Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 12:31

Monsieur le président
Je vous fais une bafouille
Que vous lirez sûrement
Si vous avez des couilles
Je viens de recevoir
Un coup d'fil de mes vieux
Pour m'prévenir qu'les gendarmes
S'étaient pointés chez eux
J'ose pas imaginer
C'que leur a dit mon père
Lui, les flics, les curés
Et pis les militaires
Les a vraiment dans l'nez
P't-être encore plus que moi
Dès qu'il peut en bouffer
L'vieil anar' y s'gêne pas
L'vieil anar' y s'gêne pas

Alors y parait qu'on m'cherche
Qu'la France a besoin d'moi
C'est con, j'suis en Ardèche
Y fait beau, tu crois pas
J'suis là avec des potes
Des écolos marrants
On a une vieille bicoque
On la retape tranquillement
On fait pousser des chèvres
On fabrique des bijoux
On peut pas dire qu'on s'crève
L'travail, c'est pas pour nous
On a des plantations
Pas énormes, trois hectares
D'une herbe qui rend moins con
Non, c'est pas du ricard
Non, c'est pas du ricard

Monsieur le président
Je suis un déserteur
De ton armée de glands
De ton troupeau d'branleurs
Ils auront pas ma peau
Toucheront pas à mes cheveux
J'saluerai pas l'drapeau
J'marcherai pas comme les bœufs
J'irai pas en Allemagne
Faire le con pendant douze mois
Dans une caserne infâme
Avec des plus cons qu'moi
J'aime pas recevoir des ordres
J'aime pas me lever tôt
J'aime pas étrangler le borgne
Plus souvent qu'il ne faut
Plus souvent qu'il ne faut

Puis surtout c'qui m'déplait
C'est que j'aime pas la guerre
Et qui c'est qui la fait
Ben c'est les militaires
Ils sont nuls, ils sont moches
Et pis ils sont teigneux
Maintenant j'vais t'dire pourquoi
J'veux jamais être comme eux
Quand les Russes, les Ricains
Feront péter la planète
Moi, j'aurais l'air malin
Avec ma bicyclette
Mon pantalon trop court
Mon fusil, mon calot
Ma ration d'topinambour
Et ma ligne Maginot
Et ma ligne Maginot

Alors me gonfle pas
Ni moi, ni tous mes potes
Je serai jamais soldat
J'aime pas les bruits de bottes
T'as plus qu'a pas t'en faire
Et construire tranquilos
Tes centrales nucléaire
Tes sous-marins craignos
Mais va pas t'imaginer
Monsieur le président
Que j'suis manipulé
Par les rouges ou les blancs
Je n'suis qu'un militant
Du parti des oiseaux
Des baleines, des enfants
De la terre et de l'eau
De la terre et de l'eau

Monsieur le président
Pour finir ma bafouille
J'voulais t'dire simplement
Ce soir on fait des nouilles
A la ferme c'est l'panard
Si tu veux, viens bouffer
On fumera un pétard
Et on pourra causer
On fumera un pétard
Et on pourra causer

Repost 0
Published by Edgard - dans Pédagogie
commenter cet article
8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 08:05

        Honte à qui peut chanter( A Nemesis, Odes politiques) Lamartine

 

Honte à qui peut chanter pendant que Rome brûle,
S'il n'a l'âme et la lyre et les yeux de Néron,
Pendant que l'incendie en fleuve ardent circule
Des temples aux palais, du Cirque au Panthéon !
Honte à qui peut chanter pendant que chaque femme
Sur le front de ses fils voit la mort ondoyer,
Que chaque citoyen regarde si la flamme
Dévore déjà son foyer !

Honte à qui peut chanter pendant que les sicaires
En secouant leur torche aiguisent leurs poignards,
Jettent les dieux proscrits aux rires populaires,
Ou traînent aux égouts les bustes des Césars !
C'est l'heure de combattre avec l'arme qui reste ;
C'est l'heure de monter au rostre ensanglanté,
Et de défendre au moins de la voix et du geste
Rome, les dieux, la liberté !

