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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 13:18

Afrique

mère

me voici nostalgique

la nuit est mûre

aux obsèques du soleil

défunt

une moitié de mes souffrances

se fait ténèbres

je n’ai pas oublié l’âge

des nuits capricieuses

les regards de mon regard

au miroir de tendres rêves

effondrés

l’hymne du tam-tam sur les ondes

profanes

devenu message orphelin

et crispé aux coudes de l’espoir

déraillé

hélas

des hommes ont tenté de couper

mon nombril

pour me séparer de toi

mère

et notre dialogue

depuis le premier matin

de ma vie

est toujours troublé par des parasites.

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 13:07

Petit-Paris a pleuré

                       En cette nuit moirée

                            Martelée par les cris stridents

                                                   D’hommes et de femmes abasourdis.

                                                   Les oreilles de Zoa ont vibré ;

                                                  Dans une fortification en contrebas,

                                                 Des enfants lapés par les lames de feu,

                                           Se consument au fond d’un puits de flammes,

                                                 Abîme brûlant, rougeâtre et jaunâtre,

                                         Prisonniers d’une forteresse d’acier incandescente.

                                               Par instinct de survie, au sein de leur âtre

                                           Des bambins candides, de chair et d’os meurtris

                                                 Communiant dans leur passion, tentent

                                                            De conjurer le sort.

Fondant, calcinés, agglutinés

Autour de l’aîné, ils cherchent un port.

Les cinq petits êtres, la combustion

Aidant, se muent en lave de plomb

Suintante, bientôt séchée et moulue.

Pendant cette nuit lugubre

                         Petit-Paris a pleuré

                     Les yeux de Zoa ont vu :

         Hommes et femmes jusqu’au sang, émus

                Bras ballants, impuissants,

            Assister à ce spectacle révoltant.

             Des pompiers arrivés bien trop tard

- Manque de carburant ? Peur des farceurs ? -

Ayant pour équipement sinistre et meurtrier

Un matériel de fer et d’acier, puis

Trois petits cercueils noirs

Défoncent, arrachent, scient

Portes et fenêtres pour extirper

De cette fournaise l’amas de corps

Calcinés, carbonisés, lacérés de

ASAFA, ABOU, MOUSSA

DADA et AICHA !!! (…)

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 15:26

Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d'automne,
Je respire l'odeur de ton sein chaleureux,
Je vois se dérouler des rivages heureux
Qu'éblouissent les feux d'un soleil monotone ;

Une île paresseuse où la nature donne
Des arbres singuliers et des fruits savoureux ;
Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
Et des femmes dont l'oeil par sa franchise étonne.

Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
Je vois un port rempli de voiles et de mâts
Encor tout fatigués par la vague marine,

Pendant que le parfum des verts tamariniers,
Qui circule dans l'air et m'enfle la narine,
Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 15:24

Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.

Tu te plais à plonger au sein de ton image ;
Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton coeur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :
Homme, nul n'a sondé le fond de tes abîmes ;
Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !

Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remord,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
Ô lutteurs éternels, ô frères implacables !

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 15:23

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 15:14
Dom Juan, Sganarelle, un pauvre.

SGANARELLE.- Enseignez-nous un peu le chemin qui mène à la ville.

LE PAUVRE.- Vous n'avez qu'à suivre cette route, Messieurs, et détourner à main droite quand vous serez au bout de la forêt. Mais je vous donne avis que vous devez vous tenir sur vos gardes, et que depuis quelque temps il y a des voleurs ici autour.

DOM JUAN.- Je te suis bien obligé, mon ami, et je te rends grâce de tout mon cœur.

LE PAUVRE.- Si vous vouliez, Monsieur, me secourir de quelque aumône.

DOM JUAN.- Ah, ah, ton avis est intéressé, à ce que je vois.

LE PAUVRE.- Je suis un pauvre homme, Monsieur, retiré tout seul dans ce bois depuis dix ans, et je ne manquerai pas de prier le Ciel qu'il vous donne toute sorte de biens.

DOM JUAN.- Eh, prie-le qu'il te donne un habit, sans te mettre en peine des affaires des autres.

SGANARELLE.- Vous ne connaissez pas Monsieur, bon homme, il ne croit qu'en deux et deux sont quatre, et en quatre et quatre sont huit.

DOM JUAN.- Quelle est ton occupation parmi ces arbres ?

LE PAUVRE.- De prier le Ciel tout le jour pour la prospérité des gens de bien qui me donnent quelque chose.

