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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 13:07

Petit-Paris a pleuré

                       En cette nuit moirée

                            Martelée par les cris stridents

                                                   D’hommes et de femmes abasourdis.

                                                   Les oreilles de Zoa ont vibré ;

                                                  Dans une fortification en contrebas,

                                                 Des enfants lapés par les lames de feu,

                                           Se consument au fond d’un puits de flammes,

                                                 Abîme brûlant, rougeâtre et jaunâtre,

                                         Prisonniers d’une forteresse d’acier incandescente.

                                               Par instinct de survie, au sein de leur âtre

                                           Des bambins candides, de chair et d’os meurtris

                                                 Communiant dans leur passion, tentent

                                                            De conjurer le sort.

Fondant, calcinés, agglutinés

Autour de l’aîné, ils cherchent un port.

Les cinq petits êtres, la combustion

Aidant, se muent en lave de plomb

Suintante, bientôt séchée et moulue.

Pendant cette nuit lugubre

                         Petit-Paris a pleuré

                     Les yeux de Zoa ont vu :

         Hommes et femmes jusqu’au sang, émus

                Bras ballants, impuissants,

            Assister à ce spectacle révoltant.

             Des pompiers arrivés bien trop tard

- Manque de carburant ? Peur des farceurs ? -

Ayant pour équipement sinistre et meurtrier

Un matériel de fer et d’acier, puis

Trois petits cercueils noirs

Défoncent, arrachent, scient

Portes et fenêtres pour extirper

De cette fournaise l’amas de corps

Calcinés, carbonisés, lacérés de

ASAFA, ABOU, MOUSSA

DADA et AICHA !!! (…)

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 12:59

Yes we can (oui nous pouvons)

« Lorsque nous avons surmonté des épreuves apparemment insurmontables ; lorsqu’on nous a dit que nous n’étions pas prêts, ou qu’il ne fallait pas essayer, ou que nous ne pouvions pas, des générations d’Américains ont répondu par un simple credo qui résume l’esprit d’un peuple.

« Oui, nous pouvons.

« Ce credo était inscrit dans les documents fondateurs qui déclaraient la destinée d’un pays.

« Oui, nous pouvons.

« Il a été murmuré par les esclaves et les abolitionnistes ouvrant une voie de lumière vers la liberté dans la plus ténébreuse des nuits.

« Oui, nous pouvons.

« Il a été chanté par les immigrants qui quittaient de lointains rivages et par les pionniers qui progressaient vers l’ouest en dépit d’une nature impitoyable.

« Oui, nous pouvons.

« Ce fut l’appel des ouvriers qui se syndiquaient ; des femmes qui luttaient pour le droit de vote ; d’un président qui fit de la Lune notre nouvelle frontière ; et d’un King qui nous a conduits au sommet de la montagne et nous a montré le chemin de la Terre promise.

« Oui, nous pouvons la justice et l’égalité. Oui, nous pouvons les chances et la prospérité. Oui, nous pouvons guérir cette nation. Oui, nous pouvons réparer ce monde.

« Oui, nous pouvons. »

Barack Obama, Discours de campagne dans le New Hampshire, 10 janvier 2008.

 

 Questions (10 points)

1-     Identifiez le type de texte et justifiez votre réponse. (2,5 points)

2-     Quel est le type de raisonnement utilisé par l’auteur ? Démontrez-le. (2,5 points)

3-     Comment l’auteur s’implique-t-il dans ce texte ? Relevez et interprétez des indices textuels précis. (2,5 points)

4-     Quel est le but de l’auteur ? Justifiez votre réponse. (2,5 points)

 

Travail d’écriture (10 points)

Etayez la pensée de l’auteur : « Oui, nous pouvons la justice et l’égalité. Oui, nous pouvons les chances et la prospérité. Oui, nous pouvons guérir cette nation. Oui, nous pouvons réparer ce monde ».

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 12:58

Nous pensons que les écologistes ont le devoir d’être d’abord des résistants

Résister pour incarner une véritable alternative politique. Face à la montée de l’extrême droite, aux divisions de la droite et à la chute du communisme, de nombreuses personnes espèrent autre chose que la politique du « moins pire » proposée par le PS.