Repost 0
Published by Edgard - dans Pédagogie
commenter cet article
8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 07:55

La pauvreté s’étend. Elle est devenue l’un des défis majeurs de la fin du millénaire. Elle n’est pas le fruit du hasard. Elle résulte d’un accroissement spectaculaire de disparités et d’inégalités. Tandis qu’une minorité de nantis vit dans le confort moral, intellectuel et matériel du «village planétaire», une écrasante majorité de pauvres peine à seulement survivre: l’écart de revenu entre le cinquième des êtres humains les plus riches et le cinquième des plus pauvres atteignait 74 à 1 en 1997, contre 30 à 1 en 1960 (Rapport mondial sur le développement humain, PNUD, 1999). La mondialisation ne fait que renforcer cette tendance. L’écart va s’élargissant: l’accès à l’éducation, à la culture, aux services sociaux et de santé, à l’emploi et au logement n’est pas le même selon l’origine géographique ou ethnique, l’âge, le sexe ou l’apparence physique.

Ces différences renvoient dos à dos des pans entiers de société et rejettent les plus défavorisés dans la marginalisation. Ce phénomène est particulièrement grave dans nombre de pays en développement et, en leur sein, parmi la population jeune.

Que l’on ne s’y trompe pas: l’exclusion n’est pas nécessairement le lot d’une minorité.

En matière d’éducation, dans de nombreux pays en développement, le nombre des analphabètes dépasse très largement la moitié de la population et, parmi ces derniers, les femmes sont deux fois plus nombreuses que les hommes. Dans beaucoup de ces pays, notamment en Afrique subsaharienne, les taux de scolarisation dans l’enseignement primaire demeurent excessivement faibles, atteignant parfois à peine 30 % à 40 % de la classe d’âge concernée. Les 60 % ou 70 % restants qui ne peuvent accéder à l’école ne sont pas des marginaux mais ils sont pourtant bel et bien des exclus de l’éducation. Et cette exclusion précoce risque de torpiller toute leur vie future car, en toute logique, celui ou celle qui n’a pas eu la chance d’accéder à la première marche de la formation initiale parviendra rarement aux étages supérieurs. L’éducation est un processus cumulatif: plus longtemps on a été scolarisé, plus on cherchera à parfaire ses connaissances tout au long de sa vie adulte.

L’exclusion est également un processus cumulatif. Partout dans le monde. Les illettrés des pays développés – qui ont bénéficié de l’instruction obligatoire et ne sont pas totalement analphabètes, mais ne maîtrisent pas suffisamment les bases requises pour pouvoir se débrouiller dans la vie de tous les jours – pâtissent d’exclusions sociales et économiques. Ils illustrent amèrement une définition du Conseil de l’Europe selon laquelle les exclus sont «des groupes entiers de personnes [qui] se trouvent partiellement ou totalement en dehors du champ d’application effectif des droits de l’homme».

Lorsque les économies nationales sont à bout de souffle, là où les systèmes formels d’éducation ont atteint leurs limites, et pour ceux qui n’ont pu y accéder, les alternatives proposées doivent être crédibles, réalistes et de qualité. Il faut innover. C’est ce à quoi s’emploie l’UNESCO. Comme on le verra dans les exemples présentés ci-après, il ne s’agit pas de créer de nouvelles structures éducatives lourdes mais de collaborer avec les gouvernements, les partenaires de terrain et les organisations non gouvernementales pour permettre aux exclus de développer puis de renforcer leurs propres capacités.

Ce que l’éducation conventionnelle ne peut souvent plus accomplir, l’éducation non formelle de base ambitionne de le réaliser à un moindre coût et en moins de temps. Elle met en œuvre des dispositifs pratiques et fonctionnels qui intègrent l’alphabétisation et l’acquisition de connaissances de base selon des méthodes d’apprentissage adaptées à des contextes diversifiés, le plus souvent sans référence au système scolaire traditionnel.

Pour atteindre son but, cette éducation non formelle de base doit s’ancrer dans la réalité la plus quotidienne et déboucher sur des résultats immédiatement tangibles pour les apprenants. Au risque, sinon, de susciter de nouveaux rejets et des désillusions définitives.

