Culture-Education-Pédagogie
L’Union Des Ecrivains Gabonais à la solde du Parti Démocratique Gabonais ?
Telle est la question que se pose le gabonais lambda en lisant dans le quotidien national L’Union qu’un concours organisé par l’UDEG et financé par le PDG, à l’occasion de la célébration des 41 ans de ce grand parti de messe…pardon, de masse, a permis de récompenser plusieurs auteurs gabonais dont le lauréat Maurice Okoumba-Nkoghé pour son dernier roman publié et primé à hauteur de cinq millions de francs CFA par l’UDEG.
Quand on sait que le Ministère de la Culture devrait être le partenaire naturel de l’UDEG, on s’interroge soit sur une démission de l’Etat, soit sur une inféodation de l’UDEG au PDG.
Le problème posé est le même : quelle est la bonne attitude de l’intellectuel face au pouvoir ?
Au Gabon, on a l’impression que plus on est loin du pouvoir, plus on est critique à son égard. Plus on en est proche, plus l’intellectuel ressemble à ce singe- qui- ne-voit-rien-n’entend-rien-ne-dit-rien. Pour mémoire, relisons ce poème d’Okoumba-Nkoghe et publié en 1980 dans son recueil poétique Le soleil élargit la misère.
A l’ombre de l’Afrique
A l’ombre de l’Afrique
l’on conduit des autos de luxe
l’on fume du tabac de Havane
quoique l’on n’ait pas de gite
digne de ce nom.
l’argent et son existence
exaltent la pensée
incitent à choisir le coup d’état
comme unité de lieu d’une méditation.
A l’ombre de l’Afrique
l’on passe sa vie entière
à offrir son petit sou
aux griots de la cour
chantant sa gloire.
cherchant à établir les conditions
d’une riche vie
l’on explore les étapes essentielles
qui lient l’individu à Lucifer.
A l’ombre de l’Afrique
l’on se dispute le privilège
de gober les provisions
appartenant à la nation.
Et l’on se montre l’un à l’autre
les miettes du pillage avec orgueil
tirant vanité de la resquille commise.