Résister pour ne pas cautionner le clientélisme ou les « nécessités » du financement occulte des partis. Une gestion partisane est toujours une mauvaise gestion. Au contraire, il faut gérer les affaires publiques dans la plus totale transparence.

Résister parce que le choix à Aix ou au niveau national sont anti-écologiques. Relance du nucléaire, tout TGV à la SNCF, technopoles, automobiles, parkings et voies rapides, …il n’est question que de projets lourds et destructeurs. Au lieu de valoriser les infrastructures et les potentialités locales pour un développement mieux réparti et plus doux, ces projets pharaoniques consomment toutes les ressources financières qui ne sont plus, dès lors, disponibles pour une réelle prise en compte de l’environnement. 

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 12:53

Il nous incombe de redéfinir les conditions d’appropriation des langues dites « internationales », de veiller à la promotion de nos langues, en les dotant de l’arsenal technique susceptible d’en faire des langues capables de transcrire la réalité du quotidien des Africains en discours scientifiques fiables. Donner un caractère scientifique à nos langues, leur donner les moyens de s’approprier le réel au moyen de techniques linguistiques scientifiques permettrait, en effet, de résoudre considérablement les importants problèmes d’analphabétisme (ou de sous alphabétisation) et le fort taux d’échec scolaire (dû à l’inadéquation entre langues vernaculaires et langues importées) observés aujourd’hui encore dans un nombre non négligeable de nos pays. Le constat est suffisamment éloquent pour ne laisser personne insensible : entre 20 et 30% d’Africains seulement (c’est-à-dire en fait, une minorité) peuvent se targuer d’avoir une maitrise parfaite (écrite et orale) des langues héritées de la colonisation. La question est donc la suivante : pourrait-on, en toute lucidité, envisager d’atteindre les objectifs affichés de développement effectif, en laissant sur la touche la très large majorité des populations rurales et urbaines insuffisamment alphabétisées qui constituent près de 70% à 80% des habitants du continent africain ? Peut-on, sans risque d’échec évident, aller à la pêche amputé de ses bras et en disposant à peine que du quart de sa force ? Peut-on impunément se priver d’un capital potentiellement important de ressources humaines et d’expertises de tous genres ? L’utilisation par nos élites des langues étrangères ne doit pas occulter le devoir où nous nous trouvons de promouvoir nos langues « maternelles ». S’il est important pour les Africains de s’approprier les nombreuses langues internationales qui sont aujourd’hui en vigueur dans le monde, pour ne pas être à la traine des progrès réalisés ces derniers temps, il n’en reste pas moins primordial qu’ils se doivent aussi, pour qu’ils puissent élaborer des stratégies de développement autocentré plus en rapport avec les qualités du terrain, pour rendre plus efficace la participation des populations au processus d’approcpriation des mécanismes de développement effectif (populations jusque-là écartées, parce que pour partie analphabètes ou insuffisamment alphabétisées), il importe pour les Africains, disons-nous, de faire de la valorisation de leurs langues respectives un objectif aussi digne d’intérêt que la question des transferts de technologie dans les pays sous-développés. Il importe au premier chef que les Africains (intellectuels et non intellectuels confondus) apprennent à développer leurs capacités à créer, à inventer et à innover, sans devoir se résigner en retour à opérer quasi systématiquement une rupture, parfois déstabilisante pour leur Moi, avec leurs milieux socioculturels initiaux. Il est à regretter que les Africains continuent encore à se définir, parfois avec un étonnant acharnement, comme essentiellement francophones, anglophones, lusophones, hispanophones, arabophones. Et, eu égard à ces critères « objectifs » de différenciation, d’aucuns ont été jusqu’à postuler sinon l’impossibilité du moins de sérieuses difficultés pour ces Africains de langues différentes à s’entendre, à coopérer efficacement dans une atmosphère non antagonique. La conséquence a été pendant longtemps un attachement plus profond entre les ex-colonies avec leurs anciennes métropoles, le tout au détriment des attaches culturelles et autres obligations historiques et géostratégiques qui lient pourtant entre eux certains peuples africains. Bref, la coopération s’en est trouvée ralentie, al méfiance réciproque suscitée, entre autres, par les anciens colonisateurs étant une des variables que l’on ne saurait négliger dans l’analyse des relations entre les Etats africains. Penser, par exemple, au fameux complexe dit de Fachoda, cette réponse constante anti-anglo-saxonne manifestée par la France, en réaction à l’influence progressive des intérêts de la Grande-Bretagne, et surtout, aujourd’hui, de la percée des Etats-Unis au cœur du continent africain.