En un mot, l’éducation contre l’exclusion consiste à donner aux gens les moyens de s’en sortir par eux-mêmes.

Jean-Pierre Velis, Revues Sources (Unesco) n°116, octobre 1999

I- Questions (10 points)

  1. Quel est le mode de raisonnement utilisé par l’auteur du premier au deuxième paragraphe ? (2 points)
  2. Dans le troisième paragraphe, étudiez le degré d’implication du locuteur. (3 points)
  3. Quelle progression logique constatez-vous entre le premier et les deux derniers paragraphes ? (3 points)
  4. Repérez puis reformulez la thèse soutenue par l’auteur. (2 points)

II- Travail d’écriture : (10 points)

Jean-Pierre Velis affirme dans ce texte : « celui ou celle qui n’a pas eu la chance d’accéder à la première marche de la formation initiale parviendra rarement aux étages supérieurs. L’éducation est un processus cumulatif… » Discutez ces propos

Repost 0
Published by Edgard - dans Pédagogie
commenter cet article
8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 07:35

DETROIT (AFP, 25/10/05) - Rosa Parks, la noire américaine qui, en 1955, avait refusé de céder sa place à un blanc dans un autobus et avait ainsi déclenché un mouvement qui devait mettre fin à la ségrégation, est morte à l'âge de 92 ans, ont rapporté lundi les médias locaux.

La pionnière dans la défense des droits des noirs américains est décédée chez elle à Detroit (Michigan, nord), selon The Detroit News.

Elle avait à l'époque refusé de céder sa place à un blanc, comme c'était alors la règle dans tout le sud des Etats-Unis, où était imposée une ségrégation raciale très stricte.

Ce refus avait entraîné son arrestation et avait eu pour conséquence le boycott par la communauté noire des autobus de Montgomery (Alabama, sud) pendant un an, début du mouvement pour les droits civiques des noirs.

Un jeune pasteur, Martin Luther King, prit la tête du boycott et du mouvement non-violent contre la ségrégation et la discrimination raciale qui devait déboucher sur un changement de la législation au niveau local, de l'Etat et enfin au plan fédéral, en faveur des noirs.

"Certains disent que je ne me suis pas levée tout simplement parce que j'étais fatiguée", avait rappelé Mme Parks dans une interview il y a quelques années. "Ce n'est pas vrai. Je n'étais pas fatiguée physiquement, ou du moins pas plus qu'après n'importe quel autre jour de travail. Mais j'étais fatiguée de céder."

En refusant de se lever pour céder sa place à un blanc, Mme Parks "s'est en fait levée pour lutter pour tous les Américains", a déclaré à CNN le représentant John Lewis, lui-même participant du mouvement pour les droits civiques qui a suivi.

"Pendant 381 jours, les gens ont marché des kilomètres chaque jour plutôt que de prendre les autobus où régnait la ségrégation. Ils ont organisé un service de voitures pour ceux qui devaient aller vraiment trop loin. Le geste de Rosa Parks a inspiré un mouvement de résistance massive contre la ségrégation et la discrimination raciale", a-t-il rappelé.

Les pasteurs dans les différentes églises de la ville, à commencer par Martin Luther King, encourageaient leurs ouailles chaque dimanche à poursuivre le mouvement, malgré la fatigue. Tandis que les rares noirs propriétaires de voitures ou chauffeurs de taxis mettaient en place un système de transport parallèle, rejoints par quelques blancs, parfois par idéologie, parfois simplement parce qu'ils avaient besoin que leurs employés noirs viennent travailler.

Peu à peu, grâce en partie à l'écho international qu'a eu le mouvement, des fonds ont commencé à arriver, permettant de mettre en place un service d'autobus parallèle.

Finalement, après plus d'un an, la Cour suprême a déclaré illégale la ségrégation dans les autobus. Et le mouvement des droits civiques qui avait ainsi été lancé finit en quelques années par venir à bout de tout le système de ségrégation raciale qui régnait dans le sud.

Si le mouvement était non-violent, la réaction des blancs et celle des autorités, elles, ne l'ont pas été, et de nombreux noirs en ont été victimes.

