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10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 13:29

                                   Mon village n’est plus

Mon beau village est mort

Tué par la ville et l’évolution

Tué par l’émancipation et la civilisation

 

Mon grand-père n’est plus

Mon bon grand-père est mort

Tué par la vieillesse

La maladie et l’usure

 

Ma grand-mère n’est plus

Ma gentille grand-mère est morte

Tuée par les durs travaux des champs

La marche en forêt et le paysannat

 

Mon père n’est plus

Mon fameux père est mort

Tué par les durs travaux des champs

La misère et l’abandon

 

Ma mère n’est plus

Ma tendre mère est morte

Tuée par les soucis des enfants

La misère et l’abandon

 

Moi la progéniture je ne suis plus

Moi-même le rejeton je suis mort

Tué par l’orgueil et la vanité

Tué par la gourmandise et la luxure

Tué par la paresse

La corruption et l’opprobre.

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 15:20

Unis dans la concorde et la fraternité

Eveille-toi, Gabon, une aurore se lève

Encourage l’ardeur qui vibre et nous soulève !

C’est enfin notre essor vers la félicité. (bis)

 

1

Eblouissant et fier, le jour sublime monte

Pourchassant à jamais l’injustice et la honte

Qu’il monte, monte encore et calme nos alarmes,

Qu’il prône la vertu et repousse les armes.

 

2

Oui, que le temps heureux rêvé par nos ancêtres

Arrive enfin chez nous, réjouisse les êtres,

Et chasse les sorciers, ces perfides trompeurs

Qui semaient le poison et répandaient la peur.

 

3

Afin qu’aux yeux du monde et des nations amies,

Le Gabon immortel reste digne d’envie,

Oublions nos querelles, ensemble bâtissons

L’Edifice nouveau auquel tous nous rêvons.

 

4

Des bords de l’Océan au cœur de la forêt,

Demeurons vigilants sans faiblesse et sans haine

Autour de ce drapeau, qui vers l’honneur nous mènes,

Saluons la patrie et chantons sans arrêt.

 

Paroles de Georges DAMAS ALEKA

Loi 55/60 du 9 aout 1960

Journal Officiel, 1er Septembre 1960, p.522

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 15:19

           Je suis à ma deuxième nuit en ville

Mais je n’arrive pas à m’habituer à ces bruits vils

Les « pong-pong » des camions

La musique stridente des bars

Le tonnerre des avions fous

Le ronflement des moteurs

M’ont volé dix bonnes nuits de sommeil !

 

J’aime les nuits de mon village

Avec leur concert de l’unau lointain

 

J’adore les nuits de mon village

Avec leur premier, deuxième chant du coq

 

Je regrette les nuits de mon village

Avec leur quiétude de totem pensif

 

Il faut qu’elles me reviennent

Ces douces et tranquilles nuits du village

 

De mon petit village

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 14:21

Ma poésie (essai de définition) pages 8-9

 

Ma poésie…

C’est le lourd pilon qui cogne

Les calvities des grands et des petits baobabs

C’est la moustache mobile d’une souris synthétique

Qui rit les lèvres absentes

C’est le roucoulement des pensées décapitées

C’est le bruit gris de l’eau

C’est aussi cette scie édentée qui cueille

Les fleurs mécaniques dans un atelier de viande phréatique

Ma poésie c’est du vin qui devient lait

C’est du lait qui devient acide-cognac

Qui veut pénétrer ma poésie

N’a qu’à croire en la force des mots

A cette force qui défait les forces

A cette force qui fait rire et pleurer

Ma poésie (je vous l’ai peut-être déjà dit)

C’est l’usage tout terrain

Des vocables mis en clabotage

Car seul le mot peut faire

D’une maison une prison

D’une prison une aubaine

D’une aubaine une peine

D’une peine un sourire

D’un sourire un tombeau

D’un tombeau un château

D’un château un mégot

D’un mégot un manchot

D’un manchot un simple

Poteau d’exécution

des

Bonheurs

Retardés.

 

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 14:19

A l’ombre de l’Afrique

l’on conduit des autos de luxe

l’on fume du tabac de Havane

quoique l’on n’ait pas de gîte

digne de ce nom

L’argent et son existence

exaltent la pensée

incitent à choisir le coup d’état

comme unité de lieu d’une méditation

 

A l’ombre de l’Afrique

l’on passe sa vie entière

à offrir son petit sou

aux griots de la cour

chantant sa gloire

Cherchant à établir les conditions

d’une riche vie

l’on explore les étapes essentielles

qui lient l’individu à Lucifer.