Landry P.R.Ndounou, « Ethiopiques », n°81, 2e semestre 2008

I-Questions de compréhension et d’analyse (10 points)

1- Relevez et justifiez dans le texte trois indices différents de l’implication du locuteur. (3pts : 1+1)

2- Quel rôle joue dans l’argumentation le passage du quatrième paragraphe allant de : « s’il est important à…pays développés ». Justifiez votre réponse à partir des indices textuels. (3 pts : 1,5 + 1,5)

3- Sans reprendre le texte, relevez quatre avantages à tirer de la promotion des langues nationales selon Landry P.R Ndounou. (2pts : 0,5 x 4)

4- Reformulez la thèse du locuteur. (2 pts)

II-Travail d’écriture (10 points)

Pour Landry P.R Ndounou, il est important pour les Africains de revaloriser les langues nationales.

Etayez cette affirmation.

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 12:52

 

Si nous, les moins jeunes, savions que nous empruntions cette terre à ceux qui viendront après nous, ainsi que nous l’enseigne un vieil adage africain, nous ne la prendrions pas en otage comme nous le faisons aujourd’hui. Nous ne l’exploiterions pas à outrance ni ne laisserions les jeunes générations grandir dans l’ignorance de ses exigences et des lois qui régissent son équilibre. Nous mettrions un soin particulier à la protéger et à la promouvoir, à en préserver les écosystèmes et la biodiversité. Nous remplacerions chaque arbre que nous coupons, recyclerions chaque déchet que nous produisons, et surveillerions de près notre  empreinte écologique pour la réguler afin que notre mode de vie ne soit pas désastreux pour l’environnement.

 

Si nous savions que la jeunesse est plurielle, qu’elle est urbaine et rurale, scolarisée et déscolarisée, lettrée et illettrée, en chômage déguisé et en chômage complet, qu’elle a des frustrations autant qu’elle a des attentes, qu’elle nourrit des ambitions autant qu’elle a, à son actif, des réalisations dignes d’intérêt, qu’elle sait être indomptable comme des lions mais aussi, qu’elle peut être moutonnière, nous ne tomberions pas dans le péché de l’homogénéisation lorsque nous parlons d’elle. Nous serions plus circonspects et moins carrés, plus nuancés et moins arbitraires dans les politiques que nous concoctons pour elle et parfois sans elle.

 

Si nous savions que l’école est la clé de l’avenir, qu’elle doit préparer à résoudre les problèmes de la vie et non s’y résigner, qu’elle doit apprendre la créativité et non être un facteur d’asservissement et d ‘habile conditionnement, nous mettrions un terme au psittacisme (1) et à la promotion des savoirs morts. Nous enseignerions aux jeunes de relier toute connaissance apprise aux situations et questionner les certitudes les plus ancrées. Nous leur enseignerions leurs langues maternelles pour leur permettre d’exprimer et d’assurer leur identité culturelle profonde. Nous ne les laisserions pas prendre de vertigineuses libertés avec les normes gouvernementales. Pour cela, nous ferions de l’éducation relative à l’environnement une priorité en mettant tout en œuvre pour qu’elle soit le vecteur d’acquisition de connaissances, d’aptitudes et d’attitudes orientées vers la sauvegarde de la création, de toute la création et des liens vitaux qui l’animent, la pérennisent.

 

Si nous savions que le prix de la violence, c’est la mort, que la violence n’est pas une solution, même conjoncturelle, mais un problème structurel, nous ne répondrions pas à la violence des jeunes par la violence, mais par la non-violence. Pour le philosophe français Jean-Marie Muller, « Jamais, nulle part, la violence n’est la solution.(…) Toujours, partout, la violence est une défaite, un drame, un malheur, une tragédie ». Comprendre et intégrer cette philosophie revient à « construire les ponts et détruire les murs » entre les jeunes et nous. Les ponts ouvrent des passages là où les murs forment des blocages. Face aux multiples contestations des jeunes, nous avons très souvent dressé et entretenu entre eux et nous des murs de haine sournoise au lieu de bâtir des ponts par-dessus nos malentendus pour promouvoir en toute lucidité le dialogue inter générationnel. Nous avons parfois préféré à la chaleur des débats le fracas des combats, reléguant aux oubliettes les vertus de la négociation et le devoir que nous avons de protéger les droits des plus jeunes.