Mme Parks a payé cher son geste de révolte. Après son arrestation, elle et son mari ont tous deux été licenciés - officiellement pour raisons économiques. Et elle a dû finir par quitter la ville pour aller s'installer dans le nord après avoir reçu d'innombrables menaces de mort.

I - Questions (10 points)

  1. Identifiez le type de texte. Justifiez votre réponse. (4 pt)
  2. Quel est le thème du texte ? Justifiez votre réponse. (2 pt)
  3. Quelle est la thèse ? De qui est-elle ? (2 pt)
  4. Quelle est l’antithèse ? De qui est-elle ? (2 pt)

II- Travail d’écriture (10 points)

Ici et aujourd’hui, quelle cause seriez-vous prêt à défendre et de quelle manière originale ?

Repost 0
Published by Edgard - dans Pédagogie
commenter cet article
8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 07:35

Quand donc on demande absolument quel est le meilleur gouvernement, on fait une question insoluble comme indéterminée; ou si l'on veut, elle a autant de bonnes solutions qu'il y a de combinaisons possibles dans les positions absolues et relatives des peuples.
Mais si l'on demandait à quel signe on peut connaître qu'un peuple donné est bien ou mal gouverné, ce serait autre chose, et la question de fait pourrait se résoudre.
Cependant on ne la résout point, parce que chacun veut la résoudre à sa manière. Les sujets vantent la tranquillité publique, les citoyens la liberté des particuliers, l'un préfère la sûreté des possessions, et l'autre celle des personnes; l'un veut que le meilleur gouvernement soit le plus sévère, l'autre soutient que c'est le plus doux; celui-ci veut qu'on punisse les crimes, et celui-là qu'on les prévienne; l'un trouve beau qu'on soit craint des voisins, l'autre aime mieux qu'on en soit ignoré, l'un est content quand l'argent circule, l'autre exige que le peuple ait du pain. Quand même on conviendrait sur ces points et d'autres semblables, en serait-on plus avancé? Les quantités morales manquant de mesure précise, fût-on d'accord sur le signe, comment l'être sur l'estimation?
Pour moi, je m'étonne toujours qu'on méconnaisse un signe aussi simple, ou qu'on ait la mauvaise foi de n'en pas convenir. Quelle est la fin de l'association politique? C'est la conservation et la prospérité de ses membres. Et quel est le signe le plus sûr qu'ils se conservent et prospèrent? C'est leur nombre et leur population. N'allez donc pas chercher ailleurs ce signe si disputé. Toutes choses d'ailleurs égales, le gouvernement sous lequel, sans moyens étrangers, sans naturalisations, sans colonies, les citoyens peuplent et multiplient davantage est infailliblement le meilleur: celui sous lequel un peuple diminue et dépérit est le pire. Calculateurs, c'est maintenant votre affaire; comptez, mesurez, comparez.

I- Questions (10 points)

  1. Relevez dans le texte un champ lexical dominant et interprétez-le. (2 points)
  2. Relevez dans le texte les indices qui permettent de connaître la position de l’auteur sur le thème traité dans le texte. (2 points)
  3. Reformulez en une phrase la thèse de l’auteur (2 points)
  4. Etudiez la stratégie argumentative employée par l’auteur dans le texte. (2 points)
  5. Quelle est la tonalité du texte ? Justifiez votre réponse. (2 points)

II- Travail d’écriture : (10 points)

A quels signes on peut connaître qu'un peuple donné est bien ou mal gouverné ?

