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Culture-Education-Pédagogie

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Commentaire philosophique sur l'instinct d'obéissance extrait de Par delà le bien et le mal de F. NIETZSCHE,

«S'il est vrai que de tous les temps, depuis qu’il y a des hommes, il y a eu aussi des troupeaux humains (confréries sexuelles, communautés, tribus, nations, Eglises, Etats) et toujours un grand nombre d'hommes obéissant à un petit nombre de chefs ; si, par conséquent, l'obéissance est ce qui a été le mieux et le plus longtemps exercé et cultivé parmi les hommes, on est en droit de présumer que dans la règle chacun de nous possède en lui le besoin inné d’obéir, comme une sorte de conscience formelle qui ordonne: «Tu feras ceci, sans discuter; tu t’abstiendras de cela sans discuter »; bref, c’est un «tu feras». Ce besoin cherche à s'assouvir et à emplir sa forme d’un contenu ; il se taille sa part selon sa force, son impatience et sa tension, sans beaucoup choisir, en grossier appétit qu’il est, et il accepte tout ce que lui hurle à l’oreille n’importe quelle voix ayant autorité - parents, maîtres, lois préjugés sociaux, opinion publique.                      Si l’évolution humaine est si étroitement bornée, si hésitante, si lente, souvent si régressive et si piétinante, c’est que l’instinct grégaire de l’obéissance est celui qui s’hérite le plus aisément et qu'il prospère aux dépens de l'art de commander.                                                                                                                                                                       Que l’on imagine cet instinct poussé jusqu'à ses derniers excès : il n'y aurait plus personne pour commander ni pour vivre indépendant ; ceux qui auraient ces goûts se sentiraient bourrelés dans leur conscience et auraient besoin de quelque prétexte illusoire pour pouvoir encore commander. Ils s’imagineraient, par exemple, qu'ils ne font qu’obéir.  Cet état de choses est celui de l’Europe moderne, je l'appelle la tartufferie des dirigeants.                                            Pour imposer silence à leur conscience, ils font semblant d’être les exécuteurs de commandements antiques et suprêmes (ceux des ancêtres, de la Constitution, du droit, des lois ou même de Dieu), ou ils empruntent à la mentalité du troupeau des formules grégaires et se donnent, par exemple, pour « le premier serviteur de l’Etat » ou « l’instrument du bien public ».

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Dégagez l'intérêt philosophique du texte suivant en procédant à son étude ordonnée.

La connaissance de la doctrine de l'auteur n'est pas requise. Il faut et il suffit que l'explication rende compte par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question, de la thèse soutenue et de son intérêt philosophique


 

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