

Ce "Conseil des bonnes pratiques pour le droit à l’eau" serait un lieu de rencontre et de partage d’expériences, ouvert à tous ceux qui veulent sincèrement dialoguer pour progresser. Là, les collectivités locales et les parlementaires avec leur sens de la mission publique, les ONG avec leurs savoir-faire sociaux, les entreprises avec leur expertise et leur souci d’efficacité détermineraient, sans complaisance mais sans malveillance, quelles sont les meilleures solutions pour combler rapidement les retards.

Dans notre histoire, l’eau a davantage été un sujet de coopération que d’opposition. C’est un des enjeux du Forum de Mexico que de dépasser des conflits souvent artificiels pour promouvoir une logique de partage et d’efficacité ; pour faire de la modernisation des services d’eau une priorité des villes et Etats du Sud, ce qui est trop rarement le cas aujourd’hui.

Le droit à l’eau mérite mieux que les affrontements stériles qui détournent les énergies de l’action. Le monde de l’eau qui se réunit à Mexico entendra-t-il l’appel que lançait Gabriel Garcia Marquez : "N’attendez rien du XXIe siècle, c’est le XXIe siècle qui attend tout de nous" ?

Le Monde du 17 mars 2006

Antoine Frérot est directeur général de Veolia- eau, l’un des grands opérateurs français du secteur.

I- Questions (10 points)

  1. Etudiez les indices d’énonciation dans les paragraphes 5 et 6. (4 points)
  2. Précisez la progression argumentative du 6ème au 9ème paragraphe. (4 points)
  3. Reformulez en une phrase la thèse de l’auteur. (2 points)

II- Travail d’écriture : (10 points)

« N’attendez rien du XXIème siècle, c’est le XXIème siècle qui attend tout de nous. », lance l’écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez, prix Nobel de littérature.

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 12:41

Acte 1 scène 6 : monologue de Rodrigue, Le Cid, Corneille

291 Percé jusques au fond du cœur
D'une atteinte imprévue aussi bien que mortelle,
Misérable vengeur d'une juste querelle,
Et malheureux objet d'une injuste rigueur,
295 Je demeure immobile, et mon âme abattue
Cède au coup qui me tue.
Si près de voir mon feu récompensé,
O Dieu, l'étrange peine !
En cet affront mon père est l'offensé,
300 Et l'offenseur le père de Chimène !
Que je sens de rudes combats !
Contre mon propre honneur mon amour s'intéresse :
Il faut venger un père, et perdre une maîtresse :
L'un m'anime le coeur, l'autre retient mon bras.

305 Réduit au triste choix ou de trahir ma flamme,
Ou de vivre en infâme,
Des deux côtés mon mal est infini.
Dieu, l'étrange peine !
Faut-il laisser un affront impuni ?
310 Faut-il punir le père de Chimène ?
Père, maîtresse, honneur, amour,
Noble et dure contrainte, aimable tyrannie,
Tous mes plaisirs sont morts, ou ma gloire ternie.
L'un me rend malheureux, l'autre indigne du jour.

315 Cher et cruel espoir d'une âme généreuse
Mais ensemble amoureuse,
Digne ennemi de mon plus grand bonheur,
Fer qui causes ma peine,
M'es-tu donné pour venger mon honneur ?
320 M'es-tu donné pour perdre ma Chimène ?
Il vaut mieux courir au trépas.
Je dois à ma maîtresse aussi bien qu'à mon père :
J'attire en me vengeant sa haine et sa colère ;
J'attire ses mépris en ne me vengeant pas.

325 A mon plus doux espoir l'un me rend infidèle,
Et l'autre, indigne d'elle.
Mon mal augmente à le vouloir guérir,
Tout redouble ma peine.
Allons, mon âme ; et puisqu'il faut mourir,
330 Mourons du moins sans offenser Chimène.
Mourir sans tirer ma raison !
Rechercher un trépas si mortel à ma gloire !
Endurer que l'Espagne impute à ma mémoire
D'avoir mal soutenu l'honneur de ma maison !

335 Respecter un amour dont mon âme égarée
Voit la perte assurée !
N'écoutons plus ce penser suborneur,
Qui ne sert qu'à ma peine.
Allons, mon bras, sauvons du moins l'honneur,
340 Puisqu'après tout il faut perdre Chimène.
Oui, mon esprit s'était déçu.
Je dois tout à mon père avant qu'à ma maîtresse.
Que je meure au combat, ou meure de tristesse,
Je rendrai mon sang pur comme je l'ai reçu.

345 Je m'accuse déjà de trop de négligence :
Courons à la vengeance ;
Et tout honteux d'avoir tant balancé,
Ne soyons plus en peine,
Puisqu'aujourd'hui mon père est l'offensé,
350 Si l'offenseur est père de Chimène.

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