Répondez à la question illustrant votre argumentation d’exemples précis

Repost 0
Published by Edgard - dans Pédagogie
commenter cet article
8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 07:29

Ceux qui jugent et qui condamnent disent la peine de mort nécessaire.
D’abord, parce qu’il importe de retrancher de la communauté sociale un membre qui lui a déjà nui et qui pourrait lui nuire encore.
S’il ne s’agissait que de cela, la prison perpétuelle suffirait. A quoi bon la mort ?
Vous objectez qu’on peut s’échapper d’une prison ? Faites mieux votre ronde. Si vous ne croyez pas à la solidité des barreaux de fer, comment osez-vous avoir des ménageries ?     Pas de bourreau où le geôlier suffit.
Mais, reprend-on, il faut que la société se venge, que la société punisse.
Ni l’un, ni l’autre. Se venger est de l’individu, punir est de Dieu. La société est entre deux. Le châtiment est au-dessus d’elle, la vengeance au-dessous. Rien de si grand et de si petit lui sied. Elle ne doit pas « punir pour se venger » ; elle doit corriger pour améliorer. Transformez de cette façon la formule des criminalistes, nous la comprenons et nous y adhérons.
Reste la troisième et dernière raison, la théorie de l’exemple. Il faut faire des exemples !       Il faut épouvanter par le spectacle du sort réservé aux criminels, ceux qui seraient tentés de les imiter ! Voilà bien à peu près textuellement la phrase éternelle dont tous les réquisitoires des cinq cents parquets de France ne sont que des variations plus ou moins sonores.
Eh bien ! Nous nions qu’il y ait d’abord exemple. Nous nions que le spectacle des supplices produise l’effet qu’on en attend. Loin d’édifier le peuple, il le démoralise, et ruine en lui toute sensibilité, partant toute vertu. Les preuves abondent, et encombreraient notre raisonnement si nous voulions en citer. Nous signalerons pourtant un fait entre mille, parce qu’il est le plus récent. Au moment où nous écrivons, il n’a que dix jours de date. Il est du 5 mars, dernier jour du carnaval. A Saint-Pol, immédiatement après l’exécution d’un incendiaire nommé Louis Camus, une troupe de masques est venue danser autour de l’échafaud encore fumant. Faites donc des exemples ! Le Mardi gras vous rit au nez.

Repost 0
Published by Edgard - dans Pédagogie
commenter cet article
8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 07:28

Le droit naturel est celui que la nature indique à tous les hommes. Vous avez élevé votre enfant, il vous doit du respect comme à son père, de la reconnaissance comme à son bienfaiteur. Vous avez droit aux productions de la terre que vous avez cultivée par vos mains. Vous avez donné et reçu une promesse, elle doit être tenue.

Le droit humain ne peut être fondé en aucun cas que sur ce droit de nature; et le grand principe, le principe universel de l'un et de l'autre, est, dans toute la terre: "Ne fais pas ce que tu ne voudrais pas qu'on te fît." Or on ne voit pas comment, suivant ce principe, un homme pourrait dire à un autre: "Crois ce que je crois, et ce que tu ne peux croire, ou tu périras." C'est ce qu'on dit en Portugal, en Espagne, à Goa. On se contente à présent, dans quelques autres pays, de dire: "Crois, ou je t'abhorre; crois, ou je te ferai tout le mal que je pourrai; monstre, tu n'as pas ma religion, tu n'as donc point de religion: il faut que tu sois en horreur à tes voisins, à ta ville, à ta province."

S'il était de droit humain de se conduire ainsi, il faudrait donc que le Japonais détestât le Chinois, qui aurait en exécration le Siamois; celui-ci poursuivrait les Gangarides, qui tomberaient sur les habitants de l'Indus; un Mogol arracherait le coeur au premier Malabare qu'il trouverait; le Malabare pourrait égorger le Persan, qui pourrait massacrer le Turc: et tous ensemble se jetteraient sur les chrétiens, qui se sont si longtemps dévorés les uns les autres.

Le droit de l'intolérance est donc absurde et barbare: c'est le droit des tigres, et il est bien horrible, car les tigres ne déchirent que pour manger, et nous nous sommes exterminés pour des paragraphes.

I- Questions (10 points)

  1. Quelle est la thèse de Voltaire ? (2 points)
  2. Analysez les exemples du premier paragraphe. Servent-ils uniquement à illustrer la première phrase ? Justifiez votre réponse. (2 points)
  3. Relevez quelques indices de la présence de l’auteur dans ce texte. (3 points)
  4. Que signifie « c’est le droit des tigres » ? Analysez cette expression (nommez cette figure de style). Quelles sont les connotations du mot « tigres » dans cet exemple ? (3 points)

II- Travail d’écriture (10 points)

Montrez que l’intolérance est encore de nos jours un thème préoccupant dans plusieurs domaines.