 

Si nous savions que les zones rurales de nos pays ont des bras jeunes pour se développer, nous ne les laisserions pas se vider. Nous y construirions des structures de loisir et des infrastructures de développement. Nous y aménagerions des conditions de sécurité. Nous y engagerions un travail de salubrité matérielle et morale, de désenclavement physique te psychologique. Nous ferions voler en éclats le mythe des villes dans leurs imaginaires et découragerions par le même canal l’exode rural si dramatique pour nos pays aujourd’hui.

 

Si nous savions que les jeunes ont besoin d’écoute, qu’ils cherchent plus à se confier  à une oreille attentive qu’entrer dans une logique d’affrontement avec les ainés, nous aurions à leur égard un comportement, nous leur enseignerions la tolérance et nous aurions une chance de faire passer notre message dans la mesure où l’on enseigne plus ce que l’on est que ce que l’on sait ou dit. La force de l’exemple aidant, et la leçon s’imposant de génération en génération, le monde n’en deviendrait que plus humain et plus juste. Si vieillesse savait…

                                          Pasteur Jean-Blaise KENMOGNE, Ecovox, Yaoundé, novembre 2010

 

Psittacisme : répétition mécanique de phrase

 

I-Questions de compréhension et d’analyse (10 points)

 

1- Relevez et analysez trois indices de nature différente qui révèlent  l’implication du locuteur. (3pts)

 

2- Repérez et expliquez le mode de raisonnement contenu dans le deuxième paragraphe.

(2 pts)

 

3- Du troisième au cinquième paragraphe, reformulez la préoccupation principale du locuteur dans chacun de ces passages. (3pts)

  

4- Expliquez, selon le texte, les mots et expressions suivants : « moutonnière » (L.14) ; « savoirs morts » (L.21). (2 pts)

 

II-Travail d’écriture (10 points)

 

Pensez-vous, comme le locuteur, que de nos jours, l’éducation relative à l’environnement soit une priorité ?

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 12:51

Qui pourrait contester que le droit à l’eau est un droit humain essentiel ? Comme beaucoup d’acteurs internationaux, nous sommes favorables à une reconnaissance internationale de ce droit. Encore faut-il que celui-ci soit associé au droit à l’assainissement, fondamental pour la santé publique.

Parce que ce droit est fondamental, il doit devenir effectif pour le milliard d’hommes aujourd’hui privés d’eau potable et les 2,5 milliards dépourvus d’assainissement. Or qui dit instauration d’un droit dit instauration d’une créance avec un débiteur en charge de l’honorer. […]

Dès lors, la question n’est pas seulement d’instaurer ce droit à l’eau, mais d’en identifier le débiteur. Ce ne peut être que les autorités publiques, et, plus précisément, les autorités locales, puisque, dans la plupart des pays, ce sont elles qui assurent l’alimentation en eau. C’est une redoutable responsabilité que d’être débiteur du droit à l’eau pour tous. […]

Déjà, pour traduire ce droit sur le terrain sans attendre qu’il soit érigé par la communauté internationale, des autorités publiques ont bâti des systèmes pragmatiques. Au Gabon, par exemple, trois types de solidarité se conjuguent pour faire du droit à l’eau une réalité : une solidarité entre abonnés qui allège le prix des consommations de base ; une solidarité géographique entre centres isolés et grandes villes, celles-ci finançant ceux-là ; une solidarité interactivité, les ressources du service de l’électricité finançant les investissements du service de l’eau.

Moins de dix années nous séparent de l’échéance fixée pour atteindre les Objectifs du millénaire : diminuer de moitié, d’ici à 2015, le nombre de personnes qui n’ont pas accès à l’eau et à l’assainissement. Grâce aux progrès rapides réalisés par le géant chinois, on pourrait espérer qu’au moins pour l’eau potable l’objectif global soit tenu. Mais dans d’autres régions du monde, il semble bien qu’on soit loin du compte, et l’on ne dispose toujours pas d’un véritable outil d’évaluation. A la confiance des Nations unies, répond le doute des gens de terrain. Hormis pour l’Asie en forte croissance, l’augmentation des taux de desserte tarde. Sans un changement de braquet, en particulier dans le domaine de l’assainissement, la communauté internationale ne tiendra pas ses engagements, notamment en Afrique.