 

A l’ombre de l’Afrique

l’on se dispute le privilège

de gober les provisions

appartenant à la nation.

Et l’on se montre l’un à l’autre

les miettes du pillage avec orgueil

tirant vanité de la resquille commise. 

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 13:29

En suivant droit devant le littoral

Tu parviens aux Iles

Tu arrives dans la lagune

Où j’ai bu ma première gorgée d’eau

Berceau de tant d’amour

Dans le cœur de l’homme la nostalgie ne finit pas

 

Nandipo

O Nandipo

Quand te reverrai-je ?

 

Là-bas d’où je viens l’argent est un inconnu

Mais dans notre lagune le machoiron pullule

A Nandipo la parenté n’est pas que dans l’argent

Et il y a de la joie

Et il y a de la joie

Ton ami c’est le mien

 

Nandipo

O Nandipo

Quand te reverrai-je ?

 

On dit que là-bas les femmes sont des fées

Beauté de légende, amour dans le cœur

Regarde Afia, regarde Kita

On dit que là-bas les femmes sont des fées

Beauté de légende, amour dans le cœur

Qu’il fait bon vivre à Nandipo

 

Nandipo

O Nandipo

Quand te reverrai-je ?

 

On dit que là-bas les opiseaux sont sans nombre

Perdrix, pigeons, perroquets, perroquets…

Quand ils parlent nous comprenons

« vous qui partez ; partez mais revenez »

Nandipo le pire c’est toujours la mort

Le meilleur sera mon retour

 

Nandipo

O Nandipo

Quand te reverrai-je ?

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 13:28

Mon Français (page 27)

 

Je jargonne pas

Je cause français

Français moule fidèle de ma culture

Français certifié conforme

De ma vision du monde

 

Je jargonne pas

Je cause français

Francophonie symphonie

De la diversité expressionnelle

Des voix isocèlement complémentaires

 

Mon français n’est un baragouin

Susciteur du rire polyphasé

Le long des rues mortier-pilon

 

Mon français n’est pas un baragouin

Tiré du petit nègre du couscous maghrébin

Mon français n’est pas ce machin vulgaire

Des gargotes de mengorokome fumivores

 

Mon français est bien francophone

C’est un affluent influent ravitaillant

Le courant des torrents conduisant

Au confluent du respect d’autrui

Mon français tam-tame au rythme de ma voix iodée

Il xylophone à la cadence vespérale des chats-huants

Il cithare au son de mes vocables

Préparés à la sauce de mon environnement spécifique

Baobab-okoumé-potopoto

Ozigo-foufou-bangala

 

Je ne jargonne pas

Je cause français

Du vrai français

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 13:26

Chant de noces (page 41)

 

Mon fils a réfléchi

Il a pensé au mariage

Il est venu chez toi

Tu l’as aimé

Et il t’a enlevée

Le mariage est conclu

C’est définitif

 

Ma fille,

Sois tranquille,

Sois sérieuse

Ne regarde pas d’autres pantalons

La femme n’est pas un bus

Qui ne refuse personne

Tu rencontres NDONG

« Viens monter »

Tu rencontres ELLA

« Viens monter »

Tu rencontres NDOUMOU

« Viens monter »

La femme n’est pas un autocar

Qui embarque tout le monde…

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 13:21

De la calvitie (page 13)

 

Il existe plusieurs genres de calvities

Les calvities des grands sages

Celles des personnes normalement âgées

Celles relevant de la pathologie

Celles des escrocs et des radins

Cette dernière (la plus intéressante)

Provient du grattage assidu des tetes

Par ceux qui veulent mentir, tromper

C’est ainsi que crin par crin

Leurs cheveux tombent et laissent

Leurs ciboulots aussi lisses qu’une citrouille

De mes rêves…

 

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 13:18

Afrique

mère

me voici nostalgique

la nuit est mûre

aux obsèques du soleil

défunt

une moitié de mes souffrances

se fait ténèbres

je n’ai pas oublié l’âge

des nuits capricieuses

les regards de mon regard

au miroir de tendres rêves

effondrés

l’hymne du tam-tam sur les ondes

profanes

devenu message orphelin

et crispé aux coudes de l’espoir

déraillé

hélas

des hommes ont tenté de couper

mon nombril

pour me séparer de toi

mère

et notre dialogue

depuis le premier matin

de ma vie

est toujours troublé par des parasites.

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