Repost 0
Published by Edgard - dans Pédagogie
commenter cet article
7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 14:58

Accepter l'infidélité

CHRYSALDE
C'est un étrange fait, qu'avec tant de lumières,
Vous vous effarouchiez toujours sur ces matières,
Qu'en cela vous mettiez le souverain bonheur,
Et ne conceviez point au monde d'autre honneur.
Être avare, brutal, fourbe, méchant et lâche,
N'est rien, à votre avis, auprès de cette tache;
Et, de quelque façon qu'on puisse avoir vécu,
On est homme d'honneur quand on n'est point cocu.
À le bien prendre au fond, pourquoi voulez-vous croire
Que de ce cas fortuit dépende notre gloire,
Et qu'une âme bien née ait à se reprocher
L'injustice d'un mal qu'on ne peut empêcher?
Pourquoi voulez-vous, dis-je, en prenant une femme,
Qu'on soit digne, à son choix, de louange ou de blâme,
Et qu'on s'aille former un monstre plein d'effroi
De l'affront que nous fait son manquement de foi?
Mettez-vous dans l'esprit qu'on peut du cocuage
Se faire en galant homme une plus douce image,
Que des coups du hasard aucun n'étant garant,
Cet accident de soi doit être indifférent,
Et qu'enfin tout le mal, quoi que le monde glose,
N'est que dans la façon de recevoir la chose;
Et, pour se bien conduire en ces difficultés,
Il y faut, comme en tout, fuir les extrémités,
N'imiter pas ces gens un peu trop débonnaires
Qui tirent vanité de ces sortes d'affaires,
De leurs femmes toujours vont citant les galants,
En font partout l'éloge, et prônent leurs talents,
Témoignent avec eux d'étroites sympathies,
Sont de tous leurs cadeaux, de toutes leurs parties,
Et font qu'avec raison les gens sont étonnés
De voir leur hardiesse à montrer là leur nez.
Ce procédé, sans doute, est tout à fait blâmable;
Mais l'autre extrémité n'est pas moins condamnable.
Si je n'approuve pas ces amis des galants,
Je ne suis pas aussi pour ces gens turbulents
Dont l'imprudent chagrin, qui tempête et qui gronde,
Attire au bruit qu'il fait les yeux de tout le monde,
Et qui, par cet éclat, semblent ne pas vouloir
Qu'aucun puisse ignorer ce qu'ils peuvent avoir.
Entre ces deux partis il en est un honnête,
Où dans l'occasion l'homme prudent s'arrête;
Et quand on le sait prendre, on n'a point à rougir
Du pis dont une femme avec nous puisse agir.
Quoi qu'on en puisse dire enfin, le cocuage
Sous des traits moins affreux aisément s'envisage;
Et, comme je vous dis, toute l'habileté
Ne va qu'à le savoir tourner du bon côté.

I- Questions (10 points)

  1. En étudiant le recours à la deuxième personne, vous montrerez comment et direz pourquoi Chrysalde interpelle avec insistance le destinataire du message.(3 points)
  2. Montrez à travers un relevé lexical comment le locuteur tend à miniser le déshonneur du « cocuage » (vers 9 à 13). (2 points)
  3. Par quel procédé stylistique ces reproches sont mis en valeur ? (2 points)
  4. en étudiant les articulations logiques sur l’ensemble du texte, vous exposeriez la stratégie argumentative mise en place par Chrysalde pour convaincre son interlocuteur. (3 points)

II- Travail d’écriture : (10 points)

Vous exposerez la thèse opposée à celle que défend Chrysalde avec des arguments rigoureusement construits et des exemples précis.