Ce diagnostic pessimiste est souvent justifié par l’immobilisme qui prédomine dans bien des pays ou par l’échec d’un certain nombre de projets lancés dans les années 1990. Des erreurs ont pu être commises, reconnaissons-le. On sait moins, parce qu’on en parle moins, que d’autres projets, au moins aussi nombreux, sont en passe de réussir. Par exemple, au Maroc, depuis 2001, 4 millions de personnes ont été raccordées au réseau d’alimentation en eau potable, soit près de 15 % de la population. Ce qui n’est pas rien. Au Gabon, en huit ans depuis le passage en gestion déléguée, la population raccordée à des systèmes modernes d’alimentation en eau est passée de 40 % à près de 70 %. De tels rythmes laissent présager que, dans ces pays, les Objectifs du millénaire pour l’eau seront dépassés. Ces réussites autorisent à regarder l’avenir avec un optimisme raisonné. Elles prouvent qu’il n’y a pas de fatalité devant les pénuries de services essentiels.

On connaît les pistes prometteuses pour mettre en œuvre concrètement le droit à l’eau : définir des politiques nationales, confier aux autorités locales la responsabilité et le financement de ce service de proximité, associer les populations concernées, pratiquer des tarifs socialement acceptables, créer les conditions de la confiance pour financer les investissements, choisir un opérateur efficace, transférer les savoir-faire, combattre la corruption.

Afin de tirer tous les enseignements des différentes expériences et surtout afin de les faire partager à l’ensemble des acteurs, il nous semble que le temps est venu de proposer la création d’un organisme international indépendant chargé de repérer, sur la base d’indicateurs de réussite objectifs, les démarches et les systèmes de gouvernance qui favorisent l’accès du plus grand nombre à l’eau.

Ce "Conseil des bonnes pratiques pour le droit à l’eau" serait un lieu de rencontre et de partage d’expériences, ouvert à tous ceux qui veulent sincèrement dialoguer pour progresser. Là, les collectivités locales et les parlementaires avec leur sens de la mission publique, les ONG avec leurs savoir-faire sociaux, les entreprises avec leur expertise et leur souci d’efficacité détermineraient, sans complaisance mais sans malveillance, quelles sont les meilleures solutions pour combler rapidement les retards.

Dans notre histoire, l’eau a davantage été un sujet de coopération que d’opposition. C’est un des enjeux du Forum de Mexico que de dépasser des conflits souvent artificiels pour promouvoir une logique de partage et d’efficacité ; pour faire de la modernisation des services d’eau une priorité des villes et Etats du Sud, ce qui est trop rarement le cas aujourd’hui.

Le droit à l’eau mérite mieux que les affrontements stériles qui détournent les énergies de l’action. Le monde de l’eau qui se réunit à Mexico entendra-t-il l’appel que lançait Gabriel Garcia Marquez : "N’attendez rien du XXIe siècle, c’est le XXIe siècle qui attend tout de nous" ?

Le Monde du 17 mars 2006

Antoine Frérot est directeur général de Veolia- eau, l’un des grands opérateurs français du secteur.

I- Questions (10 points)

  1. Etudiez les indices d’énonciation dans les paragraphes 5 et 6. (4 points)
  2. Précisez la progression argumentative du 6ème au 9ème paragraphe. (4 points)
  3. Reformulez en une phrase la thèse de l’auteur. (2 points)

II- Travail d’écriture : (10 points)

« N’attendez rien du XXIème siècle, c’est le XXIème siècle qui attend tout de nous. », lance l’écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez, prix Nobel de littérature.

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 12:41

Acte 1 scène 6 : monologue de Rodrigue, Le Cid, Corneille

291 Percé jusques au fond du cœur
D'une atteinte imprévue aussi bien que mortelle,
Misérable vengeur d'une juste querelle,
Et malheureux objet d'une injuste rigueur,
295 Je demeure immobile, et mon âme abattue
Cède au coup qui me tue.
Si près de voir mon feu récompensé,
O Dieu, l'étrange peine !
En cet affront mon père est l'offensé,
300 Et l'offenseur le père de Chimène !
Que je sens de rudes combats !
Contre mon propre honneur mon amour s'intéresse :
Il faut venger un père, et perdre une maîtresse :
L'un m'anime le coeur, l'autre retient mon bras.