DOM JUAN.- Il ne se peut donc pas que tu ne sois bien à ton aise.

LE PAUVRE.- Hélas, Monsieur, je suis dans la plus grande nécessité du monde.

DOM JUAN.- Tu te moques; un homme qui prie le Ciel tout le jour, ne peut pas manquer d'être bien dans ses affaires.

LE PAUVRE.- Je vous assure, Monsieur, que le plus souvent je n'ai pas un morceau de pain à mettre sous les dents.

DOM JUAN.- Voilà qui est étrange, et tu es bien mal reconnu de tes soins; ah, ah, je m'en vais te donner un Louis d'or tout à l'heure, pourvu que tu veuilles jurer.

LE PAUVRE.- Ah, Monsieur, voudriez-vous que je commisse un tel péché ?

DOM JUAN.- Tu n'as qu'à voir si tu veux gagner un Louis d'or ou non, en voici un que je te donne si tu jures, tiens il faut jurer.

LE PAUVRE.- Monsieur.

SGANARELLE.- Va, va, jure un peu, il n'y a pas de mal.

DOM JUAN.- Prends, le voilà, prends te dis-je, mais jure donc.

LE PAUVRE.- Non Monsieur, j'aime mieux mourir de faim.

DOM JUAN.- Va, va, je te le donne pour l'amour de l'humanité, mais que vois-je là ? Un homme attaqué par trois autres ? La partie est trop inégale, et je ne dois pas souffrir cette lâcheté. (Il court au lieu du combat.)

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 15:06

LA STATUE, Dom JUAN, SGANARELLE.

LA STATUE.
Arrestez, D. Juan, vous m'avez hier donné parole de venir manger avec moy.

Dom JUAN.
Oüy, où faut-il aller ?

LA STATUE.
Donnez-moy la main.

Dom JUAN.
La voila.

LA STATUE.
Dom  Juan, l'endurcissement au peché traîne une mort funeste, et les graces du Ciel que l'on renvoye, ouvrent un chemin à sa foudre.

Dom JUAN.
O Ciel, que sens-je ? un feu invisible me brûle, je n'en puis plus, et tout mon corps devient un brasier ardent, ah !

(Le tonnerre tombe avec un grand bruit et de grands éclairs sur D. Juan, la terre s'ouvre et l'abysme, et il sort de grands feux de l'endroit où il est tombé.)

SGANARELLE.
Ah mes gages ! mes gages !
Voila par sa mort un chacun satisfait, Ciel offencé, Loix violées, filles seduites, familles deshonorées, parens outragez, femmes mises à mal, maris poussez à bout, tout le monde est content ; il n'y a que moy seul de malheureux, qui aprés tant d'années de service, n'ay point d'autre recompense que de voir à mes yeux l'impieté de mon Maître, punie par le plus épouvantable châtiment du monde. Mes gages, mes gages, mes gages !

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 15:00

Dom Juan

Il n'y a plus de honte maintenant à cela, l'Hipocrisie est un vice à la mode, et tous les vices à la mode passent pour vertus, le personnage d'homme de bien est le meilleur de tous les personnages qu'on puisse joüer aujourd'hui, et la profession d Hipocrite a de merveilleux avantages. C'est un art de qui l'imposture est toûjours respectée, et quoy qu'on la découvre, on n'ose rien dire contr'elle.
Tous les autres vices des hommes sont exposez à la censure, et chacun a la liberté de les attaquer hautement, mais l'Hipocrisie est un vice privilegié, qui de sa main ferme la bouche à tout le monde, et joüit en repos d'une impunité souveraine.
On lie à force de grimaces une société étroite avec tous les gens du party ; qui en choque un, se les attire tous sur les bras, et ceux que l'on sçait mesme agir de bonne foy là-dessus, et que chacun connoist pour être veritablement touchez : ceux-là, dis-je, sont toûjours les dupes des autres, ils donnent hautement dans le panneau des grimaciers, et appuyent aveuglément les singes de leurs actions.
Combien crois-tu que j'en connoisse, qui par ce stratageme ont rhabillé adroitement les desordres de leur jeunesse, qui se sont fait un bouclier du manteau de la religion, et sous cet habit respecté, ont la permission d'estre les plus méchans hommes du monde ?
On a beau sçavoir leurs intrigues, et les connoistre pour ce qu'ils sont, ils ne laissent pas pour cela d'estre en credit parmy les gens, et quelque baissement de teste, un soûpir mortifié, et deux roulemens d'yeux rajustent dans le monde tout ce qu'ils peuvent faire.
C'est sous cét abry favorable que je veux me sauver et mettre en seureté mes affaires.
Je ne quitteray point mes douces habitudes, mais j'auray soin de me cacher, et me divertiray à petit bruit. Que si je viens à estre découvert, je verray sans me remuer prendre mes interests à toute la cabale, et je seray défendu par elle envers, et contre tous.
Enfin, c'est là le vray moyen de faire impunément tout ce que je voudray.
Je m'érigeray en censeur des actions d'autruy, jugeray mal de tout le monde, et n'auray bonne opinion que de moy.
Dés qu'une fois on m'aura choqué tant soit peu, je ne pardonneray jamais, et garderay tout doucement une haine irreconciliable.
Je feray le vangeur des interêts du Ciel, et sous ce pretexte commode, je pousseray mes ennemis, je les accuseray d'impieté, et sçauray déchaîner contr'eux des zelez indiscrets, qui sans connoissance de cause crieront en public contr'eux, qui les accableront d'injures, et les damneront hautement de leur authorité privée.
C'est ainsi qu'il faut profiter des foiblesses des hommes, et qu'un sage esprit s'accommode aux vices de son siecle.