Repost 0
Published by Edgard - dans Pédagogie
commenter cet article
7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 14:57

La presse écrite est en crise. Elle connaît, en France et ailleurs, une baisse notable de sa diffusion et souffre gravement d'une perte d'identité et de personnalité. Pour quelles raisons, et comment en est-on arrivé là? Indépendamment de l'influence certaine du contexte économique et de la récession, il faut chercher, nous semble-t-il, les causes profondes de cette crise dans la mutation qu'ont connue, au cours de ces dernières années, quelques-uns des concepts de base du journalisme. En premier lieu, l'idée même d'information. Jusqu'à il y a peu, informer, c'était, en quelque sorte, fournir non seulement la description précise - et vérifiée - d'un fait, d'un événement, mais également un ensemble de paramètres contextuels permettant au lecteur de comprendre sa signification profonde. C'était répondre à des questions de base: qui a fait quoi? Avec quels moyens? Où ? Comment? Pourquoi? Et quelles en sont les conséquences ?

Cela a totalement changé sous l'influence de la télévision, qui occupe désormais, dans la hiérarchie des médias, une place dominante et répand son modèle. Le journal télévisé, grâce notamment à son idéologie du direct et du temps réel, a imposé peu à peu une conception radicalement différente de l'information. Informer, c'est, désormais, «montrer l'histoire en marche» ou, en d'autres termes, faire assister (si possible en direct) à l'événement. Il s'agit, en matière d'information, d'une révolution copernicienne dont on n'a pas fini de mesurer les conséquences. Car cela suppose que l'image de l'événement (ou sa description) suffit à lui donner toute sa signification, n'est plus de comprendre la portée d'un évènement, mais tout simplement de le regarder se produire sous ses yeux. Cette coïncidence est considérée comme jubilatoire. Ainsi s'établit, petit à petit, la trompeuse illusion que voir c'est comprendre. Et que tout événement, aussi abstrait soit-il, doit impérativement présenter une partie visible, montrable, télévisable. C'est pourquoi on observe une emblématisation réductrice de plus en plus fréquente d'évènements à caractère complexe. Par exemple, toute la portée des accords Israël-OLP sera ramenée à la simple poignée de main de Rabin-Arafat... Par ailleurs, une telle conception de l'information conduit à une affligeante fascination pour les images, «tournées en direct », d'évènements réalistes, même s'il ne s'agit que de faits divers violents et sanglants. Un autre concept a changé: celui d'actualité. Qu'est-ce que l'actualité désormais? Quel événement faut-il privilégier dans le foisonnement de faits qui surviennent à travers le monde? En fonction de quels critères choisir? Là encore, l'influence de la télévision apparaît déterminante. C'est elle, avec l'impact de ses images, qui impose son choix et contraint nolens volens la presse écrite à suivre. La télévision construit l'actualité, provoque le choc émotionnel et condamne pratiquement les faits orphelins d'images au silence, à l'indifférence. Peu à peu s'établit dans les esprits l'idée que l'importance des évènements est proportionnelle à leur richesse en images. Ou, pour le dire autrement, qu'un événement que l'on peut montrer (si possible en direct et en temps réel) est plus fort, plus intéressant, plus éminent que celui qui demeure invisible et dont l'importance est abstraite. Dans le nouvel ordre des médias, les paroles ou les textes ne valent pas des images. Le temps de l'information a également changé. La scansion optimale des médias est maintenant l'instantanéité (le temps réel), le direct, que seules télévision et radio peuvent pratiquer. Cela vieillit la presse quotidienne, forcément en retard sur ('événement et, à la fois, trop près de lui pour parvenir à tirer, avec suffisamment de recul, tous les enseignements de ce qui vient de se produire.