305 Réduit au triste choix ou de trahir ma flamme,
Ou de vivre en infâme,
Des deux côtés mon mal est infini.
Dieu, l'étrange peine !
Faut-il laisser un affront impuni ?
310 Faut-il punir le père de Chimène ?
Père, maîtresse, honneur, amour,
Noble et dure contrainte, aimable tyrannie,
Tous mes plaisirs sont morts, ou ma gloire ternie.
L'un me rend malheureux, l'autre indigne du jour.

315 Cher et cruel espoir d'une âme généreuse
Mais ensemble amoureuse,
Digne ennemi de mon plus grand bonheur,
Fer qui causes ma peine,
M'es-tu donné pour venger mon honneur ?
320 M'es-tu donné pour perdre ma Chimène ?
Il vaut mieux courir au trépas.
Je dois à ma maîtresse aussi bien qu'à mon père :
J'attire en me vengeant sa haine et sa colère ;
J'attire ses mépris en ne me vengeant pas.

325 A mon plus doux espoir l'un me rend infidèle,
Et l'autre, indigne d'elle.
Mon mal augmente à le vouloir guérir,
Tout redouble ma peine.
Allons, mon âme ; et puisqu'il faut mourir,
330 Mourons du moins sans offenser Chimène.
Mourir sans tirer ma raison !
Rechercher un trépas si mortel à ma gloire !
Endurer que l'Espagne impute à ma mémoire
D'avoir mal soutenu l'honneur de ma maison !

335 Respecter un amour dont mon âme égarée
Voit la perte assurée !
N'écoutons plus ce penser suborneur,
Qui ne sert qu'à ma peine.
Allons, mon bras, sauvons du moins l'honneur,
340 Puisqu'après tout il faut perdre Chimène.
Oui, mon esprit s'était déçu.
Je dois tout à mon père avant qu'à ma maîtresse.
Que je meure au combat, ou meure de tristesse,
Je rendrai mon sang pur comme je l'ai reçu.

345 Je m'accuse déjà de trop de négligence :
Courons à la vengeance ;
Et tout honteux d'avoir tant balancé,
Ne soyons plus en peine,
Puisqu'aujourd'hui mon père est l'offensé,
350 Si l'offenseur est père de Chimène.

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 12:40

Il leva un bras dans un geste lent, il commença ; mais sa voix ne grondait plus, il avait pris le ton froid d'un simple mandataire du peuple qui rend ses comptes. Enfin, il plaçait le discours que le commissaire de police lui avait coupé au Bon-Joyeux ; et il débutait par un historique rapide de la grève, en affectant l'éloquence scientifique : des faits, rien que des faits.  D'abord, il dit sa répugnance contre la grève : les mineurs ne l'avaient pas voulue, c'était la Direction qui les avait provoqués, avec son nouveau tarif de boisage. Puis, il rappela la première démarche des délégués chez le directeur, la mauvaise foi de la Régie, et plus tard, lors de la seconde démarche, sa concession tardive, les dix centimes qu'elle rendait, après avoir tâché de les voler. Maintenant, on en était là, il établissait par des chiffres le vide de la caisse de prévoyance, indiquait l'emploi des secours envoyés, excusait en quelques phrases l'Internationale, Pluchart et les autres, de ne pouvoir faire davantage pour eux, au milieu des soucis de leur conquête du monde. Donc, la situation s'aggravait de jour en jour, la Compagnie renvoyait les livrets et menaçait d'embaucher des ouvriers en Belgique ; en outre, elle intimidait les faibles, elle avait décidé un certain nombre de mineurs à redescendre. Il gardait sa voix monotone comme pour insister sur ces mauvaises nouvelles, il disait la faim victorieuse, l'espoir mort, la lutte arrivée aux fièvres dernières du courage. Et, brusquement, il conclut, sans hausser le ton.
« C'est dans ces circonstances, camarades, que vous devez prendre une décision ce soir. Voulez-vous la continuation de la grève ? et, en ce cas, que comptez-vous faire pour triompher de la Compagnie ? »


Un silence profond tomba du ciel étoilé. La foule, qu’on ne voyait pas, se taisait dans la nuit, sous cette parole qui lui étouffait le cœur ; et l'on n’entendait que son souffle désespéré, au travers des arbres.
Mais Étienne, déjà, continuait d'une voix changée. Ce n’était plus le secrétaire de l'association qui parlait, c'était le chef de bande, l'apôtre apportant la vérité.