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 14:58

Dom Juan

Quoi? Tu veux qu'on se lie à demeurer au premier objet qui nous prend, qu'on renonce au monde pour lui, et qu'on n'ait plus d'yeux pour personne?
La belle chose de vouloir se piquer d'un faux honneur d'être fidèle, de s'ensevelir pour toujours dans une passion, et d'être mort dès sa jeunesse à toutes les autres beautés qui nous peuvent frapper les yeux !
Non, non: la constance n'est bonne que pour des ridicules; toutes les belles ont droit de nous charmer, et l'avantage d'être rencontrée la première ne doit point dérober aux autres les justes prétentions qu'elles ont toutes sur nos cours.
Pour moi, la beauté me ravit partout où je la trouve, et je cède facilement à cette douce violence dont elle nous entraîne.
J'ai beau être engagé, l'amour que j'ai pour une belle n'engage point mon âme à faire injustice aux autres; je conserve des yeux pour voir le mérite de toutes, et rends à chacune les hommages et les tributs où la nature nous oblige.
Quoi qu'il en soit, je ne puis refuser mon cœur à tout ce que je vois d'aimable; et dès qu'un beau visage me le demande, si j'en avais dix mille, je les donnerais tous.
Les inclinations naissantes, après tout, ont des charmes inexplicables, et tout le plaisir de l'amour est dans le changement.
On goûte une douceur extrême à réduire, par cent hommages, le cœur d'une jeune beauté, à voir de jour en jour les petits progrès qu'on y fait, à combattre par des transports, par des larmes et des soupirs, l'innocente pudeur d'une âme qui a peine à rendre les armes, à forcer pied à pied toutes les petites résistances qu'elle nous oppose, à vaincre les scrupules dont elle se fait un honneur et la mener doucement où nous avons envie de la faire venir.
Mais lorsqu'on en est maître une fois, il n'y a plus rien à dire ni rien à souhaiter; tout le beau de la passion est fini, et nous nous endormons dans la tranquillité d'un tel amour, si quelque objet nouveau ne vient réveiller nos désirs, et présenter à notre cœur les charmes attrayants d'une conquête à faire.
Enfin il n'est rien de si doux que de triompher de la résistance d'une belle personne, et j'ai sur ce sujet l'ambition des conquérants, qui volent perpétuellement de victoire en victoire, et ne peuvent se résoudre à borner leurs souhaits.
Il n'est rien qui puisse arrêter l'impétuosité de mes désirs: je me sens un cœur à aimer toute la terre; et comme Alexandre, je souhaiterais qu'il y eût d'autres mondes, pour y pouvoir étendre mes conquêtes amoureuses.

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 14:38

Une ville sombre Masuku
Un vieux manguier tordu
Que le vent secoue la nuit
Et dans l’ombre de la nuit
Sort le petit Ebarlare

Une mangue roule de l’arbre
Comme une pierre de la montagne
L’enfant la fourre dans son pagne
Puis regagne sa morne demeure
Quel triste bonheur !

C’est toujours la même vie
Dans ce corps tout chétif
Une mangue verte un peu de sel
Avec un vieux bout de manioc quel
Triste régal pour Ebarlare

Mais quand la mangue ne roule
Mais quand le manioc ne tombe
Ebarlare s’assied dans la cour
Et en pleurant tout le jour
Noue la trame de sa vie

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