La presse écrite accepte de s'adresser, non plus à des citoyens, mais à des téléspectateurs. Un quatrième concept s'est modifié. Celui, fondamental, de la véracité de l'information. Désormais, un fait est vrai non pas parce qu'il correspond à des critères objectifs, rigoureux et vérifiés à la source, mais tout simplement parce que d'autres médias répètent les mêmes affirmations et « confirment »... Si la télévision (à partir d'une dépêche ou d'une image d'agence) présente une nouvelle et que la presse écrite, puis la radio reprennent cette nouvelle, cela suffit pour l'accréditer comme vraie. C'est ainsi, on s'en souvient, que furent construits le mensonge du «charnier de Timisoara» et tous ceux de la Guerre du Golfe. Les médias ne savent plus distinguer, structurellement, le vrai du faux. Dans ce bouleversement médiatique, il est de plus en plus vain de vouloir analyser la presse écrite isolée des autres moyens d'information. Les médis (et les journalistes) se répètent, s'imitent, se copient, se répondent et s'emmêlent au point de ne plus constituer qu'un seul système informationnel au sein duquel il est de plus en plus ardu de distinguer les spécificités de tel média pris isolément. A tous ces chamboulements s'ajoute un malentendu fondamental. Beaucoup de citoyens estiment que, confortablement installés dans le canapé de leur salon et en regardant sur le petit écran une sensationnelle cascade d'évènements à base d'images fortes, violentes et spectaculaires, ils peuvent s'informer sérieusement. C'est une erreur majeure. Pour trois raisons: d'abord parce que le journal télévisé, structuré comme une fiction, n'est pas fait pour informer, mais pour distraire; ensuite, parce que la rapide succession de nouvelles brèves et fragmentées (une vingtaine par journal télévisé) produit un double effet négatif de surinformation et de désinformation; et enfin, parce que vouloir s'informer sans effort est une illusion qui relève du mythe publicitaire plutôt que de la mobilisation civique. S'informer fatigue, et c'est à ce prix que le citoyen acquiert le droit de participer intelligemment à la vie démocratique.

Ignacio RAMONET, Le Monde diplomatique, 1993.

I- Questions (10 points)

  1. Relevez dans le texte un champ lexical dominant et interprétez-le. (2 points)
  2. Relevez et interprétez le système d’énonciation. . (3 points)
  3. Par un travail de repérage précis, indiquez le passage où l’auteur énonce sa thèse. Reformulez-la. (2 points)
  4. Etudiez la stratégie argumentative employée par l’auteur dans le texte. (3 points)

II- Travail d’écriture (10 points)

« S'informer fatigue, et c'est à ce prix que le citoyen acquiert le droit de participer intelligemment à la vie démocratique.» Vous commenterez et discuterez cette opinion

Repost 0
Published by Edgard - dans Pédagogie
commenter cet article
7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 14:24

Jamais dans toute l’histoire de l’humanité, on n’avait détruit autant d’arbres, et à une telle vitesse.
Le record absolu a été atteint en 1987, quand 80 000 km2 de la foret primitive ont été brûlés, et 120 000 km2 de foret secondaire, de broussailles et de pâturages ont subi le même sort : un vrai délire pyrotechnique. […]

La surface déboisée correspond aux trois quarts de la superficie de la France.
Il n’en faudrait pas plus, théoriquement, pour faire de l’Amazonie une grande région de production et d’exportation agricoles.
Or non seulement elle n’exporte d’aliments, mais elle doit en importer.
Les nouveaux colons ne savent rien de la terre qu’ils viennent cultiver.
Alors que, pendant plus de trois siècles, Indiens et colons européens, n’ayant que les fleuves comme voies d’accès, s’étaient concentrés sur les terres alluvionnaires, les plus fertiles, les nouveaux colons, entrés dans la foret par les nouvelles routes, construites sur les terres hautes, loin des des fleuves, n’ont pas profité de l’expérience de leurs prédécesseurs.
En procédant à l’abattage mécanique des arbres, ils ont détruit la mince couche d’humus des zones qu’ils voulaient travailler.
En pratiquant des brûlis à grande échelle, ils ont provoqué une dégénérescence du paysage, une perte de l’équilibre écologique qui garantissait la permanence, sur un sol pauvre, d’une végétation exubérante, avec des arbres allant jusqu’à 50 m de hauteur.

Le bien le plus noble, l’arbre, a été sacrifié au profit d’un bien de moindre valeur, le pâturage, sans qu’on voie les troupeaux et les plantations mirifiques qui devaient en résulter.
Des centaines de millions de tonnes de végétation ont été brûlées, libérant du gaz carbonique dans l’atmosphère, mais les indicateurs de production agropastorale sont restés médiocres.

Repost 0