Est-ce qu'il se trouvait des lâches pour manquer à leur parole ?                                          Quoi ! depuis un mois, on aurait souffert inutilement, on retournerait aux fosses, la tête basse, et l'éternelle misère recommencerait ! Ne valait-il pas mieux mourir tout de suite, en essayant de détruire cette tyrannie du capital qui affamait le travailleur ? Toujours se soumettre devant la faim jusqu’au moment où la faim, de nouveau, jetait les plus calmes à la révolte, n'était-ce pas un jeu stupide qui ne pouvait durer davantage ?

Et il montrait les mineurs exploités, supportant à eux seuls les désastres des crises, réduits à ne plus manger, dès que les nécessités de la concurrence abaissaient le prix de revient.

Non ! le tarif de boisage n'était pas acceptable, il n’y avait là qu'une économie déguisée, on voulait voler à chaque homme une heure de son travail par jour. C'était trop cette fois, le temps venait où les misérables, poussés à bout, feraient justice.


Il resta les bras en l'air.
La foule, à ce mot de justice, secouée d'un long frisson, éclata en applaudissements, qui roulaient avec un bruit de feuilles sèches. Des voix criaient : «Justice ! ... Il est temps, justice ! »


Peu à peu, Étienne s'échauffait. Il n’avait pas l'abondance facile et coulante de Rasseneur. Les mots lui manquaient souvent, il devait torturer sa phrase, il en sortait par un effort qu'il appuyait d'un coup d'épaule. Seulement, à ces heurts continuels, il rencontrait des images d'une énergie familière, qui empoignaient son auditoire ; tandis que ses gestes d'ouvrier au chantier, ses coudes rentrés, puis détendus et lançant -les poings en avant, sa mâchoire brusquement avancée, comme pour mordre, avaient eux aussi une action extraordinaire sur les camarades. Tous le disaient, il n’était pas grand, mais il se faisait écouter.


« Le salariat est une forme nouvelle de l'esclavage, reprit-il d'une voix plus vibrante.           La mine doit être au mineur, comme la mer est au pêcheur, comme la terre est au paysan... Entendez-vous ! la mine vous appartient, à vous tous qui, depuis un siècle, l'avez payée de tant de sang et de misère !

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 12:38

Malgré toutes les promesses de prudence faites au directeur de sa conscience et à son mari, à peine arrivée à Besançon elle écrivit de sa main à chacun des trente-six jurés:

"Je ne paraîtrai point le jour du jugement monsieur parce que ma présence pourrait jeter de la défaveur sur la cause de M. Sorel. Je ne désire qu'une chose au monde et avec passion, c'est qu'il soit sauvé. N'en doutez point, l'affreuse idée qu'à cause de moi un innocent a été conduit à la mort empoisonnerait le reste de ma vie et sans doute l'abrégerait. Comment pourriez-vous le condamner à mort, tandis que moi je vis? Non, sans doute, la société n'a point le droit d'arracher la vie, et surtout à un être tel que Julien Sorel. Tout le monde, à Verrières, lui a connu des moments d'égarement. Ce pauvre jeune homme a des ennemis puissants; mais, même parmi ses ennemis (et combien n'en a-t-il pas!) quel est celui qui met en doute ses admirables talents et sa science profonde? Ce n'est pas un sujet ordinaire que vous allez juger, monsieur. Durant près de dix-huit mois, nous l'avons tous connu pieux, sage, appliqué; mais, deux ou trois fois par an, il était saisi par des accès de mélancolie qui allaient jusqu'à l'égarement. Toute la ville de Verrières, tous nos voisins de Vergy où nous passons la belle saison, ma famille entière, M. le sous-préfet lui-même, rendront justice à sa piété exemplaire; il sait par cœur toute la sainte Bible. Un impie se fût-il appliqué pendant des années à apprendre le livre saint? Mes fils auront l'honneur de vous présenter cette lettre: ce sont des enfants. Daignez les interroger, monsieur, ils vous donneront sur ce pauvre jeune homme tous les détails qui seraient encore nécessaires pour vous convaincre de la barbarie qu'il y aurait à le condamner. Bien loin de me venger, vous me donneriez la mort.

"Qu'est-ce que ses ennemis pourront opposer à ce fait? La blessure, qui a été le résultat d'un de ces moments de folie que mes enfants eux-mêmes remarquaient chez leur précepteur, est tellement peu dangereuse, qu'après moins de deux mois elle m'a permis de venir en poste de Verrières à Besançon. Si j apprends, monsieur, que vous hésitiez le moins du monde à soustraire à la barbarie des lois un être si peu coupable, je sortirai de mon lit où me retiennent uniquement les ordres de mon mari et j'irai me jeter à vos pieds.

"Déclarez, monsieur, que la préméditation n'est pas constante, et vous n'aurez pas à vous reprocher le sang d'un innocent, etc., etc."

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 12:38

Aucun homme n'a reçu de la nature le droit de commander aux autres.
La liberté est un présent du Ciel, et chaque individu de la même espèce a le droit d'en jouir aussitôt qu'il jouit de la raison.
Si la nature a établi quelque autorité, c'est la puissance paternelle: mais la puissance paternelle a ses bornes; et dans l'état de nature, elle finirait aussitôt que les enfants seraient en état de se conduire.
Toute autre autorité vient d'une autre origine que la nature.
Qu'on examine bien et on la fera toujours remonter à l'une de ces deux sources: ou la force et la violence de celui qui s'en est emparé; ou le consentement de ceux qui s'y sont soumis par un contrat fait ou supposé entre eux et celui à qui ils ont déféré l'autorité.
La puissance qui s'acquiert par la violence n'est qu'une usurpation et ne dure qu'autant que la force de celui qui commande l'emporte sur celle de ceux qui obéissent; en sorte que, si ces derniers deviennent à leur tour les plus forts, et qu'ils secouent le joug, ils le font avec autant de droit et de justice que l'autre qui le leur avait imposé.
La même loi qui a fait l'autorité la défait alors; c'est la loi du plus fort.
Quelquefois, l'autorité qui s'établit par la violence change de nature; c'est lorsqu'elle continue et se maintient du consentement exprès de ceux qu'on a soumis: mais elle rentre par là dans la seconde espèce dont je vais parler et celui qui se l'était arrogé devenant alors prince cesse d'être tyran.
La puissance, qui vient du consentement des peuples, suppose nécessairement des conditions qui en rendent l'usage légitime, utile à la société, avantageux à la république, et qui la fixent et la restreignent entre des limites; car l'homme ne doit ni ne peut se donner entièrement et sans réserve à un autre homme, parce qu'il a un maître supérieur au-dessus de tout, à qui seul il appartient tout entier.
C'est Dieu, dont le pouvoir est toujours immédiat sur la créature, maître aussi jaloux qu'absolu, qui ne perd jamais ses droits et ne les communique point.
Il permet pour le bien commun et pour le maintien de la société que les hommes établissent entre eux un ordre de subordination, qu'ils obéissent à l'un d'eux; mais il veut que ce soit par raison et avec mesure, et non pas aveuglément et sans réserve, afin que la créature ne s'arroge pas les droits du Créateur.
Toute autre soumission est le véritable crime de l'idolâtrie.
D'ailleurs le gouvernement, quoique héréditaire dans une famille, et mis entre les mains d'un seul, n'est pas un bien particulier, mais un bien public, qui par conséquent ne peut jamais être enlevé au peuple, à qui seul il appartient essentiellement et en pleine propriété.
Aussi est-ce toujours lui qui en fait le bail: il intervient toujours dans le contrat qui en adjuge l'exercice.[...]
Celui qui porte la couronne peut bien s'en décharger absolument s'il le veut: mais il ne peut la remettre sur la tête d'un autre sans le consentement de la nation qui l'a mise sur la sienne.
En un mot, la couronne, le gouvernement, l'autorité publique sont des biens dont le corps de la nation est propriétaire, et dont les princes sont les usufruitiers, les ministres et les dépositaires

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